Nashville, une vraie virée country

La petite scène sur laquelle des artistes se produisent, de 10 h du matin jusqu’à l’aurore, est un élément central pour de nombreux bars à Nashville.
Photo: Camille Dauphinais-Pelletier La petite scène sur laquelle des artistes se produisent, de 10 h du matin jusqu’à l’aurore, est un élément central pour de nombreux bars à Nashville.

Quand on déambule en plein jour sur la 5e Avenue, à Nashville, et qu’on tombe sans s’y attendre sur la murale qui orne le côté du bar Legends Corner, il y a de quoi rester un peu dubitatif. Quatorze personnes y sont représentées côte à côte, dont Willie Nelson, Loretta Lynn, Johnny Cash, Dolly Parton… et Taylor Swift.

Trois pas après avoir croisé cette fresque éclectique, on arrive sur Broadway, et on aperçoit ses trois coins de rue qui accueillent une légendaire série de honky tonks.

C’est là qu’on réalise qu’on n’a pas fini de voir des mélanges surprenants dans la mecque du country. Bien connu des amateurs de musique country, le terme « honky tonk » reste obscur pour la plupart des gens.

Imaginez un bar sans prétention, qui vend de la bière pas chère, où se multiplient des néons clignotants. Ajoutez-y un élément central : une petite scène sur laquelle des artistes se produisent, de 10 h du matin jusqu’à l’aurore. Puis, devant les musiciens, une piste de danse où des hommes dans la soixantaine arborant des chapeux de cow-boy côtoient des groupes de jeunes filles en plein bachelorette party. Coiffez le tout d’un nom comme « Crazy Town », « Tequila Cowboy » ou « Tin Roof », et vous avez une idée de l’endroit.

On vous prévient tout de suite : la qualité des prestations est variable dans les honky tonks. Alors que certains musiciens se font un point d’honneur de jouer des classiques « à l’ancienne », avec un costume d’époque, d’autres ouvrent les grandes fenêtres qui donnent sur la rue et répandent sur Broadway des chansons pop de l’heure à la sauce vaguement country.

En soirée, le public envahit carrément les bars et les trottoirs. On voit des spectateurs danser en ligne ou se trémousser lascivement devant les musiciens, d’autres chanter avec émotion dans un coin retiré ou très fort pour tenter de se faire inviter à monter sur la scène. Il ne faut pas avoir peur du ridicule quand on sort sur le « Honky Tonk Highway » ; l’ambiance est à la fête. Et si un artiste ne nous plaît pas, on marche simplement 10 secondes jusqu’au bar voisin.

Les classiques

Plusieurs légendes du country ont démarré leur carrière dans des honky tonks avant d’accéder aux studios d’enregistrement et aux grandes salles de spectacle. D’ailleurs, une nostalgie persiste encore aujourd’hui quant au côté « brut » des performances données dans ces établissements.

S’il est bon de s’imbiber de cette ambiance lors d’un passage à Nashville, il ne faut pas pour autant délaisser les attractions country plus classiques que propose la ville.

Photo: Camille Dauphinais- Pelletier En plein centre-ville, vous pouvez longer la rivière Cumberland et emprunter le pont piétonnier qui l’enjambe, puis vous rendre dans le parc du même nom.

Assister à un spectacle à la Grand Ole Opry House est l’activité numéro un sur la liste de choses à faire de la plupart des amateurs de musique country.

C’est dans cette salle, située en banlieue de la ville et pouvant accueillir plus de 4000 spectateurs, qu’est enregistrée chaque semaine la légendaire émission country Grand Ole Opry, diffusée à la radio et à la télévision nationale depuis plus de 80 ans. L’endroit présente de trois à quatre spectacles par semaine, et environ huit artistes se produisent chaque soir.

On peut plutôt opter pour une soirée au Ryman Auditorium si on veut éviter de devoir sortir du centre-ville — c’est dans ces locaux que Grand Ole Opry est enregistrée pendant la saison hivernale, un gage de qualité.

Photo: Camille Dauphinais-Pelletier L’attrait principal du parc Centennial: une réplique grandeur nature du Parthénon d’Athènes

Pour ceux qui sont plus du type musée, le Country Music Hall of Fame retrace l’histoire de ce genre musical — enregistrements à l’appui —, et on peut y voir une panoplie de photographies, d’instruments de musique et de vêtements se rapportant à des légendes du genre comme Elvis Presley, Hank Snow, Jim Reeves, Patsy Cline ou Johnny Cash.

À noter que ces deux derniers ont chacun un musée consacré uniquement à leur carrière, également situés dans le centre-ville de Nashville.

Si, après en avoir vu la capitale, vous souhaitez continuer votre visite du Tennessee, vous avez essentiellement deux options.

Trois heures de voiture vers l’ouest vous mèneront à Memphis, la ville d’Elvis ; si vous faites la même distance vers l’est, vous vous arriverez au pied des Great Smoky Mountains, le parc national le plus visité du pays.

À vous de choisir…

Combien ça coûte?

S’y rendre Prévoir entre 500 et 700 $ CAN pour un vol aller-retour entre Montréal et Nashville à l’été 2019, dépendant des dates et du temps d’escale. De l’aéroport, on peut se rendre en ville en taxi, avec Uber ou l’autobus public —prévoir de la monnaie (1,70 $US par adulte, 1 $US, moins de 19 ans). Pour économiser, il y a aussi l’option d’y aller en voiture : se rendre à Nashville à partir de Montréal prend environ 16 heures et demie. On peut couper le trajet en deux en passant une nuit à Cleveland (Ohio), au bord du lac Érié.

Où loger L’hébergement à Nashville n’est pas donné. En s’y prenant à l’avance, on peut trouver une chambre d’hôtel pour environ 200 $ canadiens la nuit à proximité du centre-ville. À noter que l’auberge de jeunesse de l’endroit, le Nashville Downtown Hostel, est impeccable, et pas seulement pour ceux qui sont du type dortoir — l’endroit a de belles chambres, à quelques minutes de marche des honky tonks et juste en face de la rivière Cumberland.

À faire Voir un spectacle au Grand Ole Opry : entre 40 et 110 $ selon la section. Visiter le Country Music Hall of Fame : 26 $ (16 $, 12 ans et moins) ; le Johnny Cash Museum : 20 $ (16 $, 15 ans et moins) ; le Patsy Cline Museum : 19 $ (15 $, 15 ans et moins) ; le Musée d’art dans le Parthénon : 6,50 $ (4,50 $, 17 ans et moins). En dollars américains.

Se reposer les oreilles

Entre deux avalanches de refrains émouvants et d’accords de guitare, vous avez envie d’une promenade calme pour vous reposer les oreilles ? En plein centre-ville, vous pouvez longer la rivière Cumberland et emprunter le pont piétonnier qui l’enjambe, puis vous rendre dans le parc du même nom. Une bonne bouffée d’air frais, avec vue sur la ville en prime.

À une dizaine de minutes de voiture du centre, le parc Centennial offre beaucoup plus d’espace pour une balade ou un pique-nique. Son attrait principal est assez curieux : il s’agit d’une réplique grandeur nature du Parthénon d’Athènes, bâtie en 1897 pour le centenaire de la ville. La structure abrite une immense reproduction d’une statue d’Athéna et un musée d’art exposant des peintres américains. Elle sert aussi, à l’occasion, de toile de fond pour la représentation de pièces de théâtre antiques.