Québec, plan B touristique du Canada anglais?

Certains visiteurs se montraient étonnés par le nombre de lieux fermés et la quantité des activités n’ayant plus lieu.
Photo: iStock Certains visiteurs se montraient étonnés par le nombre de lieux fermés et la quantité des activités n’ayant plus lieu.

Au Canada anglais, de nombreuses familles dont les projets de voyages en Europe ou ailleurs ont été freinés par le coronavirus se sont repliés, ces derniers jours, vers la ville de Québec, a pu constater Le Devoir.

« La semaine dernière, on avait des Américains mais aujourd’hui, j’ai juste des gens du Canada anglais », a raconté une caléchière croisée à proximité du Parlement, lundi après-midi. Dans sa calèche, une grand-mère et ses petits enfants venus de l’Ontario faisait un tour de ville de la capitale à défaut d’avoir pu se rendre plus loin.

Cinq minutes plus tôt, Le Devoir avait croisé une autre famille ontarienne. « Nous sommes arrivés à Québec il y a deux heures. Nous sommes venus en voiture à partir de Toronto », a expliqué un père de famille croisé rue Saint-Louis en compagnie de sa femme et de leurs trois adolescents. « Nous étions supposés faire un voyage en Europe mais à cause du coronavirus, nous avons décidé de venir ici au lieu de rester à la maison », a expliqué le père en anglais.

Comme les autres touristes croisés dans la vieille ville, l’homme s’est plié de bonne grâce aux questions malgré le caractère en apparence impoli de la demande d’entrevue. « Accepteriez-vous de répondre à mes questions mais en gardant un mètre de distance s’il vous plait ? »

Croisé devant l’hôtel de ville, Cuong Lee de London (Ontario) tenait le même discours. « J’avais acheté des billets pour la Floride pour moi et ma fille. Mais à cause de l’éclosion du virus, nous avons décidé de rester au Canada. »

Or certains visiteurs se montraient étonnés par le nombre de lieux fermés et la quantité des activités n’ayant plus lieu. « C’est vraiment pris au sérieux ici », a constaté Dimitri, de Halifax qui est arrivé à Québec lundi. Employé dans un CPE à Halifax, il avait prévu, de toute façon, de venir à Québec pour sa semaine de congé avant l’éclosion de la pandémie.

Or le calme qui règne dans la ville l’a un peu pris au dépourvu. « Ce n’est pas aussi animé que je le pensais. Je ne pensais pas que ce serait à ce point-là. Les bars, les musées sont fermés. » Malgré tout, il compte rester pour la semaine. « J’étais venu pour me changer les idées donc même si c’est moins animé que je le pensais, je vais rester jusqu’au bout. »

« Tout est fermé. Le Parlement, les magasins… », se désolait une dame croisée à quelques mètres de là en compagnie de deux amis. Débarqués deux jours plus tôt, le couple était venu de Floride visiter une amie étudiante d’origine brésilienne à l’Université Laval.

« Identifier » les touristes internationaux

À l’Office du tourisme, on n’avait pas d’informations précise sur la clientèle récente en provenance du reste du Canada. « Ce qu’on sait, c’est que les hôtels se sont beaucoup vidés », a réagi le directeur des communications, Éric Bilodeau qui voyait dans ce phénomène une rare bonne nouvelle.

À l’heure actuelle, le taux d’occupation dans les hôtels à Québec oscille en effet entre 5 et 15 % et plusieurs établissements ont dû fermer et faire des mises à pied temporaires.

L’Office du tourisme a par ailleurs émis un communiqué mardi pour inviter les hôteliers ayant toujours des clients internationaux à « les identifier et à les informer de l’importance des normes d’hygiène en vigueur mises en place par les autorités de la Direction de la santé publique ».

Mardi, la réceptionniste d’un hôtel en haute-ville joint par Le Devoir, a signalé qu’un groupe de Français était attendu dans son établissement en soirée.