Cap (peut-être) sur l’Europe…

Carolyne Parent
Collaboration spéciale
Lever du jour sur Istanbul, en Turquie
Carolyne Parent Lever du jour sur Istanbul, en Turquie

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Même si la guerre en Ukraine peut refroidir l’ardeur des voyageurs ces temps-ci, ils demeurent nombreux à planifier leurs vacances estivales sur le Vieux Continent. Trucs et bons tuyaux pour mettre le cap sur l’Europe en 2022. Deuxième texte d’une série en quatre volets.

« Certains de nos clients sont inquiets, mais nous avons quand même fait plusieurs réservations cette semaine avec, bien sûr, billets d’avion flexibles et assurances annulation », dit la conseillère Evelyne Mayrand, présidente de Club Voyages Orientation, à Boucherville.

Fin février, sa clientèle commençait déjà à s’informer en vue de séjours potentiels à Londres, à Paris, en Grèce et en Italie, alors qu’avant la pandémie, « elle commençait à songer à l’Europe à la fin de mars ou au début d’avril ». C’est dire combien la reprise touristique s’annonce vive. « Je crois que les gens espèrent quand même faire ce voyage tant attendu, donc pour l’instant, la guerre, c’est un léger frein », avance-t-elle.

Les voyageurs qui envisageaient de sortir des sentiers battus pour explorer la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie ou la Roumanie, pays où le dollar canadien va loin, mais aussi tous voisins de l’Ukraine, réévalueront leurs plans selon l’actualité.

À ceux-là, Aurélie Cartier, directrice pour le Canada chez Voyageurs du Monde, proposerait déjà la Turquie, un pays riche en émerveillements à cheval entre l’Europe et l’Asie. « Le coût de la vie n’y est pas trop élevé, les plages de la côte lycienne sont magnifiques et c’est encore une destination “secrète” comme on les aime chez Voyageurs », dit-elle. Nous vous le confirmons : sur cette Riviera méditerranéenne, on n’oublie pas de sitôt la zone archéologique marine de Kekova et ses cités antiques englouties.

Doté d’un angle de tourisme responsable, le très inspirant guide Le Best of 2022 de Lonely Planet recommande la Slovénie. La contrée figure au cinquième rang de son top 10 mondial des pays en raison d’« une rare et attrayante combinaison : des prix abordables, une cadre magnifique, une histoire très riche et des activités de plein air ».

Moyen de moyenner

 

Au Royaume-Uni (LA destination de l’été en raison des festivités du 70e anniversaire du règne de la reine Élisabeth II), en France, en Grèce ou en Italie, il y a aussi moyen de moyenner côté budget.

Dans cette optique, réserver ses billets d’avion tardivement n’est peut-être pas souhaitable, selon Mme Mayrand. « Si l’offre de vols augmente, il y aura des options de dernière minute cet été, mais si les fournisseurs et les compagnies aériennes restent prudents, on aura avantage à réserver. » Et cela signifie de trois à quatre mois avant la date de départ. Bon à savoir : les tarifs de l’Eurail Pass, le fameux laissez-passer de train, sont fixes peu importe la demande ou la saison.

Photo: Tommaso Fogliata/VisitBritain Le pub Churchill Arms, à Londres

Sophie Roy, qui organise présentement un séjour familial au Royaume-Uni, entend bien, elle, se prévaloir d’un avantage que lui procure sa carte de crédit Aéroplan, soit l’enregistrement gratuit de son premier bagage et de celui de son conjoint.« Cela nous permet d’acheter les billets les moins chers d’Air Canada, ceux qui n’incluent rien », confie la Montréalaise.

Par ailleurs, la professeure de politique au collégial suit ce qui se passe en Ukraine de près. « Si on sent que c’est dangereux [au Royaume-Uni], on va opter pour le plan B, Hawaï, ou le plan C, l’Ouest canadien, mais en même temps, une menace nucléaire, c’est dangereux partout… »

Pour réduire les dépenses liées à l’hébergement, l’échange de logis par l’entremise de sites tels que trocmaison.com est avantageux. Le home sitting, qui consiste à veiller sur une résidence et sur l’animal de compagnie de son propriétaire absent en échange du logement, comme le propose le site nomador.com, est une autre possibilité.

Dans les destinations très fréquentées, le voyageur responsable déclinera l’option Airbnb puisque la surabondance d’appartements de location « touristifie » les milieux de vie. Comme le souligne à juste titre Jean-Michel Dufaux dans son nouvel ouvrage, Mon année à l’étranger (éd. Parfum d’encre), « si vous n’apercevez aucun cordonnier dans la ville que vous visitez […], vous pouvez être certain que tout cela n’a rien à voir avec la vraie vie ».

Dormir à prix doux

L’appart’hôtel équipé d’une cuisinette (Adagio, Citadines) est un bon substitut aux appartements d’investisseurs ; l’auberge de jeunesse nouvelle mouture telle qu’on en trouve sur hostelworld.com aussi. Une marque que nous avons testée est Generator, présente dans les villes les plus recherchées d’Europe, de Barcelone à Stockholm. Au moment où ces lignes étaient écrites, on trouvait, pour la mi-juillet, dans sa superbe adresse parisienne sur les hauteurs du canal Saint-Martin, un lit en dortoir à 60 $, une chambre avec terrasse privée à 218 $ et plusieurs autres choix entre ces deux pôles. Dans le même esprit design, Jo & Joe, l’enseigne la plus abordable d’Accor, se démarque.

La filière religieuse est également économique. Un exemple ? À Venise, l’Istituto de San Giuseppe, une adresse où nous avons déjà logé, est un couvent installé dans une vaste demeure du XVIe siècle. Elle donne sur un canal et compte 14 chambres à louer avec salle de bain privée. Le tarif ? Absolument dérisoire compte tenu de son emplacement, à cinq minutes à pied de la place Saint-Marc, soit 85 euros la nuitée (et non par personne) à la mi-juillet.

Enfin, un mot sur le voyage tout inclus (qui assure le respect du budget) dans l’air du temps en Europe : la croisière fluviale. Navires de petite capacité (entre 22 et 180 passagers pour la flotte européenne de CroisiEurope), slow travel par excellence, arrivée au cœur des villes, dont Paris… Partons, le fleuve est beau ! Sauf, pour l’instant, le Danube, malheureusement plus gris que bleu en Ukraine.

À lire la semaine prochaine : La planification des vacances d’été aux États-Unis et dans le Sud 

L’erreur qui coûte cher

« Une erreur commune ? Ne pas prendre les assurances qu’offrent les loueurs de voitures, dit Aurélie Cartier, directrice pour le Canada de Voyageurs du Monde. Oui, une bonne carte de crédit peut déjà offrir une couverture de base (pourvu que l’entièreté de la location ait été payée avec ladite carte), mais cela veut dire aussi qu’en cas de collision, le conducteur devra payer à destination la caution et parfois les réparations avant d’obtenir le remboursement de la part de sa carte. Ça gâche sérieusement les vacances quand le budget passe dans la franchise du loueur… » Pour se rafraîchir la mémoire quant aux diverses couvertures des cartes de crédit, on visite le site de travelandcards.com/ca.

Quand réserver pour obtenir le meilleur tarif ?

Près de 10 % : voilà ce qu’on épargne quand…

• On évite de réserver ses billets d’avion le vendredi

• On choisit un vol le samedi plutôt que le mardi

• On réserve ses nuitées le mardi plutôt que le jeudi

• On prévoit également un début de séjour un mardi plutôt qu’un jeudi

On économise environ 30 % sur ses nuitées quand…

• On passe d’un hôtel 4 étoiles à un hôtel 3 étoiles

Pour la location de voiture, les tarifs sont plus abordables quand…

• On fait sa réservation un vendredi

• On prend possession du véhicule un samedi

Sources : Expedia et l’Airlines Reporting Corporation



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