Virée en Haute-Côte-Nord

Marie-Claude Di Lillo Collaboration spéciale
La porte d’entrée de la Côte-Nord est le village de Tadoussac, qui est aussi le point de départ de la route des Baleines et l’endroit par excellence pour observer ces mammifères marins.
Photo: Marc Loiselle La porte d’entrée de la Côte-Nord est le village de Tadoussac, qui est aussi le point de départ de la route des Baleines et l’endroit par excellence pour observer ces mammifères marins.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

L’été dernier, les Québécois en quête des plus beaux coins de la province ont poussé leur route jusqu’à la Côte-Nord. La région n’avait jamais eu de saison touristique aussi faste et sa popularité n’a cessé de croître depuis. Premier article de deux sur un itinéraire de 12 à 14 jours en Côte-Nord.

Le territoire de la Côte-Nord peut paraître vaste à explorer avec ses 300 000 km2. Pour les amateurs d’escapade routière, c’est toutefois un voyage qu’il faut entreprendre au moins une fois dans sa vie. Entre la beauté sauvage du paysage, les plats régionaux débordant de saveurs, une histoire riche de 9000 ans, une vibrante culture innue, des activités des plus diversifiées et des hébergements inusités, la région gagne le cœur de ceux qui se donnent la peine de parcourir ses 1250 km de côtes maritimes.

La Haute-Côte-Nord en quatre jours

La porte d’entrée de la Côte-Nord est le village de Tadoussac. Ancien lieu du commerce des fourrures (le poste de traite Chauvin permet d’en apprendre sur cette histoire), c’est aujourd’hui le point de départ de la route des Baleines et l’endroit par excellence pour observer ces mammifères marins. Plusieurs croisières sont offertes, respectant les restrictions sanitaires. C’est aussi l’endroit rêvé pour s’initier au kayak de mer et admirer la splendeur du fjord du Saguenay.

En arrivant, on s’émerveille devant le majestueux et historique Hôtel Tadoussac. À deux pas de cet hôtel se trouve le Centre d’interprétation des mammifères marins, qui permet d’en apprendre plus sur les baleines, et le sentier de la Pointe-de-l’Islet, qui offre une vue panoramique sur le fjord du Saguenay et permet d’apercevoir des cétacés dans leur milieu naturel.

Le centre du village, en haut de la côte, est une vraie halte gourmande avec sa brûlerie et ses restaurants mettant en valeur les poissons, les fruits de mer et les viandes de la région. Après une journée d’activités, on se gâte en allant souper Chez Mathilde. Le chef Jean-Sébastien Sicard y propose des plats d’une grande finesse mettant en valeur les produits du terroir. Si on préfère fréquenter les endroits animés et se gaver de fruits de mer frais ou fumés, La Galouine, qui fait auberge et restaurant, est une option intéressante.

Notre prochain arrêt se trouve au nord-ouest à Sacré-Cœur, où on découvrira des hébergements insolites qui plairont aux amateurs de prêt-à-camper de luxe. Situé à 20 minutes de Tadoussac, sur un domaine forestier, Canopée Lit propose des cabanes perchées dans les arbres, d’autres avec un dôme en verre et des bulles vitrées, pour admirer le paysage environnant. Si vous préférez les yourtes, le site Alfred le voisin d’Oscar, niché sur un escarpement rocheux surplombant le fjord du Saguenay, offre une vue imprenable et des couchers de soleil inoubliables.

Un arrêt à l’entreprise Herbamiel, spécialisée en apiculture, permet d’en apprendre sur le monde des abeilles et de faire le plein du précieux nectar. Vous êtes un passionné d’histoire ? À Grandes-Bergeronnes, à 25 minutes de là, le Centre Archéo Topo met en valeur les siècles d’épopées nord-côtières dans une exposition faisant découvrir cette région riche en vestiges.

Découvrir la culture autochtone

La Côte-Nord est le berceau de la culture innue. Plusieurs communautés y vivent encore et ont gardé leurs traditions ancestrales. Certaines, comme celle d’Essipit, ont su développer une offre récréotouristique unique s’inspirant de leur héritage culturel. Vacances Essipit propose aux touristes des excursions, dont l’observation de l’ours noir avec un guide expérimenté.

Photo: Marie-Claude Di Lillo La vue depuis la fenêtre d'un chalet Essipit

On peut aussi louer un appartement dans la réserve ou séjourner dans un chalet situé dans l’une des pourvoiries de la communauté, avec un droit de pêche ou de chasse. Pour faire le plein de provisions, on s’arrête au village d’à côté, à la Poissonnerie Les Escoumins, où on achète poissons et fruits de mer de qualité. 

Trois jours à Manicouagan

Il faut compter environ deux heures de route vers le nord-est, en partant de Les Escoumins, pour se rendre à Baie-Comeau, notre prochaine destination. Le chemin suivant le littoral révèle tour à tour de verdoyantes forêts boréales et des plages de sable blanc sur lesquelles des vagues houleuses viennent se briser.

Baie-Comeau fait partie de la MRC de Manicouagan, qui s’étire de Ragueneau jusqu’à Baie-Trinité. Cette ville au passé industriel surprend par son cachet. Un somptueux espace vert, le parc des Pionniers, s’étend à l’entrée de la ville jusqu’aux berges du majestueux Saint-Laurent. De l’autre côté de la rue se trouve la place La Salle où se concentre le petit centre-ville historique. Avec ses boutiques, son vieil hôtel, son microtorréfacteur et son pub, il a de quoi charmer.

Une grande murale rappelle le passé glorieux de cette ville qui s’est développée au siècle dernier. C’est Robert McCormick, un riche industriel américain, alors propriétaire du Chicago Tribune, qui fonde la ville, aux alentours de 1937, et assure son essor en y établissant une papetière. Plus tard, les alumineries et les barrages hydroélectriques s’ajoutèrent aux moteurs économiques de la ville. Des tours guidés à pied vous amèneront à découvrir une église aux fresques majestueuses de l’artiste Guido Nincheri, ainsi que le buste en bronze de l’ex-premier ministre Brian Mulroney, natif de Baie-Comeau.

Avant de quitter la ville, ne manquez pas de faire une réservation à l’excellente table La Cache d’Amélie, située dans le quartier Sainte-Amélie. Le chef, Glenn Forbes, est un maître saucier international. Pour prendre un cocktail, la terrasse du bistro La Marée haute de l’hôtel historique Le Manoir est idéale avec sa vue sur le golfe du Saint-Laurent. Pour déguster une bière locale et un repas convivial, le pub St-Pancrace est tout indiqué.

Ensuite, direction le parc nature de Pointe-aux-Outardes. Situé à moins de 30 minutes de Baie-Comeau, c’est un refuge unique qu’on visite pour ses activités ludiques, pour ses sentiers balisés d’informations et pour l’observation de nombreuses espèces d’oiseaux. Cela a d’ailleurs inspiré les fondateurs du parc à créer les Nichoirs géants, des hébergements originaux en forme de cabanes à oiseaux ! Profitez-en pour vous baigner dans les eaux reconnues les plus chaudes de la Côte-Nord.

Si vous prévoyez passer la nuit au parc nature de Pointe-aux-Outardes, apportez vos provisions. La poissonnerie JG Laprise, située à 20 km, à Chute-aux-Outardes, est un secret bien gardé des locaux.

Les centrales hydroélectriques de la Manicouagan

On ne peut passer dans cette région sans visiter une de ses fameuses centrales hydroélectriques : les installations de Manic-5, qui comprennent, entre autres, le barrage Daniel-Johnson, inauguré en 1969, celles de Manic-5-PA et celles de la centrale Jean-Lesage (Manic-2).

Le réservoir Manicouagan, créé à la suite de la construction du barrage Daniel-Johnson, est un ancien cratère météorique. La région fait aujourd’hui partie de la grande zone protégée de la réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka. Les visites guidées des centrales sont gratuites, mais il faut réserver sur le site d’Hydro-Québec.

En poursuivant ensuite notre route vers Sept-Îles, nous nous arrêtons en chemin à Pointe-des-Monts pour y admirer le magnifique phare historique, un des plus beaux de la région, qu’on peut visiter avec un guide.


 

* Règles sanitaires en vigueur pour ces zones à vérifier avant de s’y rendre, notamment en ce qui a trait à la fréquentation des établissements de restauration.

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