Des croisières qui sortent du lot

Carolyne Parent
Collaboration spéciale
Lever de soleil en mer polaire à bord du Commandant Charcot
Photo: Studio Ponant - Olivier Blaud Lever de soleil en mer polaire à bord du Commandant Charcot

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Navires de toutes tailles, itinéraires aux quatre coins du monde : l’offre de croisières est colossale. Comment choisir la sienne ? Un trajet qui sort des sillages battus nous a semblé être un bon filtre. Puisque la majorité des croisiéristes (six sur dix, selon la Cruise Lines International Association) retourne dans l’une des destinations d’abord visitées lors d’escales, autant en présenter de singulières…

Les îles Canaries à bâbord

Une navigation, une région : voilà qui devrait plaire aux voyageurs aimant baigner, c’est le cas de le dire, dans une même histoire et une même culture pendant tout un séjour, plutôt que d’en changer quotidiennement.

Ancrées dans l’Atlantique au nord-ouest des côtes africaines, les sept îles principales formant l’archipel espagnol des Canaries constituent une région peu commune. Celle-ci offre de belles occasions de randonnée au coeur de grands parcs nationaux, tels ceux de Timanfaya et du mont Teide, qui donnent à voir des panoramas volcaniques insolites, mer de lave incluse. La visite des villes est l’occasion de goûter à la cuisine insulaire, relevée de l’omniprésent mojo verde, une sauce à la coriandre. À l’approche de Noël, Santa Cruz de Tenerife est particulièrement festive. Et qu’on se rassure, le volcan Tajogaite, qui s’est donné en spectacle il y a un an dans l’île de La Palma, s’est bel et bien rendormi.

Photo: Stream À Las Palmas, sur la Grande Canarie, la maison musée de Christophe Colomb est un attrait populaire.

Cette saison, CroisiEurope, bien connue pour ses navigations fluviales, propose une croisière de huit jours entre Tenerife et Lanzarote à bord du fleuron de sa flotte, La Belle des océans, un navire intime d’une capacité maximale de 120 passagers. Sur les flots comme à terre, en excursion, la vie se déroule en français (la clientèle française de la compagnie représente55 % de ses passagers) et l’ambiance est décontractée. Côté restauration, on s’y régale d’une excellente cuisine de l’Hexagone, qui comprend des touches culinaires locales. Le programme prévoit notamment une dégustation de vins et fromages du terroir.

Le climat : printanier et ensoleillé toute l’année.

Les départs : de novembre 2022 à avril 2023

Un duo cajun-caribéen

 

Au départ de La Nouvelle-Orléans, le paquebot Breakaway de la Norwegian Cruise Line fait escale sur la Costa Maya mexicaine, à Harets Caye (le port d’escale privé de la compagnie au Belize), à Roatán, une île du Honduras, et à Cozumel, au Mexique, avant de prendre le chemin du retour. Quel beau trajet pour qui aime la mer, souhaite donner quelques coups de palmes au-dessus d’une portion du magnifique récif mésoaméricain et découvrir des sites archéologues mayas. En prime, il donne l’occasion, à La Nouvelle-Orléans, de s’encanailler dans la célèbre Bourbon Street avant ou après la navigation !

Photo: Tours Chanteclerc Une maison de planteur à visiter avant ou après une croisière au départ de La Nouvelle-Orléans

Le navire, lui, est un mastodonte de 18 ponts pouvant accueillir 3959 passagers. « Même s’il est de grande capacité, il est assez spacieux pour que l’on ne se sente pas envahi », affirme Isabelle Côté, directrice croisières et circuits Europe chez Tours Chanteclerc. « Il propose une panoplie de divertissements dignes de Broadway et plus de 25 expériences gastronomiques. The Waterfront, une promenade bordée de restaurants, de bars et d’espaces de détente pour contempler l’océan est mon coup de coeur ! » dit-elle.

À bord comme en excursion, la vie se déroule en anglais, mais les croisiéristes ayant acheté leur forfait croisière de Tours Chanteclerc profitent des services d’un accompagnateur francophone pendant toute la durée de leur voyage.

Un tuyau de votre dévouée : les personnes introverties ont peut-être intérêt à préférer un navire de moyenne ou grande taille à un petit bateau. Pourquoi ? À bord de ce dernier, hors de leur cabine, il leur sera difficile de préserver leur bulle. Sur un paquebot, où les espaces publics sont nombreux, ils trouveront toujours un endroit peu fréquenté !

Les départs : de novembre 2022 à mars 2023

Voyage pour briser la glace

 

Pour les uns, le fait que l’Antarctique soit le dernier bout du monde inviolé en est précisément l’attrait. Pour les autres, voilà justement pourquoi on devrait s’abstenir d’y aller. Parmi ces derniers, le spécialiste français du tourisme Rémy Knafou en préconise d’ailleurs la sanctuarisation. Car même si son accès est réglementé par le Traité sur l’Antarctique, renforcé par le Protocole de Madrid, dans les faits, « ce sont les professionnels du tourisme qui ont la charge de la protection du continent ! » s’insurge-t-il dans Réinventer le tourisme (Ed. du Faubourg, 2021).

Cette prochaine saison, pas moins de 21 bateaux y croiseront, selon CruiseCritic.com. Quatre d’entre eux appartiennent à des compagnies donnant dans la « croisière de masse », comme Celebrity, et ne s’arrêteront nulle part. Les 17 autres sont des navires dits d’expédition, dont les passagers pourront fouler le sol du continent blanc, un privilège qui se paie cher.

Parmi ces bateaux, le petit nouveau de la compagnie française Ponant, Le Commandant Charcot, d’une capacité de 245 passagers, se distingue, et pour cause : c’est un brise-glace hybride-électrique propulsé au gaz naturel liquéfié. Zéro émission de particules fines (et zéro émission tout court en mode électrique), système de positionnement électrique sans ancrage, débarquement sans impact, récupération de l’énergie de propulsion (elle chauffe les bancs du pont promenade et l’eau des piscines)… Un peu plus et il naviguerait sur la pointe des pieds !

Qui dit expédition, dit aussi experts à bord pour causer géographie, faune marine, histoire, dont celle de l’explorateur Jean-Baptiste Charcot. Parmi les croisières au programme jusqu’en mars 2023, celle du 7 décembre prochain, d’une durée de 13 jours, sera d’ailleurs dédiée au « gentleman des pôles ».

Le climat : en décembre-janvier, c’est le plein été, le soleil est à son poste près de 20 heures par jour, et les températures oscillent entre -2 °C et 4 °C.

Des atouts : une cuisine signée Alain Ducasse (pour toute la flotte Ponant) et l’annulation du supplément habituel pour une utilisation simple d’une cabine double sur Le Commandant Charcot, une bonne nouvelle pour les voyageurs solitaires.

Croisière et COVID-19

Vrai, la mésaventure des croisiéristes du Diamond Princess, ce navire mis en quarantaine dans un port japonais dans la foulée de la contamination de ses passagers, a frappé l’imaginaire collectif. Vrai aussi, c’était à l’hiver 2020, et le monde a évolué depuis dans sa gestion du coronavirus et de ses variants. « Aujourd’hui, ce sont ceux qui n’ont jamais fait de croisières qui sont les plus craintifs », estime Isabelle Côté. Elle fait valoir que toutes les compagnies avaient déjà un protocole sanitaire avant la pandémie et qu’il a été renforcé de manière considérable depuis. « Aucune ne veut revivre les événements de 2020 qui ont chamboulé l’industrie », souligne-t-elle.


Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part. 



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