Auckland ou le goût de l’eau

La plage Piha
Photo: Carolyne Parent La plage Piha

En arrivant à Auckland via la State Highway 1 en provenant du nord, je ne peux réprimer un « waouh » bien senti. Devant moi, le Pacifique Sud déroule son pré mouvant jusqu’au bouquet de tours du centre-ville. Des voiliers s’y balancent. L’air fleure bon l’iode. Oh, comme Waitemata (« eau étincelante » en langue maorie) et moi allons bien nous entendre !

Principal centre urbain de l’île du Nord, Auckland abrite environ le tiers des 4,8 millions de Kiwis et compte plus de voiliers par habitant que toute autre ville du monde.

« Alors que l’île du Sud est réputée pour ses activités d’aventure en pleine nature, celle du Nord l’est pour toutes les activités liées à la mer », précise Diane Clayton, porte-parole de Tourism New Zealand, qui me pilote au pays.

Les amateurs de baignade, de pêche, de surf, de kitesurf, de kayak et autres régates y sont donc à la bonne enseigne. La dernière course de l’America’s Cup World Series se tiendra d’ailleurs dans la « Cité des voiles » en décembre prochain tandis que ladite Coupe sera disputée en mars 2021.

Forgée par une mer, un océan et une cinquantaine de volcans, Auckland se compose de quartiers-villages pentus, d’où les flots ne sont jamais très loin. Au centre-ville, sens dessus dessous ici aussi, car on y construit une liaison ferroviaire souterraine, il y a Britomart, un secteur qui se veut un concentré de ce que la ville a de meilleur à offrir sur les plans de l'art culinaire et de la mode.

Il y a Parnell, bourgeois et édouardien. Y loge le magnifique musée d’Auckland, consacré aux peuples du Pacifique, au cœur d’un immense parc commémorant la Grande Guerre.

Il y a Ponsonby, hipster et victorien, qui rappelle Paddington, à Sydney, en Australie : de jeunes entrepreneurs créatifs y prennent les commandes de boutiques, pubs et restaurants dans l’air du temps.

Sorties côté golfe

Au départ du quartier des affaires, un trajet de 10 minutes en ferry dans le golfe de Hauraki mène à Devonport, une banlieue pittoresco-bobo. C’est dans ses rues bordées de maisonnettes fleuries à dentelles de bois qu’a grandi la chanteuse et phénomène pop Lorde.

Photo: Tourism New Zealand Auckland et sa Sky Tower, vues de Devonport, la banlieue où a grandi la chanteuse Lorde

Au terme d’une navigation de 25 minutes, le traversier dépose les randonneurs dans l’île de Rangitoto, le plus jeune des volcans d’Auckland, renommé pour ses cavernes de lave. Les amateurs de bon vin navigueront plutôt 45 minutes jusqu’à Waiheke, sorte d’île d’Orléans des antipodes, plages de rêve en prime.

Oh, bienheureux sont ces 2000 insulaires ! Imaginez : des collines rayées de vignes, des hameaux décontractés, des villas de verre tournées vers l’océan, et toute une vie à l’ombre des embruns…

Avec Waiheke Island Wine Tours, on s’arrête dans 3 des 35 vignobles de cet éden. Chez Kennedy Point, on déguste un vin de pinot gris bien frais à l’ombre d’un pohutukawa géant, surnommé l’arbre de Noël, vu les fleurs rouges dont il s’habille pour les fêtes. On savoure ensuite un montepulciano sous la tonnelle chez Obsidian.

Photo: Carolyne Parent Le vignoble Casita Miro, dans l'île de Waiheke

À l’approche des vendanges, qui auront lieu sous peu, les vignes sont couvertes de blancs filets pour protéger les raisins des oiseaux. On pourrait d’ailleurs croire un instant que le vigneron y a plutôt étendu une brassée de marcels immaculés !

Puis place aux bons vins de syrah de la Casita Miro, où on se régale de tapas d’agneau à l’heure du lunch. Avant de regagner le port et le ferry, on s’arrête à Onetangi, un superbe village balnéaire où je me serais bien volontiers incrustée.

Au-delà des montagnes

Muriwai et son importante colonie de fous de Bassan. Piha, paradis des surfeurs – le Corona Piha Pro Challenger Series y réunira la semaine prochaine les champions du monde. Karekare, que la cinéaste Jane Campion a immortalisé dans la scène d’ouverture de La leçon de piano

À 45 minutes de route à l’ouest d’Auckland, par-delà les Waitakere Ranges, on découvre une côte festonnée de plages sauvages que violente une mer de Tasman survoltée.

Ce jour-là, à Piha, le sauveteur n’a pas tardé à accourir lorsqu'une jeune intrépide s’est décidée à affronter les flots avec une demi-planche en styromousse. Sombres rochers, sable noir, mer vert acide, fracas des vagues : waouh (bis) !

Guide chez Habitat Tours, Justin nous emmène faire une randonnée du côté du parc régional des Waitakere Ranges, au cœur d’une forêt de kauris, l’arbre sacré des Maoris.

Oui, c’est du joli, mais disons que Lothlórien, la forêt de Tolkien en terre du Milieu, repérée dans les parages de Glenorchy, dans l’île du Sud, a mis la barre haut.

Et puis, moi, Justin, j’ai envie d’eau… C’est alors qu’il nous dévoile sa surprise : Kitekite, une spectaculaire chute à trois niveaux.

Une ville aux multiples ambiances, la culture polynésienne, une douceur de vivre et la mer, partout : voilà autant de bonnes raisons de séjourner à Auckland.

Enrichir son mana – son esprit, pour les Maoris – en est assurément une autre.

Carolyne Parent était l’invitée de Tourism New Zealand.

Le bon plan gourmand

On file sur l’ultra appétissant marché fermier de Matakana, un charmant village situé à 65 kilomètres au nord d’Auckland. On y fait provision de fromage, de vin et d’une spécialité locale, l’omelette de blanchaille (petits poissons blancs utilisés comme appâts) servie sur du bon pain, puis on va pique-niquer avec les Kiwis sur la plage d’Anchor Bay, au parc régional de Tawharanui.

Carnet de route

On s’envole avec Air Canada via Vancouver à bord de son fleuron, le Boeing 787-8 Dreamliner, jusqu’à la fin du mois. Le service reprendra le 10 décembre. Air New Zealand inaugurera ses envolées régulières sur Auckland le 29 octobre via Newark, aux États-Unis.


On dort au centre-ville, au Grand Windsor MGallery par Sofitel, un bijou d’hôtel-boutique Art déco de 79 chambres et suites, construit en 1928 et hyperromantique.
 

En famille, on choisira plutôt l’hôtel Cordis, un 5 étoiles chaleureux situé dans un quartier résidentiel, à mi-chemin entre Ponsonby et le centre-ville. Sa piscine, son spa et le prêt de vélos avec lesquels on peut aller jusqu’à la plage de Mission Bay sont appréciables.


On savoure la cuisine à base des denrées du bush, de la mer, des fjords, que concocte Tom Hishon, chef propriétaire d’Orphans Kitchen, à Ponsonby. Elle n’explore rien de moins que « les saveurs et l’identité nationales ».
 

On boit le pinot gris de Waiheke, le sauvignon blanc de Marlborough, le chardonnay de Hawke’s Bay et le pinot noir de Central Otago. On a une pensée pour un célébrissime Aucklandais qui, lui, a préféré l’Everest à l’océan : Sir Edmund Hillary.


On participe au festival Pasifika, les 14 et 15 mars. Il célèbre la culture des îles du Pacifique et ce, dans la plus grande ville polynésienne du monde.
 

On ne doit pas s’inquiéter outre mesure du coronavirus ; un seul cas a été enregistré au pays au moment d’écrire ces lignes. On s’informe sur ces sites: aucklandnz.com/visit, newzealand.com/ca, waihekeislandwinetours.co.nz, habitattours.co.nz et au fil des pages bien documentées de L’essentiel de la Nouvelle-Zélande (Lonely Planet, 2019).