C’est comme ça que ça se passe, à Toronto!

C'est un rendez-vous sur le rond de glace du Nathan Phillips Square.
Tourism Toronto C'est un rendez-vous sur le rond de glace du Nathan Phillips Square.

Lorsque j’ai présenté 300 raisons d’aimer Toronto, le nouveau livre du bourlingueur bien connu Jean-Michel Dufaux, à l’amie Carole, qui fréquente régulièrement la capitale de l’Ontario par affaires, sa réaction ne s’est pas fait attendre : « Y en a-t-il vraiment 300 ? » J’avoue l’avoir trouvée bien bonne.

Non, je ne suis pas chauvine. (Elle non plus.) Oui, je sais, la Ville Reine n’a plus grand-chose de beige, bien que Toronto the Good puisse être une étiquette tenace…

« Avec ses marchés de Noël, Toronto est vraiment festive à la fin de l’année, estime pour sa part M. Dufaux. On y trouve aussi de riches musées, de beaux spécimens d’architecture et un choix impressionnant de très bons restaurants. Bref, Toronto se compare avantageusement à New York, sans les désagréments d’un passage à la douane et sans Donald Trump ! »

J’y suis donc allée voir et, ma foi, j’ai été bien dépaysée d’entendre des hi sans bonjour ! J’y ai aussi repéré de quoi meubler agréablement une escapade du temps des Fêtes de trois jours.

Des matinées en art

Au musée Gardiner, voué à la céramique, on présente une délicieuse exposition portant sur la culture culinaire au siècle des Lumières. Cette période fascinante correspond, dans le domaine de la gastronomie, à une prise de conscience chez les chefs qui, étonnamment, trouve écho aujourd’hui. Fraîcheur, saveurs authentiques, parti pris pour les produits locaux, recettes santé, végétarisme : voilà de quoi causaient les toqués au XVIIIe siècle ! Savour : Food Culture in the Age of Enlightenment retrace donc l’évolution, en France et en Angleterre, d’un nouvel art de la table par l’entremise de porcelaines et de faïences. Clay, le resto de l’établissement, propose de plus un menu inspiré de l’époque. (Jusqu’au 19 janvier)

Au musée Aga Khan, place auxCaravans of Gold. Non, ça n’a rien à voir avec les rois mages, mais tout avec les routes commerciales du Sahara au Moyen-Âge. Dans ce blanc bâtiment ayant l’allure d’un monticule de sel du désert, on fait connaissance avec l’homme le plus riche de son temps, Mansa Musa. Riche comment ? Eh bien, lors d’une visite officielle au Caire, celui qui régnait sur le vaste empire du Mali avait distribué tellement d’or que le cours du métal précieux en avait été dévalué ! Si une petite faim se faisait sentir au terme de la visite, on pourrait s’attabler, à même le musée, chez Diwan, qui sert une cuisine aux saveurs orientales. (Jusqu’au 23 février)

Changement radical d’ambiance au MOCA, ce musée d’art contemporain installé dans une ancienne usine de pièces automobiles, où est présentée l’exposition Age of You. Coorganisée par Shumon Basar, Hans Ulrich Obrist et l’artiste canadien Douglas Coupland, elle se veut un avant-goût d’un livre à paraître, The Extreme Self, que le trio cosigne. En treize chapitres, la réflexion des auteurs sur ce que signifie être soi aujourd’hui, ce soi qu’on donne en pâture — et gratuitement en plus ! — aux réseaux sociaux, est aussi décoiffante que provocante. On pourrait ensuite casser la croûte à côté, chez Drake Commissary, et continuer à débattre des idées de l’auteur de Shampoo Planet et consorts dans un décor rétro-réconfortant. (Jusqu’au 5 janvier)

Des après-midi et des soirées « ho, ho ho ! »

En 1871, Gooderham & Worts distillait près de la moitié des spiritueux de toute la province. Ces jours-ci, The Distillery, un hameau victorien en soi, accueille le plus féerique des marchés de Noël de la ville. Par ici, le vin chaud ! (Jusqu’au 22 décembre)

Photo: Tourism Toronto

Le château sur la colline, c’est Casa Loma, construit en 1914 pour le financier sir Henry Pellatt. Casse-noisette y a élu domicile pour les Fêtes, huit designers ont habillé autant de sapins, un illusionniste ajoute son grain de magie et le père Noël met la touche finale à ses cadeaux dans son atelier, installé dans les écuries. (Jusqu’au 5 janvier)

Du côté de l’hôtel de ville et du Nathan Phillips Square se tient la Holiday Fair (jusqu’au 23 décembre). On y furète de stand en étal avant de chausser des patins (qu’on peut louer sur place) et de s’élancer sur le rond de glace. Le 31 décembre, on y célébrera aussi l’arrivée de 2020 en musique, avec des feux d’artifice.

Photo: Carolyne Parent Magasinage en vue dans les boutiques qui occupent les anciens bâtiments de la première distillerie de Toronto.

Le soir venu, direction le WinterFest et ses illuminations au parc d’attractions Canada’s Wonderland. Un marché de Noël, de beaux sapins, des lutins, Charlie Brown, une grande patinoire, de l’animation… Impossible ici de ne pas être gagné par l’esprit des Fêtes. (Jusqu’au 31 décembre)

Et puis, toujours en soirée, la veille du jour de l’An, on voudra peut-être passer au Musée royal de l’Ontario pour dîner, voir une exposition en privé, danser et trinquer… jusqu’à 1 h 15, prévoit-on. Comme quoi the Good refait parfois surface. Là-dessus, joyeuses Fêtes !

Carolyne Parent était l’invitée de l’Office de tourisme de Toronto.

 

Bon appétit !

On fait la file devant le Manulife Centre, rue Bloor Ouest, depuis l’ouverture, en novembre dernier, d’Eataly Toronto. De la truffe au panettone en passant par le Barolo millésimé, on trouve de tout dans ce Canadien Tire de la cuisine italienne, y compris quatre restaurants. (eataly.ca)

À l’heure du brunch, à la Maison Selby, on commande des « oeufs Hemingway ». Ces oeufs bénédictine au saumon fumé rappellent que ce beau manoir, construit pour le distillateur Gooderman, fut un hôtel où logea un scribe du Star, Ernest de son petit nom. (maisonselby.com)

Il en coûte 38 $ pour accéder au belvédère et au plancher de verre de la tour CN. Bon à savoir : un repas (menu fixe à partir de 65 $) au restaurant panoramique 360°, à 350 mètres d’altitude, nous y donne accès gratuitement. (cntower.ca)

Carnet de route

Si ces bons plans se révélaient insuffisants, Jean-Michel Dufaux en a d’autres dans 300 raisons d’aimer Toronto, (Éditions de l’Homme, 2019).

Où dormir ? Au coeur de l’action, à l’InterContinental Toronto Yorkville, un établissement quatre étoiles récemment rénové. Prendre l’apéro dans l’un de ses « igloos » chauffés, installés dans la cour intérieure, nous plonge immédiatement dans une ambiance festive. Un autre bon choix est le Chelsea, l’hôtel familial torontois par excellence. Ciel, il compte non seulement une garderie, mais des lapins dans ladite garderie ! Cela fait partie de sa « Family Fun Zone », dotée de jeux pour adolescents et d’une piscine avec glissade. (ihg.com, chelseatoronto.com)