Pour des lendemains plus verts et vertueux

Carolyne Parent Collaboration spéciale
Une expérience de safari écoresponsable dans une concession privée du parc national Kruger, en Afrique du Sud, avec Voyageurs du Monde Canada
Photo: Tinga Lodge Lion Sands Reserve Une expérience de safari écoresponsable dans une concession privée du parc national Kruger, en Afrique du Sud, avec Voyageurs du Monde Canada

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Fondée en France il y a 40 ans, Voyageurs du Monde est une agence spécialisée dans la création de circuits autonomes haut de gamme, sur mesure. Implantée en Belgique, en Suisse et chez nous, à Montréal et à Québec, l’agence répond aux envies d’ailleurs de quelque 50 000 voyageurs annuellement. Engagée dans la promotion du voyage respectueux de l’environnement naturel et humain, elle est membre de l’association française Agir pour un tourisme responsable depuis 2007. De sa finca (ferme) espagnole, son président-directeur général, Jean-François Rial, partage avec nous sa vision de ce que pourrait être le tourisme de demain.


 

En temps de crise, on se prend toujours à rêver de pouvoir créer un monde meilleur. Parce que la COVID-19 a d’abord été propagée en partie par le tourisme de masse, parce que la pandémie sur vient au moment où, juste ment, tout un chacun commençait à admettre les méfaits du sur tourisme, cette forme de tourisme est-elle appelée à disparaître ?

 

À court terme, je ne crois pas, car comme dans tous les secteurs, les États et les agents économiques vont privilégier la reprise économique. Mais à moyen et à long termes, je prédis un avenir sombre au tourisme de masse, qui va souffrir des coûts écologiques de son activité et d’un refus de plus en plus croissant de cette activité par les populations locales. Par ailleurs, on peut faire du tourisme populaire accessible sans bétonnage massif et dérangement constant des « locaux » !

Qu’est-ce qui fera souffrir le tourisme de masse précisément ?

Trois choses le tueront à terme. D’abord, le refus des clients de tous faire la même chose. Donc, exit les grandes structures. Ensuite, le ras-le-bol des habitants. Et enfin, les « taxes écologiques ».

Parlons de ces taxes… Voyageurs du Monde vend des voyages 100 % carboneutres depuis deux ans. C’est-à-dire que vous compensez les émissions de CO2 des déplacements aériens et terrestres de vos clients. Voilà le principe de l’utilisateur-payeur, appliqué au secteur touristique. Comment pourrait-on aller plus loin dans la réparation des effets négatifs du tourisme ?

Ce qui est appliqué au carbone — l’absorption concrète et physique des émissions — pourrait être étendu à la gestion de l’eau, à la gestion des déchets et au respect de la biodiversité, soit par des interdictions, des taxes ou un mélange des deux. Cela pourrait même être appliqué à tous les secteurs, et pas seulement au tourisme, en substituant aux taxes actuelles contre-productives sur le plan économique des « taxes écologiques ». Ainsi, on n’augmenterait pas la pression fiscale globale et les agents économiques deviendraient plus vertueux sur le plan environnemental.

On éliminerait donc les taxes à la consommation pour les remplacer par des taxes à la pollution ou au gaspillage… Sur le plan de la gestion de l’eau, par exemple, comment fonctionnerait une telle taxe ?

Selon la région concernée et les disponibilités en eau, vous donnez un quota par personne et au-delà, une taxe lourde est prélevée, voire le robinet est fermé !

Tant qu’un vaccin ou un remède à la COVID-19 n’aura pas été trouvé, on peut présumer d’une augmentation substantielle du coût des voyages pour cause de distanciation des passagers à borddes moyens de transport, d’une occupation hôtelière réduite, etc. Une autre conséquence de la pandémie pourrait-elle être que le voyage redevienne le privilège des riches ?

Ce n’est pas certain… Les opérateurs touristiques se trouvent dans une situation paradoxale, à la fois poussés à la hausse tarifaire à cause de ces contraintes, mais aussi à la baisse, faute d’avoir assez de clients. On le voit cet été, dans ce début de reprise : certains produits sont très peu chers et d’autres, au contraire, sont hors de prix. Mais vous savez, l’envie de voyages, de découvertes, de rencontres est inhérente à la nature humaine, et elle finira par dominer la COVID-19.

Pour repenser le prochain voyage

En attendant de pouvoir fouler d’autres sols, voici quelques lectures pour vous aider à planifier, de façon écoresponsable, votre prochain voyage.

 

Le Guide Tao Monde : 1 000 idées et adresses pour voyager engagé

Lauréat 2020 des Palmes du tourisme durable dans la catégorie « Information et formation », ce guide se veut un outil pour voyager autrement et vivre des expériences insolites et durables. Il propose une panoplie d’astuces pour voyager zéro déchet, se déplacer autrement, se loger différemment, pratiquer le volontariat, partir à la rencontre des habitants, découvrir la nature en la préservant, etc. Plus de 1 000 adresses d’hébergement, de restaurants, d’activités et de boutiques engagés dans 50 pays y sont notamment répertoriées, ainsi que quelque 150 séjours organisés par des agences dans le respect des gens locaux et de l’environnement. Une lecture concrète et pratique pour repenser et planifier le prochain voyage. Offert en version papier et numérique.

   

Voyages de rêve en train : 50 itinéraires autour du monde

Quoi de mieux que le train pour découvrir des paysages autrement inaccessibles, rencontrer facilement les gens du pays, ralentir le rythme et éviter le stress de la conduite. Rédigé par des passionnées de périples ferroviaires, ce nouvel album de la collection « Itinéraires de rêve » des Guides Ulysse propose des circuits très variés allant de quelques jours à plusieurs semaines. Visite du Japon à bord du Shinkansen, circuits dans les Rocheuses canadiennes, parcours mythiques comme ceux de l’Orient-Express ou du Transsibérien, trains de légende comme le Blue Train en Afrique du Sud et le Palace on Wheels au Rajasthan... les sources d’inspiration - et les superbes photos - sont nombreuses. Disponible en librairie le 1er septembre.