L’hiver brille sur Wakefield

Wakefield combine art de vivre et sérénité rurale.
Photo: Sylvie St-Jacques Wakefield combine art de vivre et sérénité rurale.

Wakefield baigne dans un esprit un peu grano chic qui n’est pas sans rappeler certaines petites villes très « marché fermier » du Vermont. Au supermarché du village, on trouve une vaste sélection de bières artisanales aux noms fantaisistes et des fromages de chèvre locaux. Des cafés chaleureux, une formidable boulangerie, quelques tables pas piquées des vers, de jolies boutiques et des antiquaires, une agréable promenade au bord de la rivière La Pêche qui mène vers un impressionnant pont couvert… L’endroit combine art de vivre et sérénité rurale.

À 30 kilomètres de Gatineau, cette localité bien vivante fondée en 1830 par des immigrants écossais et irlandais promet donc un week-end hivernal des plus agréables. Certes, depuis quelques années, la région a gagné la faveur d’une nouvelle vague de visiteurs, avec la conversion de son vieux moulin à farine construit en 1838 en spa qui propose de bénéfiques massages et bains chauds et glacés, de même qu’une cuisine québécoise et un hébergement dont on dit le plus grand bien.

Photo: Sylvie St-Jacques

La vie d’hôtel, ça ne se refuse pas, mais il n’y a pas que ça dans la vie. Tant qu’à franchir les deux heures et demie de route qui séparent cetterégion outaouaise de Montréal, on peut aussi découvrir Wakefield façon « Airbnb », en étirant le temps pour un lunch au bord du feu au Café Molo suivi d’une petite partie d’échecs, ou en se payant une petite promenade du côté du pont couvert, rebâti grâce à l’effort bénévole d’un groupe de locaux après qu’un incendie l’eut ravagé en 1984. La vue porte à être contemplatif, sur le bord de la rivière La Pêche, déployant une rare tranquillité hivernale magnifiée par un doux paysage blanc.

L’hiver, évidemment, c’est aussi fait pour jouer dehors. Et la proximité du parc de la Gatineau (bonjour ski de fond, bonjour raquettes !) et du mont Edelweiss est à elle seule un argument pour attirer les amateurs de plein air du côté de l’Outaouais. Mais il se trouve que, lors de notre visite, nous étions tous surtout des amateurs de patinage. Bien fait pour nous : le féerique sentier glacé en forêt du Lac-des-Loups, à 25 kilomètres au nord-ouest de Wakefield, propose une sortie tonique en plein air originale et amusante ! Pour la Saint-Valentin, quoi de plus romantique que de glisser, main dans la main, sur des pistes bordées d’arbres couverts de blanc, portés par le vigoureux son du swish de la lame qui grafigne le sol glacé ? Le sentier du Lac-des-Loups propose trois kilomètres de patinage facilement praticables.

Photo: Sylvie St-Jacques

De retour au village, un peu de magasinage et de plaisirs gourmands nous attendaient. S’est imposée une escale à la boulangerie Wakefield Bakery (dans la rue principale), pour attraper une miche de pain au levain et quelques savoureux croissants ou pâtisseries du jour.

Tout l’Outaouais gourmand raffole de la cuisine du Hibou, resto convivial à la déco pimpante, dont le menu se promène agilement entre le classique fish and chips, l’audacieuse poutine façon « poulet au beurre » et une variation du Gombo louisianais sur le thème du canard confit. Notre tablée s’est bien régalée avec quelques tacos de poisson accompagnés d’une Boréale bien fraîche. Tant qu’à flâner sur le chemin Riverside — la Main de Wakefield —, nous avons admiré les jolies pièces de déco, de jeux et d’artisanats à la boutique La Tortue et terminé la journée au bar du Kaffe 1870. La page Facebook de ce sympathique pub nous apprend d’ailleurs qu’on y tient des soirées Ramen, « Open Mike », jeux de société et autres activités pas plates pour égayer l’hiver.

Prendre l’Outaouais en hors piste et découvrir Wakefield, c’est assurément un très bon plan pour se réconcilier avec février.