Virée jusqu'à Sept-Îles et la Minganie

Marie-Claude Di Lillo Collaboration spéciale
Les Galets de Natashquan, qui servaient autrefois à entreposer le poisson séché
Photo: Marie-Claude Di Lillo Les Galets de Natashquan, qui servaient autrefois à entreposer le poisson séché

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

L’été dernier, les Québécois en quête des plus beaux coins de la province ont poussé leur route jusqu’à la Côte-Nord. La région n’avait jamais eu de saison touristique aussi faste et sa popularité n’a cessé de croître depuis. Deuxième et dernier article d’un itinéraire de 12 à 14 jours en Côte-Nord, région fascinante pour les amateurs de nature, de culture et de mets savoureux.

À partir de Baie-Trinité, 140 kilomètres nous séparent de Sept-Îles, de ses restaurants offrant les meilleurs fruits de mer, ainsi que de ses musées racontant son histoire fascinante.

Sept-Îles, à la fois ville et archipel, est bel et bien composée de sept îles. Elle est située sur une magnifique baie empreinte d’histoire, ayant vu accoster des Vikings et des Européens — dont Jacques Cartier en 1535 — qui ont tissé des liens avec les Autochtones du territoire. Aujourd’hui, c’est le plus important port minéralier en Amérique du Nord et sa baie est le point de départ de plusieurs excursions vers les autres îles de l’archipel.

Pour découvrir l’histoire de cette ville, remontant à 9000 ans, on fait un tour dans les musées de la ville, comme le Musée régional de la Côte-Nord et le Musée Shaputuan, qui raconte l’histoire de la communauté innue vivant encore dans la réserve d’Uashat Mak Mani-Utenam.

Croisière dans l’archipel

Après avoir plongé dans l’histoire, larguons les amarres pour visiter quelques îles de l’archipel. À l’île Grosse Boule, les secrets de l’élevage de moules, de pétoncles et d’algues nous sont révélés à la Ferme maricole Purmer. Une incursion dans le monde des espèces aquatiques du fleuve Saint-Laurent, guidée par des biologistes de la ferme et suivie d’une dégustation de produits de la mer, nous y attend. Pour ajouter à l’expérience, on passe la nuit dans une yourte !

L’île Grande Basque offre quant à elle 12 kilomètres de sentiers pédestres aux parcours balisés d’informations sur la flore. Le sommet de l’île nous offre un point de vue spectaculaire sur le fleuve, la plage environnante et la ville de Sept-Îles. On peut y louer un emplacement de camping ou un hébergement de type prêt-à-camper pour y passer la nuit.

Photo: Marie-Claude Di Lillo Pour ne pas passer la nuit dans une yourte à la ferme Ferme maricole Purmer, sur l’île Grosse Boule?

Les amateurs d’ornithologie seront ravis par une visite autour de l’île du Corossol, refuge d’oiseaux migrateurs dont certaines espèces sont en voie de disparition.

Au retour, allez au restaurant-bar Chez Omer y déguster un délicieux club sandwich au crabe (prononcez « crâââbe ») ou des linguini alle vongole aux palourdes que vous ne serez pas près d’oublier !

Pour profiter des magnifiques couchers de soleil sur la baie, passez d’abord à la Poissonnerie Fortier vous chercher des bourgots marinés, de la mousse au homard ou un sandwich au poisson du jour et installez-vous au parc du Vieux-Quai pour savourer le spectacle et… votre repas.

Amateur de bières artisanales ? La microbrasserie La Compagnie en offre plusieurs, ainsi que des menus légers.

Le soir venu, le site Laurent-Val, sur les bords de la rivière Moisie, permet de décrocher en pleine nature. Si vous préférez le confort de l’hôtel, le Château Arnaud offre de belles chambres et une vue imprenable sur la baie de Sept-Îles.

Dépaysement total en Minganie

Partis de Sept-Îles, on arrive 122 kilomètres plus loin au petit village de Rivière-au-Tonnerre, porte d’entrée de la Minganie. Ce hameau de pêcheurs, abritant de petites maisons en bois face à une mer houleuse, donne le ton aux paysages de cartes postales que nous rencontrerons désormais. On s’arrête pour prendre quelques photos de la chute Manitou, qui se déverse dans la rivière au Tonnerre, qui a donné son nom à la localité.

Nous poursuivons ensuite notre route vers Havre-Saint-Pierre, où nous goûterons à ses spécialités et visiterons un des parcs nationaux maritimes les plus fascinants du pays.

Le terroir nordique est fertile en espèces végétales uniques. Annick Latreille, avec son entreprise De baies et de sève, en a fait sa spécialité et sa passion. Ses produits à base d’herbes et de fruits sauvages d’exception, qu’elle cueille elle-même, sont destinés à la consommation et à la beauté.

À la découverte des spécialités nord-côtières, nous nous arrêtons à la Distillerie Puyjalon pour y goûter un gin local fait d’aromates dont la majeure partie proviennent de la Minganie. Le gin Betchwan se distingue par ses notes forestières. Des visites guidées suivies d’une dégustation sont offertes sur rendez-vous.

Après cette agréable mise en bouche, on apaise son appétit au restaurant La Promenade, qui propose de délicieux plats de fruits de mer frais, dont l’incontournable « pogo au homard ». On s’arrête aussi Chez Julie, pour manger ou acheter des mets du terroir, comme les produits à la chicoutai, ce petit fruit orangé acidulé propre à la région. Pour passer la nuit, on a le choix entre le camping municipal ou quelques auberges et motels situés dans le village.

Au petit matin, on part en excursion dans les îles du parc national de l’Archipel-de-Mingan afin d’y observer une impressionnante flore et variété d’oiseaux ainsi que d’étranges monolithes de calcaire géants qui donnent au paysage un aspect lunaire.

Parmi les croisières offertes, nous choisissons de visiter l’île Quarry, pour ses nombreux habitats naturels, l’île Niapiskau, où on retrouve les plus impressionnantes formations de monolithes géants, et l’île aux Perroquets, où on peut admirer des colonies de macareux et même dormir dans le phare de l’île, dans l’ancienne chambre du gardien !

Parcs Canada offre des sites de camping et des hébergements de prêt-à-camper sur certaines îles. Une nouveauté : les hébergements insolites Ôasis en forme de gouttes d’eau !

Au pays de Gilles Vigneault

On ne peut venir en Minganie sans passer par le village de Gilles Vigneault. Il faut environ deux heures pour se rendre à Natashquan à partir de Havre-Saint-Pierre, mais en chemin, on arrête pour prendre quelques photos de la taïga environnante, qui a fait disparaître les arbres pour laisser place à des tapis de mousse et de lichen.

Nous sommes ensuite accueillis par la beauté spectaculaire de plages de sable blanc baignées par une mer calme, de dunes, de blé sauvage et de petites maisons en bois ancestrales (dont les plus célèbres, avec la maison d’enfance de Gilles Vigneault, sont les Galets). Village historique fondé au milieu du XIXe siècle par des Madelinots, Natashquan (dont le nom signifie « l’endroit où on chasse l’ours ») est un havre de paix figé dans le temps.

C’est également l’endroit où faire une pause gourmande. On y mange d’excellentes guédilles aux crevettes et homard au café L’Échouerie, accompagnées d’une bière de la microbrasserie locale La Mouche, et un dessert à la chocolaterie artisanale La Coqueline.

Pour y passer la nuit, on a le choix :l’auberge Le Port d’attache, l’auberge La Cache ou le camping municipal. Avant de quitter la Minganie, rendez-vous jusqu’à Kegaska (à 52 kilomètres de Natashquan) pour y prendre une photo iconique du panneau signalant la fin de la route 138. Nous voici maintenant prêts à prendre le chemin du retour, après ce dépaysement total en terre du Nord.


 

En l’état actuel de la situation, tous les lieux mentionnés dans cet article devraient être ouverts pour la saison estivale débutant en juin.



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