Les monts de Whistler Blackcomb

Carolyne Parent
Collaboration spéciale
Whistler est un véritable eldorado pour les skieurs et les planchistes de tous calibres. 
Photo: Grant Gunderson/Destination Canada Whistler est un véritable eldorado pour les skieurs et les planchistes de tous calibres. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Année après année, les twin peaks de la chaîne Côtière figurent en tête des palmarès des meilleurs centres de ski en Amérique du Nord et du monde. Il aura suffi de cette bonne réputation et de quelques images pour convaincre l’instructeur de ski Marc Alfaro de troquer son Espagne natale pour le hameau de Creekside, la première base de Whistler, née en 1966.

« J’avais vu la destination dans un film et, instantanément, elle s’est retrouvée sur ma bucket list », dit-il.

Et pour cause ! Des super bowls qui se remplissent de poudreuse. Des glaciers. Deux sommets réunis par le téléphérique ayant la plus longue portée libre au monde (et le plus haut du genre). De la glisse enlevante sur 260 pistes ou carrément du hors-piste — sans parler de l’option héliski. Pour les skieurs et les planchistes de tous calibres, le plus vaste domaine skiable du continent (8171 acres) est un vrai eldorado.

« Et c’est aussi un centre d’entraînement olympique pour les athlètes canadiens : Mark McMorris s’est entraîné ici juste avant de partir pour Pékin », souligne Tom Dukeson, gestionnaire aux communications pour Vail Resorts, propriétaire de la station.(Le surfeur des neiges y a remporté la médaille de bronze en descente acrobatique.)

Un sifflement d’admiration, avec ça ? Ce serait approprié, puisque le mont Whistler, le saviez-vous, se nomme ainsi en l’honneur de ses sifflantes marmottes !

L’héritage olympique

Le legs des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver de 2010 est vaste dans la région (et pourrait servir aux Jeux de 2030 si la ville posait sa candidature, une possibilité présentement à l’étude).

Dans la vallée de Callaghan, le Parc olympique, créé pour les épreuves de ski de fond, de saut à ski et de biathlon, met sa centaine de kilomètres de sentiers à la disposition des raquetteurs et des skieurs, qui peuvent aussi y être initiés au biathlon.

À Whistler même, au centre de glisse, il est possible de monter à bord d’un bobsleigh en compagnie d’un pilote si le cœur nous en dit. La place olympique, site de remise des médailles, est un lieu commémoratif où on peut patiner. Quant à la fabuleuse maison de la culture autochtone qu’est le Squamish Lil’wat Cultural Centre, elle aussi fut créée en vue des Jeux.

« Ces investissements ont contribué à faire de Whistler la destination quatre-saisons de classe mondiale qu’elle est aujourd’hui, estime Tanya Sear, de Tourism Whistler. Ils ont rehaussé son offre touristique et son attractivité internationale. » Résultat : de 2011 à 2019, le nombre de visiteurs s’est accru de 29 %.

L’évolution d’un village

Au réputé Bearfoot Bistro, on a notamment « raffiné » le menu pour satisfaire la clientèle étrangère composée d’Australiens, d’Anglais et de Mexicains, note celui qui veille sur la destinée marketing du lieu, le Québécois Marc Des Rosiers. « On a aussi créé des expériences mémorables comme sabrer le champagne dans une cave à vin qui compte 15 000 bouteilles et déguster de la vodka et du caviar dans un bar de glace ! »

En 2016, l’acquisition du centre de ski par Vail Resorts a également changé la donne. La société américaine exploite 37 stations au Canada, aux États-Unis et en Australie. Elle est également partenaire de 15 stations canadiennes (dont Mont-Saint-Anne et Stoneham, au Québec), américaines, européennes et japonaises. Cette saison, elle a vendu 2,1 millions de son Epic Pass. Celle-ci permet de skier à volonté dans ses 37 stations et procure un accès variable dans les 15 autres.

On peut facilement dès lors imaginer l’achalandage qu’elle assure aux centres de ski. Todd Williamson, le fondateur de Black Tie Rentals, une boîte qui loue et livre au lieu d’hébergement de ses clients — parmi lesquels Victoria « Posh Spice » Beckham — l’équipement de glisse dont ils ont besoin, peut en témoigner : « Oui, c’est très bon pour les affaires ! »

Animation et art

 

« Les boutiques, les restos, les bars… C’est sûr que Whistler a grossi depuis mon arrivée il y a 15 ans, mais on n’est pas encore chez Disney », lance Marc Alfaro. Malgré son développement commercial, le village piétonnier est charmant. Ses constructions portent la griffe vaguement européenne d’Intrawest, l’ancien propriétaire de la station. Et l’un des premiers hôtels de Whistler est toujours en activité : fondé par l’athlète olympique canadienne Nancy Greene, il porte aujourd’hui le nom de Crystal Lodge.

Sur les pentes aussi, l’offre s’est développée : les deux montagnes comptent une douzaine de bars et de restaurants, dont le gastronomique Christine’s on Blackcomb.

Mais « Whistler, ce n’est pas qu’un centre de ski : c’est aussi une communauté qui s’intéresse à l’art et où la culture est bien vivante », fait remarquer Justine Nichol, directrice du marketing pour l’Audain Art Museum. C’est le moins qu’on puisse dire au vu de l’extraordinaire musée qu’elle représente, qui célèbre les artistes britanno-colombiens de la fin du XIXe siècle à nos jours. Pour mémoire, les collectionneurs Michael Audain et Yoshiko Karasawa ont créé la Fondation Jean Paul Riopelle et sont à l’origine, par le biais d’un don, d’une exposition sur Paul-Émile Borduas à voir présentement au Musée national des beaux-arts du Québec, à Québec.

Riche d’une grande collection d’œuvres d’Emily Carr et d’artistes des Premières Nations, ce musée mérite lui aussi tout un sifflement admiratif !

La journaliste Carolyne Parent était l’invitée de Vail Resorts.

Des pistes à suivre

Les incontournables de l’instructeur Marc Alfaro

Sur le mont Whistler

 

• Peak to Creek, longue de 11 km et facile (cet été, on remplacera le système de télécabines de Creekside, la base pittoresque)

• Dave Murray Downhill, la piste de descente des Jeux de 2010

• Flute Bowl, pour le hors-piste

Sur le mont Blackcomb

 

• 7th Heaven, pour le panorama et l’ensoleillement

• Saudan’s Couloir, l’hyperpentue des experts

• Blackcomb Glacier, pour le hors-piste

• Staircase, pour les bosses

On devrait pouvoir skier jusqu’au 23 mai, et ensuite, place au vélo de montagne.

 

À voir en vidéo