La République dominicaine hors de l’hypertourisme

Malik Cocherel
Collaboration spéciale
La bien nommée Playa Bonita et ses somptueux palmiers
Photo: Malik Cocherel La bien nommée Playa Bonita et ses somptueux palmiers

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Loin de Punta Cana et de sa jungle de béton grignotant inexorablement le littoral, la péninsule de Samaná offre une autre facette de la République dominicaine, plus confidentielle et respectueuse de son environnement.

Oui, on peut encore trouver en République dominicaine de grands espaces naturels préservés des effets dévastateurs du tourisme de masse. Sur la côte nord, bordée par l’Atlantique, la péninsule de Samaná abrite des kilomètres de plages sauvages, d’authentiques villages, et une poignée d’écolodges nichés entre mer et montagne, au coeur de paysages verdoyants. Le genre d’endroit rêvé pour s’adonner aux plaisirs du tourisme lent, en prenant le temps de sortir des sentiers battus dans un pays qui a bien d’autres choses à offrir que des tout-inclus à perte de vue.

Il fut un temps où Las Terrenas était l’un des secrets les mieux gardés de République dominicaine. Depuis quelques années, le secret a largement été éventé. L’ancien hameau de pêcheurs n’en finit plus d’attirer dans ses filets des expatriés débarqués de France, d’Italie, d’Espagne ou d’Allemagne. Mais la plus européenne des villes dominicaines a su se développer à échelle humaine, en conservant ce qui faisait son charme d’antan, à l’image de ses échoppes colorées où l’on déguste du poisson grillé, les pieds dans le sable.

Photo: Malik Cocherel La fabuleuse plage d’El Valle, l’une des plus sauvages de la péninsule de Samaná

Sous les palmiers, le bonheur

À quelques minutes seulement du centre bouillonnant baigné dans le brouhaha des conchos — les motos-taxis qui sillonnent en meute les rues de la cosmopolite station balnéaire —, de sublimes plages s’offrent aux adeptes de plein air. La bien nommée Playa Bonita est sûrement l’une des plus belles du coin, avec ses somptueux palmiers qui viennent tremper leurs racines dans une mer d’un bleu étincelant, en se balançant au gré des rafales de vent. Quel bonheur de pouvoir marcher — et se baigner — de longues heures durant dans cet éden enchanteur.

Las Terrenas est aussi idéalement située pour se lancer à la découverte des innombrables joyaux de la péninsule de Samaná. À tout juste une vingtaine de kilomètres, la cascade El Limón déverse ses eaux de plus de 40 mètres de haut, au coeur d’une jungle luxuriante. S’il s’agit de l’un des sites les plus fréquentés de la région, cela n’enlève rien à la beauté des lieux et à la magie de ce spectacle grandiose. Plus au sud, c’est Santa Bárbara de Samaná qui vous tend grand les bras.

Au bon souvenir des Taïnos

Moins touristique que sa cousine Las Terrenas, la capitale de la province de Samaná est surtout réputée pour sa baie, devenue un sanctuaire pour les baleines à bosse à la suite du gros travail réalisé par la naturaliste ontarienne Kim Beddall. Depuis 30 ans, la fondatrice de Whale Samaná encourage la protection et l’observation responsable des majestueux cétacés qui viennent chaque année, de la mi-janvier à la fin mars, se reproduire dans les eaux chaudes de ce somptueux refuge marin.

La parade nuptiale des baleines à bosse est loin d’être le seul des spectacles fascinants offerts dans la baie de Samaná. Du côté du parc national de Los Haitises, d’impressionnants cailloux de calcaire émergent de la mer pour former un décor extraordinaire qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir sous le soleil des Caraïbes. Souvent comparées aux iconiques dômes karstiques de la baie d’Halong au Vietnam, ces pépites naturelles recouvertes de végétation dissimulent de nombreuses grottes et de nombreux pétroglyphes hérités de l’époque des Taïnos, premiers habitants de l’île d’Hispaniola.

Photo: Malik Cocherel Le Dominican Tree House Village et ses cabanes qui se fondent dans la jungle tropicale

Une féerie tropicale

Si ce coin de la République dominicaine possède de faux airs d’Asie du Sud-Est, l’impression d’être transporté au bout du monde est encore plus saisissante lorsqu’on emprunte la route cahoteuse qui mène jusqu’à El Valle. Nichée à une dizaine de kilomètres de Santa Bárbara de Samaná, la petite communauté de pêcheurs est l’un des plus beaux endroits de la péninsule pour venir se détacher du train-train quotidien et entrer en parfaite communion avec la nature. Ici, l’écotourisme est roi.

Le féerique Dominican Tree House Village invite les aventuriers dans l’âme à se couper d’Internet pour se reconnecter à l’environnement, en se laissant bercer par les averses de pluie tropicale dans des cabanes flirtant avec la cime des arbres. Non loin de là, un couple de Montréalais a trouvé son paradis terrestre. Alicia Bragalli et Nick Léger ont ouvert à El Valle l’Unique Jungle Gym, une salle de sport écolo bâtie avec des matériaux naturels et recyclés, jusqu’aux haltères et machines d’entraînement entièrement fabriqués en bois.

Pendant le trajet menant au bout de l’unique route bitumée qui parcourt la vallée, entre des pâturages d’un vert éclatant et des casitas aux toitures en feuilles de palmier, c’est une autre merveille encore qui nous attend. Face à un océan déchaîné dont les rouleaux insolents viennent s’échouer sur un rivage quasi désert, la splendide plage d’El Valle affiche un caractère irrésistiblement sauvage. De quoi enterrer dans le sable les derniers préjugés que vous pouviez encore avoir sur un pays à la réputation sérieusement écornée par des décennies d’hypertourisme et de développement inconsidéré.

Un tout-inclus pas comme les autres

Le Dominican Tree House Village a bien d’autres choses à proposer que des piña coladas et un buffet à volonté. Le fabuleux ecoresort d’El Valle est né d’une folle utopie. Originaire d’une modeste famille mormone de l’Idaho, Bart Griffin s’est mis en tête de bâtir un village dans les cimes après avoir vu, plus jeune, la famille du film Les Robinsons des mers du Sud trouver refuge dans une cabane perchée au sommet d’un arbre d’une île déserte. Afin de financer son rêve d’enfant, le natif de Boise a fait construire une impressionnante tyrolienne — l’une des plus longues et plus hautes de toute la Caraïbe — pour les touristes des bateaux de croisière en manque de sensations fortes. Il lui a fallu ensuite deux ans et demi pour monter 22 cabanes dans les arbres, et inaugurer le Dominican Tree House Village en 2014. Perdu dans la jungle tropicale de Samaná, ce tout-inclus pas comme les autres se fond dans la nature environnante, et répond à une mission sociale en apportant un précieux soutien financier à la communauté locale.

Bon à savoir

La merveilleuse péninsule de Samaná est à portée de bras avec Air Transat, qui propose plusieurs vols directs par semaine entre Montréal et l’aéroport international El Catey. Ce dernier a pour avantage d’être relativement peu fréquenté et d’être seulement à une demi-heure de route de Santa Bárbara de Samaná, et à 45 minutes de Las Terrenas.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.



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