Les vacances d'été seront-elles plus chères en 2022?

Carolyne Parent
Collaboration spéciale
Selon Virtuoso, un regroupement d'agences de voyages, aux États-Unis, les tarifs aériens des vols du printemps sont d’ores et déjà 19% plus chers qu’en 2019.
Photo: Danila Hamsterman/Unsplash Selon Virtuoso, un regroupement d'agences de voyages, aux États-Unis, les tarifs aériens des vols du printemps sont d’ores et déjà 19% plus chers qu’en 2019.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Notre boule de cristal vaut bien la vôtre, mais au vu de certains indicateurs, la situation ne se présente pas très bien pour le budget des vacanciers. Déjà, on voit mal comment l’industrie touristique ne serait pas affectée par le plus haut taux d’inflation qu’on ait connu depuis trente ans ! Premier texte d’une série en quatre volets.

À l’Association des hôtels du Grand Montréal, qui représente 110 hôteliers indépendants, le président-directeur général, Jean-Sébastien Boudreault, estime que les tarifs des nuitées sont présentement en hausse pour rattraper leur niveau de 2019, l’année de référence prépandémique, mais qu’ils subiront inévitablement la pression de l’inflation. « Les coûts de la main-d’œuvre augmentent, les coûts des matières premières, de l’entretien, de la nourriture, tout augmente, alors c’est la même chose pour l’hôtellerie », dit-il.

Le p.-d.g. croit toutefois que les vacanciers ne seront pas déçus même s’ils payent davantage pour leur chambre : « Les hôteliers ont compris qu’ils doivent alors offrir plus de services et trouvent des façons de rendre l’expérience hôtelière encore plus intéressante. » Un exemple ? « Le Fairmont Le Reine Elizabeth, qui présente un spectacle du secteur du cirque, un peu comme à Las Vegas. »

Au Groupe Expedia, la porte-parole Mary Zajac révèle que « les prix moyens des vols et des hébergements sont encore généralement plus bas qu’en 2019, mais qu’il est possible que tout évolue rapidement : la demande augmente globalement, et les voyageurs québécois comme canadiens ont soif de voyages, tant au pays qu’à l’étranger. »

Le son de cloche est différent chez Virtuoso. Le regroupement de quelque 20 000 agents de voyages spécialisés dans les séjours de luxe constate déjà une hausse de l’ordre de 91 % du tarif moyen des hôtels haut de gamme à l’échelle internationale par rapport à 2019. Au Canada, cette hausse atteindrait parfois jusqu’à 104 % !

Vers un envol des tarifs aériens ?

Toujours selon Virtuoso, aux États-Unis, les tarifs aériens des vols du printemps sont d’ores et déjà 19 % plus chers qu’en 2019. Augmenteront-ils aussi au pays ? C’est dans l’air… « Il faut garder en tête que nous subissons une hausse très importante du prix du carburant et que cela se traduira probablement par une hausse des tarifs, tant pour les vols que pour les forfaits », explique la porte-parole de Transat Marie-Christine Pouliot.

Pour Evelyne Mayrand, présidente de Club Voyages Orientation, situé à Boucherville, l’affaire est entendue. « Oui, les tarifs augmenteront, car c’est une question d’offre et demande, et la demande, elle est très, très forte. Résultat : en une semaine, de simples vols vers Cancún pour la relâche scolaire ont augmenté de près de 300 $ ! »

Une autre donnée de l’équation est le nombre de sièges proposés. « Il y a encore des destinations pour lesquelles il n’y a pas de vols, souligne Mme Mayrand. Comme nous sommes en pleine période d’adaptation, il est difficile de prédire si l’offre suivra… »

Selon la conseillère, présentement, c’est « la folie » pour les forfaits de dernière minute dans le Sud en mars, alors que ce sont précisément les prix de ceux-là qui ont augmenté. « En ce moment, c’est votre voyage d’été en Europe que vous devriez planifier, les offres sont intéressantes. »

Voyager coûte que coûte

 

Fait à noter, une étude Northstar menée l’automne dernier pour Expedia indique que 61 % des Canadiens projettent de voyager selon la philosophie « sans regret », et cela vaut tant pour la destination choisie que pour le prix payé. Comme si le désir de partir l’emportait sur l’incertitude qu’entraîne normalement une hausse du taux de l’inflation chez les consommateurs et la prudence qui s’ensuit.

Professeure au cégep, Sophie Roy entend bien concrétiser cet été le projet de voyage en famille au Royaume-Uni qui devait avoir lieu à l’été 2019. « Nous avons commencé à magasiner, mais n’avons pas remarqué de hausses de prix pour l’instant, dit la Montréalaise. Comme ce sera cher de toute façon à cause du taux de change, nous allons tenter d’économiser sur le prix des billets d’avion. »

Quelle sera sa stratégie ? Acheter des billets non remboursables le plus tard possible, soit en mai ou en juin pour un départ autour du 28 juin. « Comme il y a plusieurs vols par jour sur Londres, ce n’est pas stressant », dit-elle. Une autre option pourrait être d’acheter des billets pour Paris s’ils sont moins chers : « Si cela en vaut la peine, nous pourrions ensuite nous rendre à Londres en train. »

Cher, pas cher, Sophie Roy et les siens ont prévu de partir plus longtemps afin de rattraper le temps perdu. « Nous, on a tellement hâte de partir que ça fait mal ! » s’exclame-t-elle.

À lire la semaine prochaine : Vacances d’été : partir en Europe

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