Amsterdam à pied

Marie-Julie Gagnon
Collaboration spéciale
Même si les traces de son passé restent très présentes, Amsterdam est résolument tournée vers l'avenir.
Photo: Marie-Julie Gagnon Même si les traces de son passé restent très présentes, Amsterdam est résolument tournée vers l'avenir.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Jolie, Amsterdam l’est sans contredit. Entre ses canaux du XVIIe siècle inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, ses maisons flottantes et ses richesses architecturales issues de différentes époques, cette ville où le vélo est roi se découvre aisément au rythme de nos pas, particulièrement en automne, quand les touristes se font moins nombreux.

En ce début de matinée de fin d’été, Spinoza commence à avoir de la compagnie. Alors que les marchands préparent leurs étals au marché aux puces Waterlooplein — « place Waterloo » en néerlandais, en l’honneur de la bataille du même nom remportée par le royaume uni des Pays-Bas et ses alliés —, un homme à vélo, en tenue de ville, cheveux au vent et sourire aux lèvres, frôle la statue de bronze érigée dans le quartier juif. Un père et sa fille — sans casque de protection, comme le premier — le suivent de près, le long du canal Zwanenburgwal. Ouvert depuis 1885, le marché du quartier est le plus ancien au pays. On y déniche autant des fripes que des babioles, des livres et de vieux appareils photo, à deux pas de l’hôtel de ville et du musée Rembrandt. Les visiteurs sont encore peu nombreux à déambuler dans le secteur à cette heure matinale, mais bientôt, des autobus touristiques y feront escale.

Pour bien profiter d’une promenade à pied dans la capitale des Pays-Bas, se lever tôt est une excellente idée. En milieu de journée, naviguer entre les véhicules roulants, qu’il s’agisse de vélos, de voitures ou de scooters, relève parfois du parcours à obstacles. Ajoutez à cela les tramways — sans doute le moyen de transport le plus agréable pour les plus longues distances —, et le piéton a par moments l’impression que deux yeux ne suffisent pas. Les bicyclettes bringuebalantes des touristes se mêlent au ballet bien rodé des Hollandais sur deux roues, facilement repérables à leur tenue de ville et à leur vitesse.

Photo: Marie-Julie Gagnon Le Rijkmuseum est parmi les bâtiments les plus photogéniques d'Amsterdam.

Des musées exceptionnels

 

Dans le quartier des musées, à une vingtaine de minutes de marche de Waterlooplein, les lettres géantes « I Amsterdam » devant lesquelles les touristes aimaient tant poser ont disparu du paysage. Afin de contrer la surfréquentation du secteur, la Ville a décidé en 2018 de les déménager dans des zones méconnues de façon sporadique.

Même sans ces lettres emblématiques devant, le Rijksmuseum reste parmi les bâtiments les plus photogéniques, dehors comme dedans. C’est dans cet édifice érigé par Pierre Cuypers à la fin du XIXe siècle qu’on peut notamment voir La laitière, peint au XVIIe siècle par Johannes Vermeer, sur lequel des experts ont récemment découvert des objets cachés, et La ronde de nuit de Rembrandt. Créée en 1642, l’immense toile fait l’objet d’une restauration depuis 2019 au sein même de la galerie du musée. Les visiteurs qui n’ont pas l’occasion de se rendre sur place peuvent jeter un coup d’oeil sur Internet. Bien qu’on ne puisse aller fouiner dans ses allées, la bibliothèque qui porte le nom de l’architecte du musée est aussi à voir.

À quelques minutes de marche de là, le musée Stedelijk mise notamment sur les thèmes de l’industrialisation, du colonialisme et de l’émancipation autour de mouvements historiques. La disposition des tableaux d’artistes hollandais et indonésiens à l’époque coloniale s’avère particulièrement intéressante. Se faisant face, les réalités de l’époque se dévoilent de manières bien différentes selon le point de vue où l’on se place. Si les oeuvres de Marc Chagall, Piet Mondriaan, Pablo Picasso et Kazimir Malevich restent fascinantes, constater le fossé des perceptions entre les créateurs européens et asiatiques s’avère sans doute l’une des expériences les plus fortes du musée consacré à l’art moderne et contemporain.

Pour visiter la populaire Maison Anne Frank, où se trouve l’Achterhuis (l’annexe secrète) et le fameux journal intime, mieux vaut réserver le plus longtemps possible à l’avance. Afin de mieux connaître le contexte dans lequel a grandi l’adolescente et sa famille, une visite guidée avec le guide Jeroen van Nes, qui a grandi dans le même quartier, est une excellente option. L’histoire d’Anne Frank sert de point de départ pour aborder une foule de sujets liés à la guerre.

Photo: Marie-Julie Gagnon Cette ville où le vélo est roi se visite également très bien à pied.

Moins de vices, plus de vert

 

Souvent montrée du doigt quand on évoque le surtourisme, Amsterdam a tenté différentes approches au cours des dernières années pour éloigner les visiteurs plus intéressés par sa réputation de ville de tous les vices qu’à ses véritables attraits. En 2021, une taxe a aussi été introduite pour les vols au départ des Pays-Bas. Histoire de limiter encore davantage le nombre de visiteurs, la taxe passager pourrait passer de 7,95 euros (10,55 $CA) à 28,58 euros (38 $CA) par billet à partir du 1er janvier 2023. L’objectif est d’inciter les voyageurs à opter pour des moyens de transport plus durables comme le train, mais aussi de limiter la nuisance sonore.

Plus que jamais, l’environnement est à l’ordre du jour. Parmi les destinations les plus vertes d’Europe, les Pays-Bas misent sur un tourisme plus responsable. Inspiré de l’Indonésie, l’hôtel Jakarta fait partie des joyaux d’Amsterdam, à l’endroit même où la Stoomvaart-Maatschappij Nederland, qui exploitait des services réguliers vers les Indes néerlandaises à l’époque coloniale, avait ses bureaux. Construit avec des matériaux durables, l’établissement carboneutre compte de nombreux jardins intérieurs arrosés à l’eau de pluie. Des panneaux solaires ont été installés sur le toit afin de fournir l’énergie nécessaire pour faire circuler l’eau dans le bâtiment. La climatisation et le chauffage fonctionnent grâce à un système de pompe à chaleur alimenté par l’eau de la rivière.

Pas de doute, même si les traces de son passé restent très présentes, Amsterdam est résolument tournée vers l’avenir.

L’autrice tient à remercier Air Transat, Netherlands Board of Tourism & Convention et I Amsterdam pour l’organisation de ce voyage.

Infos pratiques

Air Transat propose un nouveau vol saisonnier vers Amsterdam jusqu’au 25 octobre.

Vrijheid van Amsterdam propose des visites à pied audioguidées et gratuites sur les traces des philosophes du XVIIe siècle, dont Descartes et Spinoza. Des visites en anglais avec un guide (payantes) sont aussi offertes sur réservation.

• Il est facile de louer des vélos un peu partout, notamment dans les hôtels, comme au Jakarta. On trouve aussi des bornes de vélos en libre-service.

• Pour visiter des musées et se déplacer en transport en commun, l’Amsterdam City Card est à considérer.


Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part. 



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