Destination douceur

Carolyne Parent Collaboration spéciale
Observer des animaux est une activité apaisante, car elle stimulerait  la production de l’ocytocyne, hormone de l’attachement.
Carolyne Parent Observer des animaux est une activité apaisante, car elle stimulerait la production de l’ocytocyne, hormone de l’attachement.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

En tout temps — et peut-être aujourd’hui plus que jamais —, mère Nature se fait réconfortante. Mais pourquoi donc ?

Les Japonais ont leur shinrin-yoku ou « bain forestier ». Les Scandinaves ont leur friluftsliv, une philosophie de vie basée sur la connexion spirituelle de l’être humain à la nature. Ceux qui vont pieds nus, eux, ont l’earthing, pour se connecter à l’énergie terrestre, à ses vertus supposément curatives. Pas de doute, la nature nous veut du bien !

Certains croient notamment qu’ions négatifs, zenitude de l’altitude et ocytocine pourraient être à l’origine des effets bienfaisants que l’on ressent lorsque l’on s’attarde au bord d’un plan d’eau, au sommet d’une montagne ou auprès d’animaux. Le vivant réagissant à son environnement, bien connaître les interactions en cause permet de profiter au mieux de la nature en allant à la source du bien-être. Un beau programme pour retrouver un peu de calme en ces temps angoissants.

Chers ions…

C’est au nom des ions négatifs, apparemment très positifs pour notre santé, que le fiancé granola m’incitait à pratiquer mon tai-chi devant le lac. Ça m’avait bien fait rigoler… sauf qu’il avait raison. Selon le Dr Hervé Robert, auteur d’Ionisation, santé, vitalité : les bienfaits des ions négatifs (Éditions du Dauphin, 2008), nous respirons tout naturellement les ions négatifs à la mer et à la montagne, tandis que les ions positifs, eux, sont émis par la pollution. Les premiers nous dynamisent ; les seconds nous empoisonnent. Et ce serait sur une mer agitée ou au bord de chutes qu’on inhalerait le plus d’ions bienfaisants en raison de l’effet Lenard, un phénomène étudié par le physicien allemand Philipp Lenard selon lequel la collision des gouttelettes d’eau produit de l’électricité chargée négativement.

Destination… la chute Montmorency (plus haute, en passant, que celles du Niagara). Le secteur du bas du parc est fermé pour la saison, mais les sentiers du sommet, y compris l’escalier panoramique, demeurent accessibles. On a envie de mer ? Cap sur les îles de la Madeleine, archipel balayé par le vent, créateur de vagues. Le saviez-vous ? Voyages Gendron a concocté des forfaits aux Îles, incluant le transport en avion avec Air Canada. 

Drogué à l’O

En doutions-nous ? S’entourer d’arbres nous est bénéfique. Une étude de deux chercheurs australiens publiée dans le Journal of the American Medical Association en juillet 2019 et menée auprès de quelque 47 000 participants a révélé que ceux qui vivaient dans un environnement couvert d’au moins 30 % d’arbres présentaient un risque de détresse psychologique 31 % moins grand que ceux dont l’environnement était essentiellement constitué d’autres végétaux (arbustes, pelouses). Par ailleurs, il y a belle lurette que les Japonais croient dur comme fer aux vertus immunitaires de certaines substances volatiles (les phytoncides) que libèrent les arbres.

Destination… la montagne et on y campe. Certains samedis, jusqu’en octobre, on peut planter sa tente au sommet du mont Ham. À 713 mètres d’altitude, on regardera de haut les Cantons-de-l’Est et on en profitera pour s’activer sur la vingtaine de kilomètres de sentiers qui sillonnent ce territoire abénaquis. Plus haut sommet des Laurentides, le mont Tremblant est pour sa part zébré de 11 sentiers de randonnée longs d’un à 11 kilomètres et à Mont-Tremblant, le Domaine Saint-Bernard nous convie à explorer ses 30 kilomètres de pistes boisées.

L’hormone de l’attachement

C’est à l’hôtel The Mirage, à Las Vegas, que j’ai entendu parler de l’ocytocine pour la première fois. Dans une pièce vitrée donnant sur un bassin où évoluaient des dauphins, je prenais part à un cours de yoga. Le professeur nous avait alors expliqué que la présence de ces mammifères marins stimulait chez nous la production de l’hormone dite de l’attachement. Responsable de la création de liens affectifs, l’ocytocine serait à l’origine du sentiment d’apaisement qu’on ressent en observant ou en caressant des animaux. Fadaise las vegassienne que tout ça ? Pas du tout : la zoothérapie reconnaît que l’animal peut procurer un bien-être psychologique aux patients. L’Institut universitaire en santé mentale Douglas utilise notamment la médiation animale depuis 35 ans.

Destination… le Zoo de Granby, qui a de nouveaux pensionnaires : Louis et Kuchimba, deux gorilles des plaines ouest-africaines. On voudra aussi observer ces pitres de macaques japonais et ces amuseurs publics naturels que sont les wallabies, d’adorables petits kangourous. Une autre option est la ferme d’interprétation. À Saint-Eustache, de la pouponnière au champ, Nid’Otruche nous familiarise avec le bel oiseau.