Hamilton, gastronomique et historique

L'opulente décoration victorienne du Château Dundurn fascine ses visiteurs. Durant les fêtes, cette immense résidence du XIXe siècle sera décorée de manière festive, comme elle l'était à l'époque.
Photo: Tourism Hamilton L'opulente décoration victorienne du Château Dundurn fascine ses visiteurs. Durant les fêtes, cette immense résidence du XIXe siècle sera décorée de manière festive, comme elle l'était à l'époque.

À une heure d’un vol direct de Montréal, une ville canadienne méconnue propose des scènes gastronomique et culturelle dynamiques, ainsi que des sites historiques magnifiques. Cette ville industrielle est insérée dans un écrin de nature comportant une myriade de petites chutes aussi hautes que celle du Niagara. Cette ville, située entre Toronto et Niagara Falls, c’est Hamilton.

Depuis quelques années, Hamilton sort de l’ombre de Toronto. Cette cité de 550 000 habitants (taille similaire à celle de Québec) devient une concurrente à Toronto dans tous les sens, même pour des visites touristiques. « Toronto coûte trop cher, dit mon chauffeur de taxi, et beaucoup de gens et d’entreprises déménagent à Hamilton. Tout est plus abordable ici. »

À preuve, la scène gastronomique d’Hamilton a pris du galon ces dernières années, alors que des restaurateurs de Toronto ont ouvert de bonnes adresses dans la ville de l’acier, souvent pour travailler en marge des loyers enflés de Toronto. Ainsi, le restaurant The French propose une cuisine bistro fraîche, innovante et satisfaisante, à prix abordables. The French est situé rue King-William, à quelques pas de la rue James Nord, l’épicentre de la revitalisation du centre-ville.

Pour sa part, le restaurant Radius est un clone du type de restaurant le plus populaire en Amérique du Nord en ce moment : une cuisine robuste faite d’aliments régionaux et souvent biologiques, arrosée d’une variété de boissons alcoolisées novatrices. Le Radius a pignon sur la rue James Sud, près de la gare des trains et des autocars, à quelques minutes à pied du centre-ville.

Photo: Claude André La destination brunch par excellence est l’Aberdeen Tavern, dont le décor d’une ancienne banque attire l’œil.

La destination brunch par excellence d’Hamilton est actuellement l’Aberdeen Tavern, dont le service chaleureux, la nourriture impeccable et le décor d’une ancienne banque attire une clientèle fidélisée le dimanche matin. Cette taverne se trouve sur l’avenue Aberdeen, l’une des gracieuses rues historiques de la ville qu’on risque de manquer si on la traverse trop vite.

Histoire en vitrine

Eh oui, Hamilton fait encore et toujours une mauvaise première impression. Le centre-ville est carré et dénué de charme, sauf la rue James, laquelle va de la gare au lac Ontario. La beauté du centre-ville est intérieure, c’est-à-dire qu’on la trouve dans les musées, dans les restaurantset dans les salles de concert.

L’histoire est en vitrine en marge du centre-ville. J’ai séjourné dans la résidence (bâtie en 1854) du médecin William Osler, l’un des grands noms de l’histoire mondiale de la médecine. On appelle cette demeure, située dans une rue tranquille et cossue du bucolique secteur Dundas, l’Osler House Bed Breakfast.

Les musées d’Hamilton sont d’ailleurs remarquables. Avec ses 40 pièces, l’immense, sobre et magnifique Château Dundurn n’a pas d’équivalent ni à Toronto ni au Québec. Ancienne résidence d’un premier ministre du Canada-Uni, ce lieu historique rappelle l’univers de la série britannique Downton Abbey. À l’arrière du château s’étend un terrain boisé offrant une belle vue de la baie d’Hamilton. Plus intime, au centre-ville, Whitehern est une autre maison historique de haut rang.

À l’aéroport d’Hamilton se dresse l’un des meilleurs musées de l’aviation du Canada. Assez tranquille, l’aéroport d’Hamilton sert de plus en plus de solution de rechange à l’aéroport Pearson de Toronto pour les passagers qui vont dans la péninsule du Niagara et dans le sud-ouest de l’Ontario. Depuis l’an dernier, des vols directs d’Air Canada permettent d’aller de Montréal à Hamilton avec une impression de facilité… et de zénitude à l’arrivée.

L’histoire est aussi très actuelle et en vitrine au Farmer’s Market du centre-ville, grand marché fermier intérieur récemment rénové.

Attraits populaires

Ville ouvrière, Hamilton demeure fondamentalement populaire. Le quartier «cols bleus» par excellence, c’est l’East End où l’on trouve le tout premier temple du beignet Tim Hortons (ouvert en 1964). Sis rue Ottawa, ce café s’avère une attraction touristique en soi avec son exposition nostalgique et sa statue du regretté hockeyeur érigée à l’extérieur. Pas loin de là, le vaste stade Tim Hortons (des mythiques Tiger-Cats) se dresse comme un géant au sein d’un quartier résidentiel aux maisons en série. Depuis l’été dernier, le nouveau musée de la Ligue canadienne de football est situé en marge de ce stade.

Photo: Benoit Legault L’histoire est en vitrine au Farmer’s Market, grand marché fermier intérieur récemment rénové.

L’East End, c’est aussi une rencontre avec de grandes communautés ethniques qui ont bâti Hamilton, comme les Italiens, à qui l’on doit de délicieux sandwichs aux boulettes, et les Ukrainiens, qui ont laissé leurs traces un peu partout, notamment près de l’ancienne gare.

Louer une voiture permet de faire le tour des quartiers ouvriers et d’explorer les secteurs industriels, souvent abandonnés, dont la taille effraie et fascine à la fois. Malgré son « sale » passé, Hamilton est devenue une bonne élève de la dépollution et du développement responsable.

Musique et spectacles

La scène musicale d’Hamilton a toujours été distincte de celle de Toronto. Depuis les années 1990, le label Sonie Unyon Records fédère la musique indépendante d’Hamilton, et parfois d’ailleurs. Saviez-vous que le groupe métal québécois Voivod y avait enregistré un album ? Notez aussi que le musicien et producteur Daniel Lanois est originaire d’Hamilton.

Depuis quelques années, des musiciens torontois déménagent à Hamilton, car tout y est moins cher et la scène y est active et fertile. Résultat, les clubs de musique live y prospèrent encore plus qu’avant.

En 2004, le film Clean, du réalisateur français Olivier Assayas, présentait la scène musicale d’Hamilton, ses marges cocaïnées et la poésie industrielle de la ville de l’acier.

Ville de culture, Hamilton compte aussi un orchestre philharmonique, un musée des beaux-arts et de nombreuses galeries.

Nature environnante

Ironiquement, l’industrielle Hamilton est aussi une ville-jardin. La grande entrée ouest de la ville donne sur les Royal Botanical Gardens, le plus grand jardin botanique de l’Ontario.

L’escarpement du Niagara entoure une grande partie d’Hamilton. On peut admirer quelque 100 cascades dans la région qui, à l’instar des chutes Niagara, tombent le long du fameux escarpement. La randonnée balisée classique (de 3 km) consiste à marcher des chutes Webster aux chutes Tews (stationnements payants), et ensuite de monter jusqu’au Dundas Peak, qui accorde une vue imprenable de la gorge Spencer et d’Hamilton.

Renseignements

Office de tourisme d’Hamilton : tourismhamilton.com, tourism@hamilton.ca ; ☎️ 905 546-2666 ou 1 800 263-8590. Tourisme Ontario : ontariotravel.net/fr/home ; ☎️ 1 800 668-2746.