Castors bricoleurs, loups hurleurs et tamarins-lions rieurs

Marie-Julie Gagnon Collaboration spéciale
L'un des tamarins-lions dorés du Biodôme de Montréal, qui rouvre ses portes après plus de deux ans de travaux
Photo: Claude Lafond L'un des tamarins-lions dorés du Biodôme de Montréal, qui rouvre ses portes après plus de deux ans de travaux

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Dans un monde où il vaut mieux tenir les humains à distance, les animaux ont quelque chose d’apaisant. Alors que le Biodôme de Montréal s’apprête à rouvrir ses portes, deux sites de l’Outaouais nous invitent à découvrir les bêtes autrement. Pile ou face de castor ?


 

Sur ma planche à pagaie je t’emmènerai

Déjà très populaire depuis quelques années, la planche à pagaie est sans contredit le sport nautique de l’été 2020. Du Saguenay à l’Outaouais, des entreprises de location m’ont raconté avoir tenté d’en acheter de nouvelles en cours de saison pour satisfaire à la demande, mais qu’il était devenu presque impossible d’en trouver. Au parc nature Éco-Odyssée, à Wakefield, le fondateur, Michel Leclair, a rapidement constaté que les quatre planches acquises en début de saison à la suite de la recommandation de ses enfants seraient insuffisantes. Il en a déniché deux autres afin de permettre à un plus grand nombre de visiteurs de parcourir le labyrinthe d’eau qu’il a imaginé il y a maintenant 13 ans en pagayant debout (« j’en ai vu plusieurs à genoux aussi », précise-t-il).

Photo: Parc nature Éco-Odyssée

Est-ce cet ajout qui a fait de 2020 sa meilleure saison depuis l’inauguration du parc, qu’il est aussi possible d’explorer en canot ou en pédalo ? M. Leclair croit surtout que les gens avaient particulièrement besoin de nature cet été. Et la nature, celui que l’équipe du documentaire The Nature of Things, avec David Suzuki, a surnommé « the Beaver Whisperer », il connaît.

Écouter ce spécialiste du castor raconter la genèse de son projet nous entraîne vers un monde fantastique. Agent de conservation de la faune, puis consultant pour le parc de la Gatineau, où il aide à gérer l’aménagement de l’habitat du rongeur,M. Leclair s’est inspiré de l’ingénieur à quatre pattes qu’il observait depuis 35 ans pour creuser des canaux sur cette terre agricole mal drainée achetée en 1997. L’aménagement du barrage des castors permet, depuis, de contrôler le niveau de l’eau du labyrinthe. « Il y a des façons de travailler contre la nature, avec la natureou de faire en sorte que la nature travaille pour nous, résume-t-il. Moi, j’ai placé le design, et les castors ont fait le reste. »

En plus de l’animal emblème du Canada, tortues, rats musqués et même une famille de loutres peuvent être observés par les visiteurs à l’œil bien aiguisé. En prime, la richesse de la biodiversité réduit passablement la durée de vie des moustiques et autres insectes piqueurs qui pourraient miner l’expérience du pagayeur du dimanche. « Avec la quantité de grenouilles, de libellules et de chauves-souris, il n’y en a pas », assure Michel Leclair.

Éco-Odyssée est ouvert tous les jours jusqu’au 7 septembre, puis les fins de semaine jusqu’à l’Action de grâce quand la température le permet.

Omega la nuit

Aussi en Outaouais, le parc Omega de Montebello propose depuis la fin de juillet la deuxième édition d’Omegala nuit, parcours nocturne maintenantadapté à la réalité « covidienne ». Le sentier pédestre illuminé de 1,5 kilomètre entraîne les visiteurs dans un univers enchanteur pendant environ 90 minutes. Grandes stars duparc, les loups gris peuvent également être observés au moment où ils sont le plus actifs. Avec un peu de chance, des cerfs de Virginie croiseront aussi votre route.

La distanciation physique de deux mètres est exigée, tout comme l’utilisation de savon désinfectant. Accessible quelques soirs par semaine jusqu’à la mi-octobre.

Traverser l’Amérique au Biodôme

Après plus de deux ans de travaux, le Biodôme de Montréal accueillera de nouveau les visiteurs dès le 31 août. On nous promet « une expérience renouvelée, multisensorielle et plus immersive à travers les cinq écosystèmes des Amériques », en plus d’une architecture grandiose.

Finis les panneaux d’interprétation : une nouvelle application mobile permettra de mieux comprendre les écosystèmes. Il sera de plus nécessaire de sélectionner une heure fixe de visite au moment de l’achat des billets et de porter un couvre-visage.

Avec son nouveau tunnel et sonmur de glace, l’écosystème des régions subpolaires intrigue particulièrement. N’empêche, ne me cherchez pas cet hiver : je prévois de m’offrir quelques voyages dans la forêt tropicale humide avec les tamarins-lions dorés et les paresseux à deux doigts.

À surveiller

• Un coeur nomade à Montréal : personne ne parle de voyage et d’exil comme Dany Laferrière. Jusqu’au 1er novembre, le Quartier des spectacles retrace la vie de l’écrivain qui célèbre ses 35 ans de carrière à travers une exposition inspirée de ses trois livres graphiques.

• La nature nous habite : présentée par la Ville de Québec à la villa Bagatelle jusqu’au 13 décembre, cette exposition s’intéresse au lien entre la nature et les humains à travers une soixantaine d’oeuvres d’artistes renommés, dont Marcelle Ferron, Alfred Pellan et Marc Séguin.

Forfaits à moto à Québec et dans Charlevoix : en partenariat avec Adrénaline Sports, Groupe Voyages Québec et les hôtels Fairmont Le Château Frontenac et Le Manoir Richelieu proposent de sillonner ces régions en Can-Am Spyder, en plus de Tadoussac, grâce à de nouveaux forfaits offerts jusqu’au 31 octobre.