L’iconique «Cabot Trail», sur l'île du Cap-Breton

Gary Lawrence
Collaboration spéciale
Un coucher de soleil sur la piste Cabot, l’un des circuits routiers les plus célèbres au Canada
Photo: Getty Images Un coucher de soleil sur la piste Cabot, l’un des circuits routiers les plus célèbres au Canada

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Cabot Trail, ou piste Cabot, est l’une des plus belles routes panoramiques du globe, mais elle offre aussi une incursion dans les cultures écossaise et acadienne en terre canadienne. Tour guidé de la star routière de l’île du Cap-Breton.

Régulièrement classé au sommet du palmarès des plus admirables routes panoramiques de la planète, ce ravissant ruban de bitume de 298 km enserre majestueusement la partie nord de cette île montueuse. Épousant ici les falaises grandioses, courant là dans une vallée verdoyante, défiant toujours les hauteurs, la Cabot Trail passe d’un hameau au nom gaélique à un village de pêcheurs acadiens, d’une table croulant sous les homards grassouillets à un pub où résonne la musique celtique.

Quand on arrive par la route 19, l’itinéraire débute à Margaree Forks, une cinquantaine de kilomètres après la distillerie Glenora — là où on concocte le plus ancien whisky single malt en Amérique du Nord.

Bien vite, la toponymie ne laisse aucun doute quant à l’origine des communautés qui peuplent une partie de l’île : Belle-Côte, Terre Noire et Cap Le Moine forment autant de villages fondés par des Acadiens, avant leur déportation de 1755.

Village français

 

C’est un peu plus loin que se trouve Chéticamp, porte-étendard du peuple du Grand Dérangement en terre néo-écossaise, comme le rappelle son musée acadien. Sur ses 3000 habitants, plus de la moitié honore toujours le français comme langue maternelle. Et chaque hiver, on y célèbre toujours la Mi-Carême, une vieille fête populaire française où la population masquée va de maison en maison pour festoyer, violoner et giguer.

Le petit village aux maisonnettes colorées marque également le début des sommets les plus élevés de Nouvelle-Écosse et le point d’entrée du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton. Comme une tranche de joliesse découpée d’un bout à l’autre de l’île, celui-ci fait passer des rocs élimés et des lichens délavés de la Coastal Trail aux panoramas ébouriffants de la Franey Trail, qui domine l’Atlantique, et de ceux de la Skyline Trail, qui permet de tutoyer l’horizon et de s’élever en toute majesté au-dessus du golfe du Saint-Laurent.

À Pleasant Bay — excellent arrêt pour un lobster roll au Rusty Anchor — la Cabot Trail quitte le pays acadien, longe les limites du parc national et commence à fleurer bon l’Écosse. À Cape North, un crochet plein nord mène bientôt à Bay St. Lawrence (Bàgh Labhruinn, en gaélique), village amariné aux bicoques tout de bois revêtues près de falaises bien pentues, et surtout à Meat Cove (Còbn na Feòla), l’extrémité la plus boréale du cap Breton. D’ici, on devine les vraies Highlands, de l’autre côté de la Grande Flaque, à travers les trouées de brouillard et au-delà des vagues enragées.

En chemin, on croise l’immense plage sablonneuse du parc provincial Cabot’s Landing, là où l’explorateur vénitien Giovanni Caboto aurait débarqué en 1497. Sur place, un buste défraîchi et une plaque rappellent l’arrivée de celui qui a « découvert le continent américain en 1497 » [sic].

De retour sur la Cabot Trail

 

On peut de nouveau bifurquer vers l’est pour faire le plein d’embruns salés en s’engageant sur White Point Road, qui contourne la bucolique Aspy Bay et ses homardiers dodelinant sur fond de massifs ravissants. Bien vite, on renoue avec le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, dont le relief s’affaisse progressivement jusqu’à la plage d’Ingonish, non loin du Highland Links — l’un des golfs les plus réputés au monde — et du Keltic Lodge, splendide hôtel à la table prisée. Une heure de route plus loin, le petit musée du Gaelic College de St. Ann’s retrace l’histoire de la colonisation écossaise de l’île.

Point de départ (ou d’arrivée) officiel de la piste Cabot, Baddeck s’érige coquettement sur les rives du vaste lac Bras d’Or, où l’Écossais Alexander Graham Bell décida de s’installer, en 1886. Le lieu historique national qui lui est consacré rappelle qu’au-delà du téléphone, ce prolifique inventeur fut aussi un pionnier de l’aviation canadienne.

De Baddeck, on a désormais le choix entre remonter vers le nord-ouest pour boucler la boucle de la Cabot Trail, entamer le tour du lac Bras D’or par sa route panoramique ou descendre vers la Fleur-de-Lis Trail et l’île Madame, au pays des Acadiens et des Micmacs.

Mais avant toute chose, il convient de donner des nouvelles à la famille en téléphonant à la maison. Y a-t-il meilleur endroit au monde pour passer un coup de fil que la ville où l’inventeur du téléphone a vécu et terminé ses jours ?

Bon à savoir

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Pour plus d’informations : cbisland.com et cabottrail.com

Notre collaborateur était l’invité de Tourism Nova Scotia et de Flair Airlines.



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