Faire du kayak dans le labyrinthe des Mille-Îles

La foisonnante Réserve de la biosphère de l’arche Frontenac, membre du réseau des réserves de biosphère de l’UNESCO.
Photo: Sylvie St-Jacques La foisonnante Réserve de la biosphère de l’arche Frontenac, membre du réseau des réserves de biosphère de l’UNESCO.

Au total, 1864 îles parsèment le territoire de 80 kilomètres qui commence là où finit le lac Ontario, étendant ses eaux dans la zone frontalière entre le Canada et les États-Unis. Quelques heures d’un beau dimanche du mois d’août ne suffisent évidemment pas à explorer à fond les trésors des Mille-Îles. Or, pour notre équipage composé d’une petite de neuf ans et de deux kayakistes adultes modérément expérimentées, c’était juste assez pour vivre une agréable immersion dans un coin de pays riche en splendeurs naturelles.

On pagaie, on pagaie

Il est 9 h du matin dans le centre portuaire de la petite localité nommée Gananoque, dans la région de Leeds et Grenville, au sud-est de l’Ontario. Le vaste local de la compagnie 1000 Islands Kayaking bourdonne d’activité lorsque nous nous joignons à une demi-douzaine de kayakistes qui enduisent leur visage de crème solaire et revêtent leur gilet de sauvetage. Encore sur la terre ferme, Noah, guide de cette sortie de groupe, nous livre quelques trucs pour mieux pagayer. Quelques instants plus tard, allez hop ! Tout le monde à l’eau.

Photo: Sylvie St-Jacques

Tout doucement, nous voguons vers un passage que nous traverserons en groupe, au moment où Noah nous avertira que la route est exempte de bateaux à moteur. D’un signe de pagaie, notre jeune guide nous indique que la voie est libre. Et nous voilà engagés dans une splendide promenade de groupe à travers le labyrinthe des Mille-Îles.

Notre périple se déroule à une cadence modérée, ce qui permet à la plus jeune du groupe (installée dans un tandem, avec sa mère aux commandes) de se familiariser à son rythme avec l’art de pagayer, tout en étant attentive à la présence de cygnes, de hérons et d’autres spécimens de l’abondante faune migratoire qui peuple cette foisonnante Réserve de la biosphère de l’arche de Frontenac, membre du réseau des réserves de biosphère de l’UNESCO.

Voguant gaiement sur des eaux réchauffées par les rayons qui ont plombé tout l’été, nous longeons l’île McDonald, laquelle héberge quelques tentes oTENTik de Parcs Canada, apercevons des micro-îles aux noms intrigants, comme Idlewyld, Stonethrow ou Pitchpine, glissons d’une splendeur à l’autre en tendant l’oreille pour capter les informations transmises par Noah.

Photo: Sylvie St-Jacques Une chapelle extérieure

Ce dernier nous parle de l’épave d’un bateau qui a pris feu un soir de Nouvel An, à l’époque de la prohibition, avant de nous entraîner vers une baie bordée de rochers recouverts de mousse et de fougères et joliment baptisée Half Moon. Dans cette petite oasis marine voisinant l’île de Bostwick, une chapelle extérieure toute fleurie attire depuis 1887 des pèlerins, qui s’y rendent afin d’assister, dans leurs embarcations, à des services religieux.

Vers la fin de l’avant-midi, plusieurs d’entre nous ont l’estomac creusé par tant d’exercice et de bon vent marin. « Où est-ce qu’on peut casser la croûte à Gananoque ? » demande un jeune Australien venu explorer les Mille-Îles en compagnie de sa femme et de sa belle-mère. Sans hésitation, Noah lui suggère le Purple House Cafe, fort joli et très coloré établissement, réputé pour son jardin fleuri et ses copieuses pizzas. C’est là que nous échouons, ravies par nos découvertes de la matinée et résolues à répéter cette expédition dans le labyrinthe des Mille-Îles avant longtemps !