Les «last call» de l’été à Montréal

Marie-Julie Gagnon
Journaliste et chroniqueuse voyage
Présentée à l’Arsenal Art contemporain Montréal, l’expérience immersive «L'infini» fait voyager le public à bord de la Station spatiale internationale.
Photo: William Arcand Présentée à l’Arsenal Art contemporain Montréal, l’expérience immersive «L'infini» fait voyager le public à bord de la Station spatiale internationale.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Vous avez vous aussi passé l’été à vagabonder et n’avez pas pu céder à toutes les tentations montréalaises qui ont attiré votre attention ? Il est toujours temps de faire un dernier tour de piste pour profiter de certaines expositions et activités saisonnières.

Vers l’infini… et au-delà !

À moins d’avoir passé les derniers mois au fond des bois sans accès aux médias, il est à peu près impossible de ne pas avoir entendu parler de L’infini, coproduite par les studios Phi, Felix & Paul et Time. Présentée à l’Arsenal Art contemporain Montréal, l’expérience immersive qui fait voyager à bord de la Station spatiale internationale a connu un succès critique autant que populaire. Lors de ma visite, un mardi d’automne en fin de journée, j’ai rapidement réalisé que l’engouement était loin de s’essouffler. Munis d’un casque de réalité virtuelle — oubliez les chignons et privilégiez les lentilles cornéennes aux lunettes, si possible —, nous avançons d’abord dans l’environnement de David Saint-Jacques, Anne McClain et leurs semblables un peu à tâtons, happés par l’univers qui s’offre à nous. Puis, des bulles apparaissent ici et là et nous aspirent, quand on les touche, dans des scènes de la vie quotidienne des astronautes. Les compagnons de route sont sympathiques : on a envie de se joindre à eux « en vrai » quand ils partagent un repas ou discutent en regardant par le hublot.

Même si j’aurais préféré que le silence complet soit exigé dans la salle pour profiter pleinement de l’aspect méditatif de ce voyage « outre-atmosphère » — on entend les discussions des visiteurs enthousiastes même quand on est dans une bulle —, voilà une fort agréable sortie quand on apprécie le mariage de l’art, de la science et de la technologie. Approuvé par ma fille de 15 ans.

Si vous souhaitez croiser moins d’humains « réels », on murmure que les représentations de 15 h 30 en semaine sont les moins courues.

Jusqu’au 7 novembre.

Divina Dali au Grand Quai du port de Montréal

Quand l’un des maîtres du surréalisme met en images la Divine comédie de Dante 700 ans après sa création, la rencontre ne peut qu’être flamboyante. D’après une idée originale de La girafe en feu, l’exposition présente l’interprétation de Dali des cent chants créés en 1307 par le mystérieux poète et écrivain. En une soixantaine de minutes, Divina Dali nous fait traverser l’enfer, le purgatoire et le paradis. Ainsi, on suit Dante et le poète Virgile dans trois salles, jusqu’à l’entrée au paradis, guidés par la muse de ce dernier, Béatrice. De l’ombre à la lumière, les personnages de l’œuvre maîtresse de Dante se dévoilent dans cette reconquête de sens, avec la touche bien personnelle de l’artiste espagnol.

Réalisé avec mari et ado, le voyage nous aurait sans doute déroutés sans les clés proposées par les guides postés dans les différentes salles de l’exposition. N’hésitez pas à leur poser des questions !

Sur le chemin du retour, on en profite pour s’attarder aux panneaux qui racontent l’histoire du Grand Quai, rénové en 2018. À combiner avec une pause au superbe bateau-spa Bota Bota, à deux pas !

Jusqu’au 31 octobre.

Le sentier du cœur de l’île

Et si on (re)découvrait la métropole à pied ? Parmi les chouettes initiatives de l’été 2021, mentionnons Le sentier du cœur de l’île, parcours exploratoire de près de 15 kilomètres présenté par le Partenariat du Quartier des spectacles et Montréal centre-ville, en collaboration avec Tourisme Montréal. Inspirée de la ligne verte du Voyage à Nantes, en France, et de la Boston Freedom Trail aux États-Unis, une ligne rouge tracée au sol relie plus d’une centaine de lieux du centre-ville, du Village au Centre canadien d’architecture.

Si les Oasis d’été disséminés un peu partout au centre-ville disparaissent au moment où les feuilles tombent des arbres, l’art public reste un excellent prétexte pour s’offrir une randonnée urbaine sous le signe de la culture, même en automne. Des codes QR permettent d’en savoir plus sur différents lieux.

À vos marques, prêts, marchez !

À surveiller

• À Québec, les Passages insolites, installations éphémères et art de rue, sont présentés jusqu’au 31 octobre. Parmi les créations à ne pas manquer :les voitures pelouse de Benedetto Bufalino.

• À Val-David, dans les Laurentides, les Jardins du Précambrien de la Fondation Derouin sont accessibles jusqu’au 11 octobre.

• Le Centre Phi propose aussi de vivre l’expérience de réalité virtuelle de L’infini à la maison grâce à VRTOGO.



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