Skier dans la beauté des Alpes françaises

À Val-d’Isère, sur les hauteurs de Solaise
Photo: Carolyne Parent À Val-d’Isère, sur les hauteurs de Solaise

« Au bout du compte, une piste, c’est une piste ! Ce qui différencie un centre de ski alpin d’un autre, c’est son atmosphère », estime Daniel Plouffe, un résident de Magog. Rencontré au bar de l’hôtel Avenue Lodge, à Val-d’Isère, le skieur est emballé par la destination, où il revient année après année depuis cinq ans. « Nous sommes ici dans un village vrai, sans boutique Chanel, un village qui prend soin de son architecture », ajoute-t-il.

En fait, nous sommes ici séquestrés dans la montagne, pris au piège de sa beauté, au terminus de la vallée. Soit on en est oppressé, soit on se pince devant le pittoresque du village et des hameaux qui l’avoisinent. Oh ! l’harmonie des chalets de pierre et de bois, groupés autour d’une église séculaire, sur fond de cimes ouatées de neige…

Née dans les années 1930 pour sauver l’inaccessible village d’une lente extinction, la station de ski s’est depuis imposée à l’échelle mondiale. Couplé à Tignes, son domaine skiable compte 300 km de pistes (dénivelé de 1900 m) et deux glaciers. Il porte le nom d’Espace Killy en l’honneur du champion olympique Jean-Claude Killy, l’Avalin d’adoption ayant remporté ici sa première coupe lors du Critérium de la première neige, en 1961. Son frère Mic expose d’ailleurs ses skis dans son restaurant, la Fondue Factory.

« J’y vais, mais j’ai peur ! »

Avec la mythique face de Bellevarde, où se sont déroulées les épreuves de vitesse masculines des Jeux olympiques d’Albertville en 1992, les abonnés des pistes noires sont bien servis. Mais à l’instar de Josiane Balasko dans Les bronzés font du ski, film culte tourné dans la station il y a 40 ans cette année, ceux qui trouvent « la neige trop molle » pour eux peuvent se rabattre sur 90 pistes faciles, les bleues et vertes. Ainsi, le secteur de Solaise est tout indiqué pour le ski tranquille en famille tandis que les vallons du Fornet ravissent les amateurs de hors-piste dans la poudreuse.

Photo: Carolyne Parent L’architecture savoyarde ajoute à la beauté du panorama à Val-d’Isère.

Pour Aurélien Basset, moniteur de l’école Oxygène, Val-d’Isère est une station pour « vrais skieurs ». « Les pistes n’y étant pas trop travaillées, on peut bien s’amuser », dit-il. « En raison de l’altitude, la neige est exceptionnelle [60 % des 160 pistes sont situées à plus de 2200 m], et ce n’est jamais glacé là-haut », note de son côté Alexandra Verret, conjointe de Daniel Plouffe.

Au pied des pistes, place à une identité savoyarde forte, qui s’exprime dans l’architecture comme dans l’assiette. Au restaurant L’Étable d’Alain, on a carrément vue sur les brunes des Alpes, qui fournissent le lait avec lequel on élabore, à la fromagerie attenante, raclette et autres délices. Au Fornet, on se régale des créations du chef Benoît Vidal à l’Atelier d’Edmond, une table deux fois étoilée Michelin. Le midi, on s’y rend au sortir du téléphérique, en habit de ski. À l’hôtel membre des Relais Châteaux Les Barmes de l’ours (en patois savoyard, « barme » évoque la caverne où l’animal hiberne), on conjugue élégance décontractée et charme rustique à l’ombre de Bellevarde. À La Table de l’ours, son restaurant étoilé Michelin, mention spéciale à l’artichaut dans son écrin de pain salé et cuit à la cheminée qui accompagne le fin gras du Mezenc, une pièce de boeuf AOC.

Mais quel cirque !

Si Val-d’Isère rappelle, côté ambiance, le Saint-Sauveur d’il y a 30 ans, Val-Thorens, elle, évoque le Tremblant d’aujourd’hui. Créée de toutes pièces pour les skieurs dans les années 1970, la station, où ne vivent que 250 habitants en permanence, accueille un million de touristes annuellement. Concourent à cette popularité son emplacement, au coeur d’un cirque grandiose, et toute une série de superlatifs. La plus haute station de ski d’Europe (2300 m d’altitude) est en effet le pinacle du plus vaste domaine skiable du monde avec 600 km de pistes zébrant sept stations, dont Les Menuires, Méribel et Courchevel. C’est également une station jeune (l’âge moyen des visiteurs est 36 ans) et festive, avec une centaine de bars et restaurants.

Photo: France Ouimet Sortie côté plein sud pour faire la fête à la Folie douce, à Val-Thorens

Native de Val-David, France Ouimet passe tous ses hivers à « Valtho », comme disent ses habitués, depuis 1992. Elle est monitrice à l’École du ski français, un club d’élite. « Le domaine est tellement vaste que je ne m’y ennuie jamais, dit celle qui le connaît comme sa poche. Et puis, ici, on peut skier de 3200 m à 600 m ! » Elle aime particulièrement le fait que Val-Thorens soit accessible. « Rien à voir avec Courchevel, une autre planète où une petite soupe claire coûte 32 euros et où une touriste de Bahreïn réclame un taxi après avoir fait 10 mètres sur une piste ! », dit-elle.

Photo: Carolyne Parent À Val-Thorens, on peut emprunter une tyrolienne au point culminant des 3 Vallées.

Avec My Serenity, un programme novateur qui tire profit de l’air pur, des paysages stupéfiants (bonjour, aiguille de Péclet, pointe du Bouchet et mont Blanc !), ainsi que d’une offre de services axée sur le bien-être (yoga, massage et Cie), la station nous encourage à mieux gérer notre stress et à développer notre bienveillance. À l’origine de cette stratégie du mieux vivre, il y a le Dr Philippe Rodet, spécialiste de la gestion du stress ; l’Office du tourisme de Val-Thorens ; et l’hôtel-boutique Pashmina Le Refuge. Situé en bordure de piste, aux premières loges d’une Dame Nature exhibitionniste, cet établissement est un bien doux cocon où réfléchir aux attitudes à prendre et aux expériences à vivre pour amorcer son virage vers la sérénité. Un « plus » auquel on ne peut qu’adhérer.

Carolyne Parent était en partie l’invitée de Val-d’Isère Tourisme et de l’Office du tourisme de Val-Thorens.

Bon à savoir

Y aller: via Lyon, afin de profiter de cette belle ville. On prendra ensuite le train pour Bourg-Saint-Maurice (Val-d’Isère) ou Moutiers (Val-Thorens), puis la navette qui dessert ces stations. Autre option : le taxi. aetaxi.fr, transport-prestige.com

Bon à savoir: des navettes gratuites nous véhiculent d’un hameau à l’autre à Val-d’Isère et sur toute la station à Val-Thorens. De plus, on skiera jusqu’au 1er mai dans la première station et jusqu’au 5 mai dans la seconde. Enfin, le 27 juillet, Val-Thorens constituera la dernière étape du Tour de France. Ambiance de fête garantie !

Renseignementskilly-sport.com, laferme-deladroit.fr

Pour rire: un extrait des Bronzés.