Bon ski à Stowe!

Il y a des pentes pour tous  les calibres de skieurs  à Stowe.
Vail Resorts Il y a des pentes pour tous les calibres de skieurs à Stowe.

Près de 200 kilomètres vers le sud, et on y est. À Stowe. En territoire techniquement trumpien, mais en l’État, on ne le crie pas sur les toits. (Après tout, il n’y a pas si longtemps, un Vermont progressiste ne souhaitait-il pas faire sécession pour s’amalgamer au Québec ? !) En fait, dans ce village bucolique de 4000 habitants, qui a su préserver un cachet XIXe siècle, nous voilà plutôt un rien dépaysés. Walmart n’y a pas détrôné le magasin général et McDo n’a pas supplanté le Black Cap Café.

Quant à la Meeting House, ancien lieu de culte datant de 1818, elle est devenue le Vermont Ski & Snowboard Museum, qui rend hommage aux activités de montagne faisant vibrer cette localité six mois par an. Et au-delà.

Porte-parole de Vail Resorts (l’entreprise qui exploite le centre de ski), Jeff Wise rappelle que Stowe fut d’abord un centre de villégiature d’été avant d’en être un d’hiver. « Au milieu des années 1800, les carrioles empruntaient ce qui est aujourd’hui la piste Toll Road pour acheminer les touristes vers la Summit House ! »

Créé dans les années 1930, doté d’une première remontée (rope tow) en 1937, le centre de ski comprend deux montagnes des Green Mountains : Spruce Peak, qu’apprécient les skieurs et planchistes débutants et intermédiaires, et le mont Mansfield. Plus haut sommet vermontois (1340 m), il procure aux intermédiaires comme aux experts les frissons attendus.

Photo: Jesse Schloff Photography Des conditions de ski hors pair au mont Mansfield, panorama en prime.

Et pour cause, car quelle est la « marque de commerce » de cette montagne ? « Des dénivelés uniques, abrupts, qui nous défient ! » dit la monitrice de ski Tracy Webster, avec qui nous la découvrons. Les experts viennent d’ailleurs spécialement à Stowe pour skier sur les Front Four. « Ce sont Starr, Liftline, National et Goat, des pistes iconiques et, jusqu’à tout récemment, uniquement couvertes de neige naturelle, spécifie la compatriote Pascale Savard, qui vit à Stowe. Elles sont très à pic et étroites, avec d’excellents sous-bois plus ou moins ouverts. »

Un village familial

La beauté de ce centre de ski, c’est qu’il comprend aussi Spruce Peak, consacré aux familles. « Depuis 2000, on a pour but de faire de Stowe un centre familial, dit Jeff Wise. Et cela s’avère avec davantage d’infrastructures pensées pour les enfants à la base des montagnes. »

On y trouve notamment le récent Stowe Adventure Center, doté de programmes de ski et de planche pour les 3 ans et plus, d’un service de gardiennage, d’une paroi d’escalade et d’une cantine familiale.

Un autre objectif est d’offrir l’expérience de ski la plus exclusive qui soit, selon le porte-parole. Cela signifie le meilleur enneigement artificiel possible afin de prolonger la saison et le moins d’attente possible aux remontées.

Il faut dire que Vail Resorts, qui a fait l’acquisition du centre de ski en 2017, investit dans ses stations — à hauteur de 180 millions de dollars américains pour l’année 2019-2020.

Le portefeuille de domaines skiables de l’entreprise comprend également Whistler Blackcomb, en Colombie-Britannique, plusieurs stations parmi les plus renommées aux États-Unis et en Australie, ainsi que d’autres au Japon, dont elle est partenaire. Pour le skieur, cela signifie un choix de laissez-passer d’un ou de plusieurs jours ou encore de saison (Epic Pass) lui donnant accès à des monts sur un, deux ou trois continents.

Au Spruce Peak Village, on apprécie particulièrement le fait de ne pas se sentir dans un centre commercial… Groupés au pied des pentes, deux, trois boutiques discrètes et autant de cafés et restaurants bordent une patinoire. Au camp de base sont regroupés les services essentiels aux skieurs. Tout de bois conçu, l’ensemble plaît à l’œil, de même que The Lodge at Spruce Peak, un hôtel rustico-chic de 350 chambres et appartements-terrasses.

Parmi l’offre de restauration, The WhistlePig Pavilion est bien sympathique. On y sert des cocktails à base de whiskys vermontois, ainsi que de la raclette, préparée dans la cheminée. Les skieurs s’y retrouvent vers 16 heures, à la fermeture des pistes, pour évoquer les descentes de la journée et planifier celles du lendemain. Pour un repas plus substantiel, cap sur le Lodge et le restaurant Solstice, où le chef Sean Blomgren concocte des plats « de la ferme à la fourchette ».

Ciel, même le sommelier y propose un mousseux rosé du cru ! Ici ou là, reprenons des forces, car, demain matin, Mansfield nous attend.

Renseignements : gostowe.com, vtssm.org (musée), hyatt.com(The Lodge at Spruce Peak), stowe.com (centre de ski) et epicpass.com (prochaine saison).

Carolyne Parent était l’invitée de Vail Resorts et du Lodge at Spruce Peak.

Stowe, mode d’emploi

La Montréalaise Pascale Savard, résidente de Stowe, y skie plus de 80 jours par saison depuis 30 ans. On lui a donc demandé son bon plan pour explorer au mieux les deux montagnes.

 

« On commence la journée sur le mont Mansfield et la bien nommée piste intermédiaire Sunrise. Par temps clair, la vue est à couper le souffle. On enchaîne avec Standard et North Slope pour suivre le soleil, et on fait une pause-café chez Octagon. Ensuite, on augmente un peu le niveau : on skie sur Hayride, National, Liftline et Nose Dive. On poursuit avec Gondolier et Perry Merrill. Ces pentes pour intermédiaires sont fantastiques, très ouvertes et damées. À l’heure du lunch, on s’attable au sommet, à la Cliff House. En après-midi, Spruce Peak est le meilleur endroit où skier. Il y règne une belle ambiance familiale. Et puis, le secteur de Big Spruce [du côté de la piste Sterling] est alors le moins achalandé et le plus ensoleillé de Stowe. »

D’autres activités

Ski nordique : « On tend à l’oublier, mais il y a ici un réseau étendu de pistes de ski nordique », note Jeff Wise, de Vail Resorts. En effet, du centre de ski alpin et son Cross Country Ski Center, on a accès à 45 km de pistes de ski de fond damées et à 30 km de backcountry.

Rappelons également que, sur les hauteurs de Stowe, la famille von Trapp (celle-là de La mélodie du bonheur) a fondé le premier centre de ski nordique des États-Unis, toujours en activité. (trappfamily.com)

Raquette : par un soir de pleine lune, sur les sentiers des Wiessner Woods, le guide naturaliste Matt Orrell nous a parlé de cerfs, de gnomes et d’étoiles ; il nous a fait entendre le silence de la nuit ; et il nous a préparé un feu dans une sucrerie. Charmante soirée ! (umiak.com)

Patinage : un beau rond de glace anime le coeur du centre de ski. On peut louer des patins sur place.

Statistiques

Mont Mansfield : 1340 m. C’est le plus haut sommet des montagnes Vertes.  

Superficie du domaine skiable : 200 hectares.  

Nombre de pistes : 116 (16 % pour débutants, 55 % pour intermédiaires et 29 % pour experts).  

Dénivelé : 658 m (et on le sent bien sur la piste Gondolier !).  

Enneigement annuel moyen : 798 cm.  

Enneigement artificiel : sur 90 % du domaine.