Croisières avec vue… sous les flots

Le salon Blue Eye des nouveaux navires Explorer promet une expérience multisensorielle.
Photo: Stirling Design International Le salon Blue Eye des nouveaux navires Explorer promet une expérience multisensorielle.

De passage récemment à Montréal, Ponant s’est rappelé au souvenir du Devoir le temps de partager quelques bonnes nouvelles. « Le Québec est pour nous un marché naturel du fait que tout se passe en français à bord, et c’est aussi un marché dans lequel la croisière est très bien perçue, a déclaré d’emblée Nicolas Bilek, directeur commercial et vice-président aux ventes. Et puis, comme nous allons passer de cinq à douze navires, un investissement de 1,3 milliard d’euros, nous avons besoin de mieux travailler les marchés sur lesquels nous sommes présents. »

Né en 1988, le spécialiste de la croisière de plaisance cinq étoiles navigue depuis toujours à contre-courant de l’industrie. « Quand on construisait des navires de 4000 passagers, nous, nous avions toujours un voilier de 32 cabines ! souligne M. Bilek. Alors, si on a déjà fait une croisière sur un gros bateau, on a peut-être envie de quelque chose de différent, et c’est là qu’on entre en scène parce que c’est ce qu’on propose depuis 30 ans. »

À lire aussi

La croisière zen

Itinéraires exceptionnels, élégance à la française, offre gourmande portant les griffes d’Alain Ducasse, Ladurée et Veuve Clicquot, atmosphère conviviale favorisée par des yachts-boutiques à taille humaine, comptant tout au plus 132 cabines et allant « là où personne ne va », selon le directeur : voilà la différence Ponant. Bien sûr, cela a son prix, autour de 4000 $ pour une croisière d’une semaine dans les Caraïbes hors avion ; 9000 $ pour une expédition de 10 jours en Antarctique.

Une grande force de Ponant est justement la croisière d’expédition polaire, qui compte pour plus de 40 % de son offre de navigation. Mais voilà que ses nouveaux navires visent d’autres horizons. Ce sont les Ponant Explorers. « Leur coque est renforcée, comme celle des autres navires, mais ils ont été conçus pour les expéditions tropicales et vogueront, par exemple, vers les Seychelles, Madagascar et les Maldives », précise M. Bilek.

Photo: Mike Louagie Le Champlain, deuxième des six navires que comptera la série Explorer de Ponant

Longs de 131 mètres et dotés chacun de 92 cabines, ces navires d’expédition seront au nombre de six. Le Lapérouse et Le Champlain ont été inaugurés il y a moins d’un an ; Le Bougainville et Le Dumont-d’Urville le seront cette année ; et en 2020, ce sera au tour du Jacques Cartier et du Bellot de rejoindre la flotte, également composée du voilier Ponant et des yachts Boréal, Austral, Lyrial et Soléal.

Ah, si Jules Verne voyait ça…

Blue Eye est une caractéristique unique de la classe de navires Explorer. Situé sous la ligne de flottaison des bateaux, ce salon fait vivre aux passagers une expérience multisensorielle qui repose sur la retransmission en direct d’images sous-marines et de symphonies océanes, captées par des caméras et des hydrophones.

« C’est un très beau lieu, très relaxant, qui donne l’impression d’être dans le ventre d’un cachalot, explique le vice-président. Et puis, les fonds marins étant éclairés, et de manière non intrusive, précise-t-il, vous n’êtes pas complètement dans le noir, la nuit, sur votre balcon : il y a un halo de lumière. C’est très particulier. »

Autre bonne nouvelle chez Ponant, celle-là pour l’environnement : depuis janvier dernier, toute la flotte roule au gazole marin à faible teneur en soufre, soit 0,1 %, alors qu’une nouvelle loi, qui entrera en vigueur l’an prochain à l’échelle mondiale, imposera l’utilisation de carburants d’une teneur maximale de 0,5 %.

« Chez nous, l’écoresponsabilité commence avec la conception des navires, ajoute M. Bilek. Ça veut dire que toutes les eaux usées sont traitées à bord, que les déchets sont incinérés à bord et qu’on fait tous les efforts nécessaires pour limiter au minimum notre impact environnemental. »

Attendu en 2021, le douzième navire de la flotte Ponant, Le Commandant Charcot, sera quant à lui un navire d’expédition destiné à la fois aux croisiéristes et aux scientifiques, et il sera équipé en conséquence. Il sera de plus propulsé au gaz naturel liquéfié, ce qui contribuera à réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques. « Il pourra aller encore plus loin dans l’exploration. »

Exploration, compréhension et préservation semblent aller de pair pour l’armateur… « Oui, parce qu’on ne protège bien que ce qu’on connaît bien », conclut Nicolas Bilek.

À noter : Le Champlain, le premier Ponant Explorer à faire escale au Québec, lèvera l’ancre du port de Québec le 12 septembre prochain, à destination des Grands Lacs et de Milwaukee. On pourra le voir passer à hauteur de Montréal le 13 septembre.