Architecture et nature pour mieux rêver 2021

Marie-Julie Gagnon Collaboration spéciale
La région de Charlevoix, où Territoire proposera un concept de camping axé sur l’authenticité et l’intimité.
Photo: Colin Cimon La région de Charlevoix, où Territoire proposera un concept de camping axé sur l’authenticité et l’intimité.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Et si l’architecture permettait de ramener les citadins vers la nature ? C’est le pari que font ces trois projets, chacun à leur manière, tout en respectant l’environnement.


Territoire Charlevoix

« Villégiature sauvage ». Voilà comment se définit Territoire, qui prévoit d’accueillir ses premiers visiteurs dès l’automne 2021 dans la région de Charlevoix. Piloté par Yannick Cimon-Mattar, entrepreneur originaire de Québec, Territoire est né du désir de revenir à l’essentiel et du plaisir qu’il éprouve chaque fois qu’il se retrouve sur ses terres à bois. « On a toujours quelque chose à faire, dit-il, mais ce n’est jamais stressant. Il n’y a rien qui fasse monter le rythme cardiaque pour de mauvaises raisons. »

Directeur général et coactionnaire de l’entreprise Lepointdevente.com, le fondateur souhaite proposer une expérience axée sur l’authenticité et l’intimité. « Ce que je veux créer, c’est un environnement à l’esthétique bien pensé, mais qui reste rustique. Ce n’est pas un séjour tout compris entouré de quelques arbres : c’est une aventure rustique dans un environnement agréable. »

Pas question que les visiteurs se retrouvent cordés dans un même secteur ou dans des hébergements insolites. « Les gens seront dispersés à la grandeur de nos 600 acres », assure-t-il.

En plus de cinq refuges conçus par l’atelier L’Abri, le site proposera une formule prêt-à-camper et du camping. « Les emplacements sont spectaculaires, à flanc de montagne, avec une vue magnifique sur l’arrière-pays de Charlevoix. » Il ajoute, avant d’éclater de rire : « Même notre shed à bois est design, avec une vue ! »

Les réservations pourront être effectuées à compter de mars 2021.


Beside Cabins

Voilà le projet auquel rêvent tous les artistes amoureux de la nature sans pour autant ressentir l’appel du « plein air extrême ». Érigés dans Lanaudière, à une heure de Montréal, les 75 microchalets de Beside Cabins se trouveront dans une forêt protégée de 1254 acres. « Beside ne sera pas un lieu de villégiature, explique Jean-Daniel Petit, président et cofondateur de Beside, qui édite aussi le magazine semestriel du même nom. Nous pourrons y faire de l’escalade, pêcher, marcher dans les sentiers et faire du canot, mais la vocation première est culturelle. Il y aura notamment des résidences d’artistes. » Quatre modèles d’une à trois chambres ont été imaginés par Appareil architecture. Bien que les chalets aient été vendus à différents propriétaires, la location sera assurée par Beside dès l’été prochain. « Nous deviendrons une destination architecturale. »

Chaque chalet sera facilement accessible en voiture, mais une fois sur place, son utilisation sera réduite. « Il y aura un studio de musique et deux bibliothèques cachés en forêt, ainsi qu’une maison longue, à mi-chemin entre un café, un espace de travail partagé et un hall de réception d’hôtel, explique M. Petit. L’automne, il sera par exemple possible de suivre des cours de mycologie et de cuisiner ensuite sur le feu. Comme il y a 27 000 érables à sucre, les gens pourront aller chercher eux-mêmes l’eau d’érable au printemps et la faire bouillir. Nous proposons un retour aux sources, mais très accessible. »

Photo: Eliane Cadieux L'un des 75 microchalets de Beside Cabins, dans Lanaudière

Épurés, les chalets sont aussi conçus de manière durable. « Nous nous sommes inspirés des Westfalia. Tout est intégré. Il n’y a pas de salle à manger : tout se passe dans l’îlot. Nous avons imaginé de petits espaces, mais plus optimaux. Nous voulons que les gens aillent dehors. »

Un voyage en Finlande a également influencé les créateurs. Chacun des chalets sera par exemple équipé d’un sauna. Et d’Internet ? « Nous serons l’une des premières destinations en forêt à avoir la fibre optique. »

Pour Jean-Daniel Petit, la culture est le meilleur moyen de rapprocher l’humain de la nature. « Au Québec, on tient pour acquis que tout le monde aime le camping, mais c’est faux ! Des gens ont peur de la forêt, certains n’aiment pas les moustiques… C’est correct si ton lien avec la nature est de t’asseoir dans un beau chalet, devant une fenêtre qui est un tableau vivant. »

Au moment où ses lignes étaient rédigées, six chalets étaient en construction, et un était terminé. Vingt-cinq seront érigés l’été prochain.


Microlofts d’inspiration scandinave

À La Conception, à une dizaine de minutes de Mont-Tremblant, dans les Laurentides, les microlofts Chic Shack piquent la curiosité depuis le début du projet en 2015. Lancé par Daniel Bigras, maraîcher et actionnaire des restaurants Le Shack et La Forge, ce qu’il définit comme son projet de retraite connaît un succès fulgurant, particulièrement depuis le début de la pandémie.

Résolument contemporains, les chalets sont construits selon les indications des propriétaires. « Les gens peuvent arriver avec leur propre design, mais nous avons un droit de regard sur les plans, histoire de garder une certaine homogénéité. »

« Nous vendons un style de vie très scandinave, poursuit-il. Je voyage beaucoup en Europe et je fais beaucoup de ski de fond. Je voulais que les gens aient accès à une piste de ski de fond près de chez eux. »

Environ la moitié des 55 microlofts déjà construits sont offerts pour la location. C’est le cas de la superbe Hinterhouse, repérée par des publications prestigieuses comme Dwell, et de Olch Cabin. D’autres microlofts personnalisés par leurs propriétaires s’ajouteront d’ici la fin de l’année, dont Trähaus, Dröm Cabin, Kabin Haus et LD Cabin Co. À la différence des futurs chalets de Beside, il n’est cependant pas possible de retrouver toutes les propriétés à louer sur un même site ou une même application. S’abonner à leurs comptes Instagram reste sans doute la meilleure manière de suivre leur évolution.

Chic Shack souhaite poursuivre le développement de ses 1200 acres, tout en proposant un milieu de vie en phase avec l’époque. « Je me suis associé à WeLink et nous avons créé notre propre compagnie pour rentrer la fibre optique, avec Bell », lance M.Bigras. Qui a dit que nature et technologie ne faisaient pas bon ménage ?