Escapade en voiture au New Hampshire, ou 72 heures qui valent le détour

Catherine Lefebvre
Collaboration spéciale
L'auberge Snowvillage Inn avec vue sur le mont Washington, le plus haut sommet du nord-est des États-Unis
Photo: Catherine Lefebvre L'auberge Snowvillage Inn avec vue sur le mont Washington, le plus haut sommet du nord-est des États-Unis

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Les frontières terrestres américaines sont ouvertes depuis plus d’un mois aux voyageurs canadiens pleinement vaccinés. Avant la nouvelle vague de contaminations qui force les autorités à déconseiller tout voyage non essentiel à l’extérieur du pays, notre collaboratrice avait fait un court séjour chez nos voisins du Sud. Récit.

En passant les douanes à Stanstead, on syntonise le poste de radio locale, de la musique country y joue, et un sentiment de liberté nous habite tout d’un coup. Nous filons vers le sud en direction de Lincoln. Les montagnes blanches apparaissent tout de blanc vêtues. Cette chaîne de montagnes qui inclut le mont Washington (1917 m) — le plus haut sommet du nord-est des États-Unis — ne laisse pas sa place pour les adeptes de randonnées, de raquettes et de ski.

Voilà qui donne aussitôt le goût d’aller se dégourdir les jambes à la gorge Flume, au pied du mont Liberty. Bien que les randonnées d’hiver soient à la discrétion des visiteurs — le sentier d’un peu plus de 3 km n’est pas entretenu durant la saison froide —, le lieu est pittoresque. Il faut dire que la vaste gorge s’étend sur près de 250 m. En été, une passerelle en bois longe ses flancs d’une hauteur allant jusqu’à 27 m de hauteur. La petite histoire raconte que la gorge aurait été découverte en 1808 par une certaine Jess Guernsey, 93 ans, qui pêchait dans une rivière tout près.

Joli village enneigé

 

Nous passons les deux nuitées de notre séjour au Snowvillage Inn, une auberge champêtre située dans la petite municipalité d’Eaton, au sud du mont Washington. Construite en 1916, elle est au départ la maison d’été de l’auteur Frank H. Simonds, lauréat d’un prix Pulitzer, connu pour son livre en 5 tomes, History of World War.

Depuis 2012, Kevin Flynn a racheté la propriété qui lui avait appartenu en 2005. Avec sa conjointe, Jen Kovach, ils accueillent les visiteurs si chaleureusement qu’on a l’impression d’être chez notre oncle et notre tante préférés. Dès notre arrivée, Jen nous apporte du thé et des biscuits maison à la chambre, le temps de nous poser confortablement. Cela donne le ton.

Vive les sports d’hiver

Il en va de même au petit-déjeuner. C’est Kevin qui cuisine. Des œufs frais de la ferme d’à côté, des muffins maison, du café torréfié localement… « On voulait vraiment recréer un lieu accueillant et un restaurant où on a envie de manger, pas seulement parce qu’on est pris ici », raconte Jen Kovach.

Repus, nous sommes fin prêts à jouer dehors ; une excellente façon de profiter pleinement de l’hiver. Puis, en ces temps de reprise timide des voyages, c’est aussi plus sécurisant de faire des activités en plein air que dans une salle bondée de monde.

Depuis ce matin, de gros flocons tombent en masse. Les skieurs sont aux anges, tout comme les randonneurs que nous sommes. Nous empruntons d’abord le sentier des chutes Arethusa. Son nom le dit, cette randonnée est connue pour son impressionnante chute d’environ 60 m de hauteur. Au fil de l’hiver, la chute gèle, parfois complètement, au gré des journées de grand froid. Ou alors, quelques filets d’eau persistent et dégoulinent sur les colonnes glacées.

Le temps de casser la croûte, nous poursuivons notre route vers Nestlenook Farm, à Jackson. De grandes portes en fer forgé annoncent son entrée telle une villa enchantée. La ferme de plus de 25 hectares comporte une grande patinoire naturelle et diverses pistes de raquette. Après avoir emprunté à peu près tous les sentiers balisés, nous passons par l’enclos où de magnifiques chevaux s’amusent et se chamaillent.

Photo: Catherine Lefebvre Les chevaux de Nestlenook Farm, à Jackson

Après cette journée à jouer dehors au grand air, il n’y a rien de plus satisfaisant qu’un plat réconfortant, fait maison. C’est justement ce que l’on retrouve au menu du Max’s Pub, le restaurant du Snowvillage Inn. Nous optons pour le pâté du poulet façon ragoût, garni de deux « biscuits », ces petits pains typiques de la cuisine américaine.

Coup de cœur du séjour

 

Avant de rentrer au bercail, nous faisons un petit détour par Tamworth pour nous rendre à la distillerie Tamworth Distilling. Il y a toutes sortes de distilleries artisanales au New Hampshire, mais celle-ci attire notre attention. Leur rye par exemple, est composé de seigle biologique local à 100 %, plutôt qu’être mélangé à du maïs. Alors que leurs gins sont entre autres infusés aux prunes Damson, aux fleurs sauvages ou au houblon. « On a voulu créer des produits uniques, explique David Grasse, directeur des opérations de Tamworth Distilling. On a aussi des spiritueux étonnants, comme l’Eau de Musc, un bourbon aromatisé au castoréum [substance huileuse produite à partir de glandes spécifiques du castor qu’on utilise surtout en parfumerie, mais qui ajoute des notes vanillées et de framboise en bouche]. » Les adeptes de whisky, de brandy, de gin et de rye y trouveront leur compte. Voilà ce qui termine ce court séjour sur une très bonne note.

Obligations pour les voyageurs

À partir du 21 décembre, les voyageurs canadiens qui reviennent des États-Unis devront fournir un test de dépistage négatif à leur retour au pays, et ce, peu importe la durée du séjour. Ils doivent également remplir leur plan de voyage dans l’application ArriveCan au moins 72 heures avant leur retour. Les voyageurs canadiens doivent être pleinement vaccinés pour entrer aux États-Unis, mais les mesures sanitaires comme le port du masque à l’intérieur des endroits publics sont à la discrétion des commerçants au New Hampshire. Le passeport vaccinal pour entrer dans les établissements comme les restaurants n’est pas exigé.

 

Notre journaliste était l’invitée de la New Hampshire Division of Travel & Tourism Development.



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