Prendre la route. . . de gravelle

Charles-Édouard Carrier Collaboration spéciale
Le chemin Stagecoach, dans les Cantons-de-l'Est
Photo: Simon Diotte Le chemin Stagecoach, dans les Cantons-de-l'Est

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Explorer de nouveaux endroits. Respirer du grand air. Éviter la congestion des centres urbains et des pistes cyclables. Pour les adeptes du gravel bike, l’aventure commence là où la route s’arrête..

Léger. Durable. Avec une silhouette de vélo de route, mais des pneus plus larges, le vélo de gravelle promet une stabilité incomparable sur des routes secondaires, des terrains en terre battue, en pierre ou de surface mixe, sans sacrifier la position de pilotage. On le choisit principalement pour assouvir sa soif de l’aventure et s’éloigner des voitures. « Un quart de ma clientèle de vélo de route est susceptible de changer de vélo. De ce que j’observe ici, la plupart des cyclistes ont dans la mire un gravel bike dans les prochains mois », explique le conseiller Phil Marceau de Cycle Néron.

Valérie Audet fait partie de ces nouveaux convertis.

Avec une dizaine d’années de vélos de route derrière elle et de fréquents voyages dans le nord des États-Unis, cette résidente de Québec n’aurait pas cru qu’elle finirait un jour par délaisser le pédalier. « Même si au New Hampshire ou au Vermont, il n’y a pas de problème avec le partage de la route, le 1 mètre et demi de dégagement qu’on demande aux automobilistes du Québec est difficile à respecter. J’avais l’impression de me mettre en danger », confie Valérie Audet, nouvellement convertie au gravel bike.

Son conjoint et elle ont vendu leurs vélos de route pour se procurer des gravel bike, une véritable révélation. Ensemble, ils circulent sur des circuits moins achalandés, découvrent l’arrière-pays. « Mon besoin, c’est forcer, c’est me dépenser, fait-elle valoir. Le sport que je viens de découvrir rassemble tous les aspects du vélo qui étaient importants pour moi. Je peux même en profiter pour faire de la photo en cours de route. »

Partager des secrets de gravier

On sent presque l’air frais des Basses-Laurentides lorsqu’on converse avec lui ; joint par téléphone au lendemain d’une sortie de 70 kilomètres avec 1000 mètres de dénivelé le long de la rivière Rouge, le montréalais Francois R. Derbas Thibodeau est quant à lui convaincu qu’il ne s’agit pas d’une mode passagère. « Je crois fondamentalement qu’il s’agit plutôt de l’émancipation des catégories dans le monde du cyclisme, dit-il. Ce n’est plus que le vélo de route, ou le vélo de montagne, ça va au-delà de ça. On voit de nouvelles pratiques émerger, de nouveaux réseaux se mettre en place et de nouveaux canaux sociaux se créer. » Il y voit un gage de longévité.

Et le groupe Facebook qu’il a créé il y a deux ans confirme cette tendance. MTL Gravelle et vélo d’aventure, qui compte plus de 1300 membres, a connu une croissance marquée depuis les mesures mises en place à la suite de la pandémie au printemps dernier. « Le vélo était une des seules choses [qu’il était] possible de faire à l’extérieur pour rester en santé, qui était à la fois accessible et sécuritaire, » remarque l’adepte de gravel bike.

Le mur de la page Facebook MTL Gravelle et vélo d’aventure est tapissé de photos de paysages bucoliques, de sentiers en nature, de lac à l’eau claire et de coucher de soleil. On y partage aussi des circuits, des activités de groupe et on y fait la promotion d’événements tels que les mercredis « Ceci n’est pas un club : gravelle urbaine pour tou.te.s » organisés par le groupe Facebook. Une fois par semaine, les sportifs, expérimentés ou non, se donnent rendez-vous à la boutique Maglia Rosa, où on peut louer sa monture pour s’initier au sport. Esprit de camaraderie et promesse de voir la ville d’un tout autre œil.

Conseils d’expert

Sur son site Web, le fabricant de vélo Trek donne 5 conseils pour profiter pleinement de l’aventure sur des routes de gravier.

Regardez toujours devant vous

 

Sortir des sentiers battus signifie aussi que les chemins peuvent être plus accidentés. Pour cette raison, on mise sur un champ de vision haut et large pour bien voir les obstacles.    

Emportez beaucoup d’eau

Puisqu’on circule hors route, l’accès au ravitaillement peut être plus limité. En utilisant les supports de fixation sur le cadre du vélo, on maximise la quantité d’eau emportée pour maintenir une hydratation adéquate tout au long de la randonnée.    

Restez détendu

 

La clé pour ne pas se fatiguer outre mesure lorsqu’on explore des sentiers de gravier, c’est de ne pas lutter contre les vibrations et de les absorber. Pour y arriver, la clé est de relâcher ses muscles et de rester détendu.    

Restez en selle, même dans les pentes les plus escarpées

L’euphorie que procure une accélération en pédalant en position relevée sur un vélo, c’est une chose lorsqu’on circule sur l’asphalte. Toutefois, sur un terrain imparfait, l’adhérence est réduite. Le poids du corps adéquatement réparti sur la monture, lorsqu’on est bien en selle, vient contrer ce manque d’adhérence.    

Inscrivez-vous à un événement sur gravier

L’intérêt pour le vélo sur gravier ne cesse d’augmenter. Face à cette hausse de popularité, le nombre d’événements, de courses et de clubs se multiplie lui aussi. Pratiquer ce sport en groupe permet de partager de nouvelles routes et de faire de chaque sortie une occasion de découvrir de nouveaux sentiers, de nouveaux paysages, de nouvelles aventures.

Quelques outils

• Ride with GPS 
• Maps.me
• Avenza 
• Strava 
• Komoot