Sur la route des vins du Beaujolais

Marie-Julie Gagnon
Collaboration spéciale
À Odenas, le château de La Chaize a été conçu au XVIIe siècle par nuls autres que Jules Hardouin-Mansart et André Le Nôtre.
À Odenas, le château de La Chaize a été conçu au XVIIe siècle par nuls autres que Jules Hardouin-Mansart et André Le Nôtre.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Ce cahier spécial sur les fromages ne pouvait pas faire l’impasse sur leur meilleur ami, le vin. Notre journaliste s’est promenée cette année dans les vignobles du Beaujolais, en France, et elle vous invite à en faire de même afin de mettre tous vos sens en émoi !

Il y a d’abord ces paysages vallonnés, dont on parle trop peu. Loin de l’agitation de Lyon, le Beaujolais étend ses vignes sur 140 kilomètres, du nord de la Ville Lumière au sud de Mâcon. Le visiteur aux aguets en a pour sa rétine. On ne sait jamais ce qui apparaîtra au détour d’un chemin de campagne.

Pour bien comprendre ce qui se trouve sous ce décor bucolique et dans nos verres, nous prenons part à une visite guidée proposée par Tasty Lyon. Au programme : une journée qui s’apparente à une dégustation, où nos sens seront constamment titillés.

D’abord, la vue. Notre guide, Yann Fabris, gare le véhicule derrière une chapelle perchée au milieu de nulle part, à Saint-Laurent-d’Oingt. Devant nous, les courbes du Pays des Pierres dorées invitent à l’exploration. Que se cache-t-il derrière ces jolis tons de vert ? Notre hôte installe tranquillement nappe à carreaux, bouteilles de vin et coupes sur un muret. Sur la carte qu’il déplie ensuite, les 12 appellations du Beaujolais sont clairement identifiées. « D’Odenas jusqu’à Saint-Amour, ce sont les crus, explique-t-il. Chacun a une géologie spécifique et est appelé en fonction du village où il a été planté. »

Trêve de théorie, il est temps que les papilles suivent les babines. On commence par un chardonnay du Château de Pizay, suivi d’un rosé et d’un rouge 100 % gamay. Il y a franchement pire comme début de journée.

Photo: Marie-Julie Gagnon Le village d'Oingt et ses pierres dorées

Des Pierres dorées aux sires de Beaujeu

 

Une balade à Oignt, classé parmi les Plus beaux village de France, s’impose. Il n’y a pas que le vin dans la vie ! Il y a aussi les fenêtres aux volets rouges qui contrastent avec le doré des pierres et des rues aux noms évocateurs comme Coupe Jarret et Trayne Cul. « La géologie est très importante dans le Beaujolais, que ce soit le sud ou le nord, explique Yann Fabris. Ici, on est plus sur un sol argilocalcaire. Dans le calcaire, il y a de l’oxyde de fer. C’est ce qui va colorer la pierre dorée. C’est la seule région de France où l’on trouve cette pierre. »

À quelques minutes du village, Dominique Guillard et son chien Mascotte nous attendent au Domaine de Fond-Vieille. La petite exploitation viticole de 15 hectares serait dans la famille depuis 1742, selon les recherches d’un cousin. Certains pieds presque centenaires ont été plantés par l’arrière-grand-père du propriétaire, à son retour de la Première Guerre mondiale.

Photo: Marie-Julie Gagnon Vin, charcuteries et fromages au Domaine de Fond-Vieille

Du côté de Belleville-en-Beaujolais, l’oenothèque du Château de Pizay, un parcours sensoriel, permet de tester ses connaissances. À l’arrière, se trouve aussi un jardin à la française.

Pénétrer dans l’enceinte du château de Montmelas, dans le Beaujolais-villages, nous donne l’impression de traverser les siècles. « Le château a été construit au Xe siècle par les sires de Beaujeu », explique Delphine d’Harourt , responsable commerciale et du domaine Comte Henri d’Harcourt. On l’écouterait pendant des heures raconter l’histoire de la région et de sa belle-famille, propriétaire du château depuis 1566. Généreuse, elle ne lésine sur aucun détail au cours de la visite.

Sont-ce les murs de pierres plusieurs fois centenaires, le fait que, sous nos pieds, le sol s’est peu à peu mué en véritable créateur de saveurs ou l’effet de l’alcool après plusieurs arrêts ? En tout cas, au château de Montmelas, les vins semblent eux aussi raconter des histoires.

Un château caché

À Odenas, il ne faut pas seulement s’arrêter à la cuverie du château de La Chaize, il faut aussi aller se balader à l’arrière, où apparaît un superbe bâtiment dont on ne soupçonne pas l’existence en arrivant sur le site. Construit entre 1674 et 1676 par Jean-François de La Chaize d’Aix, sénéchal de Lyon et frère du père de La Chaize — celui-là même qui confessa Louis XIV —, ce château semble tout droit sorti d’un roman. Ses concepteurs ? Nuls autres que l’architecte favori du roi, Jules Hardouin-Mansart, et André Le Nôtre, qui a notamment réalisé l’aménagement du parc et des jardins du château de Versailles. L’extérieur vient d’être restauré par les nouveaux propriétaires, et des travaux sont en cours à l’intérieur, mais il n’est pas prévu qu’on permette au public d’y accéder. La balade vaut tout de même le détour !

Vin 101 au Hameau Duboeuf

Premier parc à thème sur la vigne et le vin en Europe, le Hameau Duboeuf constitue une bonne introduction au beaujolais sur 30 000 m2. Une quarantaine de thèmes sont abordés dans les expositions, spectacles et expériences immersives. Un jardin donne également envie de flâner un peu plus longtemps. De Lyon, il est facile de s’y rendre en train. Le parc se trouve à deux pas de la gare de Romanèche-Thorins. Plusieurs vins de George Duboeuf sont disponibles à la SAQ.

Une nouvelle génération de vignerons

Frédéric Berne se décrit comme un paysan. Petit-fils d’agriculteur, il a grandi dans les vignes et a choisi d’en faire sa carrière en priorisant le respect de la nature. Il constate un changement majeur dans les pratiques de ses pairs, surtout depuis une dizaine d’années. « Le Beaujolais était surtout porté par des négociants qui profitaient de l’événement du Beaujolais nouveau pour vendre une bonne partie de nos vins et, après, faire des crus essentiellement en grande distribution, à moins de 5 euros (6,75 dollars) la bouteille, indique-t-il. Ils n’étaient pas forcément tournés vers la qualité. Toute une nouvelle génération s’installe et souhaite montrer qu’on peut faire de belles choses. La vision du beaujolais est beaucoup plus positive. » Créé en 2014 au sein du château des Vergers, à Lantignié, le Domaine Frédéric Berne propose aussi des visites du vignoble.

Pratico-pratique

• Tasty Lyon propose différents forfaits oenologiques et gourmands.

• Une bonne adresse pour se sustenter à Thiezé : La Feuillée

• Air Transat propose des vols directs saisonniers vers Lyon qui reprendront dès mai 2023.
• À deux pas de la gare Lyon-Perrache, l’hôtel de Verdun 1882 allie histoire, confort, bon goût et prix abordables.

• Pour plus d’info : destination-beaujolais.com et onlylyon.com

Ce voyage a été réalisé grâce à Air Transat, Atout France, Destination Beaujolais et Only Lyon.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.



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