Québec donne son feu vert pour du plein air sécuritaire en zone rouge

Nathalie Schneider Collaboration spéciale
Le parc régional des Appalaches, dans la région de la Chaudière-Appalaches
Photo: Daniel Thibault Le parc régional des Appalaches, dans la région de la Chaudière-Appalaches

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Notre gouvernement l’a annoncé cette semaine : cet hiver, on pourra pratiquer nos activités de plein air en petits groupes. Et les activités guidées, interrompues pendant des mois, pourront reprendre, même en zone rouge.

Le 15 décembre dernier, durant le point de presse de monsieur Legault, le milieu du plein air a repris son souffle. Dire que les pourvoyeurs en tourisme d’aventure étaient heureux de cette annonce est un euphémisme. Ils revivent, littéralement. Les activités encadrées en traîneau à chiens, en escalade de glace ou en ski hors-piste pourront être pratiquées, du 17 décembre au 11 janvier, en groupe de huit personnes maximum et sous l’encadrement d’un guide. Et il ne sera pas nécessaire que ces huit personnes soient les membres d’une seule bulle familiale. Bref : durant les Fêtes, nous pourrons faire de la raquette ou du ski de fond avec nos amis et partir en randonnée guidée. Tout en respectant les règles sanitaires de rigueur.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a rappelé en novembre dernier : « La COVID-19 n’est pas une excuse, il faut bouger. »

Notre santé physique et mentale a tout à gagner à voir l’industrie québécoise du plein air nous inviter à marcher, à rouler, à grimper, et à intégrer de nouvelles aptitudes physiques. Certes, en ces temps plutôt troubles, poursuivre nos activités est et sera essentiel, d’autant plus que les salles de sport, elles, demeurent fermées jusqu’à nouvel ordre. C’est le temps de mettre plus de nature dans nos vies confinées.

Un milieu mobilisé

« Tous les membres d’Aventure Écotourisme Québec sont heureux, dit Magalie Bernard, chargée du dossier sanitaire lié aux entreprises en tourisme d’aventure et aux parcs régionaux, pour l’AEQ. Le mot “joie” n’est pas assez fort pour exprimer le sentiment de nos membres ! » La joie, mais aussi la reconnaissance à l’égard de cette association qui milite ardemment depuis des mois auprès du ministère du Tourisme et celui de l’Éducation et, également, auprès de l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ), pour faire autoriser les activités guidées. « Nous avons fait parvenir un argumentaire auprès de ces institutions gouvernementales, démontrant que les mesures sanitaires sont faciles à respecter quand on pratique des activités de plein air », ajoute Magalie Bernard. Faut-il rappeler que les acteurs du plein air sont sensibles au maintien de procédures et des experts en gestion des risques ?

Certes, cet été, aucune éclosion n’a été déplorée dans les entreprises de plein air, les professionnels du tourisme d’aventure étant, par définition, habitués à gérer les situations délicates. Et, de toute façon, même en pratique libre dans les parcs régionaux ou nationaux, les gens auraient continué à se rassembler dans les chalets d’accueil et dans les espaces sanitaires. Rappelons-le : c’est toute une industrie et des milliers de propriétaires, de gestionnaires et d’employés du milieu qui sont concernés par cette décision.

Question de sécurité

L’été dernier, on a vu une toute nouvelle clientèle se lancer à l’assaut des montagnes, des rivières et des sentiers — en y laissant, bien souvent, les traces visibles de leur passage. Leur manque d’expérience en plein air a causé de sérieux dommages sur le milieu naturel, notamment en zone fragile, comme sur la végétation sensible du sommet des montagnes. Sans parler des comportements à haut risque qui auraient pu engendrer de graves accidents, comme sur des rivières à rapides. Cette décision de permettre les activités guidées est donc une mesure proactive qui prévient bien des accidents et des situations malencontreuses. Sans guide, l’effervescence autour du ski hors-piste aurait pu amener des néophytes à se lancer dans des territoires avalancheux hautement risqués. Idem pour de nouveaux adeptes de la motoneige. C’était toute l’action menée par aventure Écotourisme Québec : avoir défini des recommandations pour que les mesures adoptées en zone rouge répondent à des préoccupations qui hantaient les acteurs concernés : fédérations et autres organismes sectoriels. Quand viendra le temps de réviser ces mesures, après le 11 janvier, nos dirigeants devront mettre aussi ces éléments sur la balance.

Le cas du ski alpin

Du côté des stations de ski, on se sent prêt à accueillir les visiteurs et on peut penser que les pistes seront populaires cet hiver : « Dès le début décembre, plus de 25 stations ont ouvert leurs portes », explique Josée Cusson, de l’Association des stations de ski du Québec. À la suite de l’annonce du gouvernement, les mesures restrictives qui s’imposent en zone rouge (une famille par télécabine, pas d’accès au chalet pour se changer) risquent de changer. Mais, au moment où ces lignes étaient écrites, rien n’était encore précisé, ni sur les cours de ski ni sur l’accès aux remontées mécaniques. À suivre donc.