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Faudra-t-il bientôt être vacciné contre la COVID-19 pour voyager à l'international?

Carolyne Parent Collaboration spéciale
L’aéroport de Los Angeles, dans l'État de la Californie, où la pandémie de COVID-19 fait rage.
Photo: Patrick T. Fallon Agence France-Presse L’aéroport de Los Angeles, dans l'État de la Californie, où la pandémie de COVID-19 fait rage.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Tout porte à croire que les voyageurs devront à terme présenter leur certificat de vaccination anti-COVID-19, en sus de leur passeport, pour franchir les frontières. Un enjeu majeur lié à cette exigence potentielle est l’authentification du document médical. D’où le développement d’outils numériques pour la garantir, telle la Travel Pass de l’Association internationale du transport aérien, qui devrait être lancée fin mars. Explications.

Présentement, les voyageurs doivent montrer un résultat négatif à un test de dépistage de la COVID-19 aux autorités de la plupart des destinations internationales pour y entrer. Mais une fois qu’ils auront été dûment vaccinés, leur faudra-t-il aussi le démontrer ? Selon toute logique, on peut présumer que oui. Même qu’il se pourrait que cela soit LA condition à la réouverture des frontières et à la reprise des vols internationaux.

Dans cette optique, plusieurs organisations travaillent sur des supports électroniques d’hébergement des certificats de vaccination et autres documents médicaux qui les mettront à l’abri des manipulations frauduleuses — un aspect important au vu du trafic des faux certificats de test négatifs à la COVID-19 ayant cours actuellement un peu partout sur la planète.

Parmi ces supports, il y a la Common Pass du Forum économique mondial. Il y a l’AOK Pass de la Chambre de commerce internationale. Et il y a la Travel Pass de l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui représente quelque 290 compagnies aériennes. (Pour mémoire, c’est aussi l’organisation qui a signé l’arrêt de mort du billet d’avion et de la carte d’embarquement papier en les remplaçant par une version électronique.) Du siège de l’IATA à Genève, Katherine Kaczynska, porte-parole de ce dossier, répond à nos questions par courriel.

Dans quel but l’IATA a-t-elle créé la Travel Pass ?

Nous l’avons développée pour aider les passagers à stocker et à gérer les certificats authentifiés de leurs tests et vaccins contre la COVID-19. Ce sera important pour les gouvernements, qui sont susceptibles d’exiger l’une ou l’autre de ces preuves comme condition préalable aux voyages internationaux pendant et après la pandémie. Ultimement, ce sont les gouvernements, et non les compagnies aériennes ou l’IATA, qui établissent les règles d’entrée au pays des voyageurs. Transporteurs et passagers doivent s’y plier, et la Travel Pass les y aidera.

Quels sont les avantages de la Travel Pass pour les voyageurs ?

Elle modernise un système existant. Depuis des décennies, nous avons un système de documentation papier pour fournir notamment une preuve de vaccination contre la fièvre jaune. La Travel Pass le transfère sur une plateforme numérique, une modernisation cruciale, car les conditions d’entrée des différents gouvernements devraient évoluer avec la situation épidémiologique.

L’application mobile aidera donc les passagers à gérer leur voyage conformément aux exigences gouvernementales en matière de tests ou de vaccins. Il leur fournira aussi une plateforme sécurisée où les résultats de leurs tests et vaccins seront reliés à leur identité numérique et pourront être transmis aux compagnies aériennes, aux agents douaniers et aux gouvernements, au besoin. Cela rendra le processus [de contrôle] plus pratique et permettra d’éviter les fraudes.

Comment les compagnies aériennes accueillent-elles l’outil ?

Elles ont été très réceptives. Le premier programme pilote pour le tester dans une situation de voyage réelle a débuté avec Singapore Airlines en décembre dernier. Un nombre croissant de compagnies aériennes confirment leur intention de l’utiliser, y compris l’IAG [British Airways et Iberia, essai en cours]. Emirates, Etihad Airways et Qatar Airways le testeront dans les mois à venir.

Et qui en finance le développement ?

Les passagers pourront télécharger et utiliser gratuitement l’application, qui devrait être lancée fin mars. Nous visons par ailleurs à la rendre la plus économique possible pour les compagnies aériennes.

D’autres entités développent actuellement leurs propres applications. Une seule approche globale ne serait-elle pas plus avantageuse pour tous ?

La Travel Pass est conçue dans des modules utilisant des normes ouvertes afin qu’elle puisse fonctionner avec d’autres solutions en cours de développement. Cela dit, l’IATA apporte une expérience unique dans des domaines clés. En ce qui concerne la gestion des conditions d’entrée, la Travel Pass utilise l’expertise de notre outil Timatic existant, qui a aidé les compagnies aériennes à faire en sorte que les documents de voyage de 700 millions de voyageurs satisfassent aux exigences d’entrée des destinations, en 2019.

L’IATA travaille aussi sur les technologies d’identification numérique depuis un certain temps. Une application de voyage sans contact existe déjà à cet effet. Avec quelques modifications, elle est bien adaptée pour aider les voyageurs à gérer leurs tests ou certificats de vaccination numériques.

Parce que l’IATA a accrédité des agents de voyages et de fret dans le monde entier depuis des décennies, cette expérience se révélera précieuse dans l’accréditation des laboratoires et des centres de test [qui transmettront les certificats médicaux authentifiés directement à la Travel Pass]. Et puis, il y a la crédibilité de l’IATA en matière d’établissement de normes.

Nous créons un produit autonome, mais de façon telle que d’autres pourraient en utiliser des parties dans leur offre. Notre objectif est que les compagnies aériennes et leurs passagers aient le choix.