Hong Kong: ville de tous les contrastes

La Symphonie des lumières illumine chaque soir les gratte-ciel de la ville.
Photo: Gabriel Anctil La Symphonie des lumières illumine chaque soir les gratte-ciel de la ville.

Pour un Occidental, Hong Kong est un mystère. Elle apparaît à la fois familière et complètement exotique. On s’y repère facilement, puis à un tournant, on tombe sur un marché centenaire et tous nos repères éclatent en l’air. Portrait en trois temps de cette mégalopole aux influences culturelles multiples où le monde entier semble s’être donné rendez-vous.

« Le Manhattan chinois », « la perle de l’Orient », « la plus occidentale des villes asiatiques », « la plus communiste des capitales financières »… aucun surnom ne parvient réellement à capter l’essence de cet ancien village de pêcheurs qui comptait à peine 7500 habitants au moment de devenir une colonie britannique en 1842. Aujourd’hui, plus de vingt ans après la rétrocession du territoire à la Chine en 1997, sept millions et demi d’habitants s’y entassent.

Hong Kong convie le visiteur à vivre la démesure. Tout y est plus grand, plus haut, plus concentré que n’importe où ailleurs sur la planète. Trouver son espace y est un défi perpétuel. Dès son arrivée, le voyageur qui déambule dans le centre-ville se sentira quelque peu écrasé par les gratte-ciel qui y occupent la vue, tant horizontale que verticale. Le ciel et la mer, toujours en partie voilés, peinent à imposer leur bleuté dans cet univers de verre et d’acier.

L’expérience urbaine y est intense et stimulante. Les sens du marcheur sont éveillés par la frénésie qui emplit les rues et les trottoirs surpeuplés. Il est interpellé par les klaxons des voitures et les cloches des tramways à deux étages ; séduit par l’authenticité d’un sourire volé ; attiré par les vapeurs des soupes épicées ; bousculé par une foule bigarrée. Bref, il se sent en vie comme jamais.

Photo: Gabriel Anctil

Une visite du centre-ville de Hong Kong, troisième capitale financière du monde, est également une fascinante incursion dans le génie architectural des dernières décennies. S’y alignent des édifices signés par les plus grands architectes, que ce terreau nouveau semble avoir grandement stimulés.

Certaines de leurs oeuvres ont fait leur place dans l’imaginaire moderne. Comme le siège social de la Banque HSBC, dessiné par le « starchitecte » britannique Norman Foster, qui fut lors de sa finalisation en 1985 l’édifice le plus cher du monde. Ou encore la magnifique tour de la Banque de Chine, reconnaissable à ses triangles superposés, qui fut imaginée et réalisée en 1990 par Ieoh Ming Pei, le concepteur de la Place Ville-Marie, à Montréal.

Achevé en 2010, le dernier bâtiment à voler la vedette est le Centre du commerce international, qui sème (pour l’instant) tous ses concurrents du haut de ses 484 mètres et de ses 118 étages. Car la course vers le firmament est loin d’être terminée et de nouveaux mastodontes émergent de terre à une vitesse accélérée, au grand plaisir des amateurs de beauté qui peuvent, à 20 h chaque soir, admirer de Kowloon, sur la rive opposée, la Symphonie des lumières, qui éclaire et met en valeur la finesse des lignes de ces audacieuses réalisations.

Sérénité verte à proximité

Ville de tous les contrastes, Hong Kong offre également la possibilité de fuir l’urbanité effrénée pour se retrouver en pleine nature en à peine 30 minutes. En effet, 70 % de son territoire, dont chaque centimètre carré vaut son pesant d’or, est protégé et occupé par une nature jalousement conservée. Ainsi, à Hong Kong, il est facile d’explorer une multitude de parcs et de plages, accessibles en autobus, en bateau ou en métro.

Les Hongkongais aiment particulièrement se faire bronzer à Repulse Bay, une longue plage de sable blond d’où ils peuvent observer le coucher du soleil. Pour une randonnée dans les collines surmontant la mégapole, rien de mieux que de se rendre à Victoria Peak, qui se trouve à 15 minutes du centre-ville. Un historique funiculaire datant de 1888, le Peak Tram, vous mènera rapidement au belvédère, d’où vous aurez une magnifique vue de Hong Kong et du détroit de Victoria.

Après avoir multiplié les clichés, entouré de centaines de bruyants touristes armés d’autant de selfie sticks, vous n’aurez qu’à marcher quelques mètres pour rejoindre une multitude de sentiers. Le plus ambitieux s’allonge sur 50 kilomètres et mène à l’extrémité sud de l’île de Hong Kong, mais il est possible de viser des promenades plus modestes, d’une durée d’une heure à une journée. Une expérience unique où nature et urbanité extrême se côtoient de très près, tout en restant chacune de son côté.

Blade Runner incarné

Hong Kong est la ville la plus cosmopolite d’Asie. Des centaines de milliers d’étrangers s’y sont installés et y travaillent, le plus souvent dans des multinationales de la haute finance. Mais les traditions et la culture chinoises y ont été magnifiquement conservées, particulièrement dans le quartier de Mong Kok, qui propose aux bourlingueurs une expérience qu’ils n’oublieront pas de sitôt.

La nuit tombée, alors que les projections et les images numérisées s’emparent de la surface des gratte-ciel, donnant l’impression que le film Blade Runner y a été filmé, Mong Kok (qui signifie « lieu animé » en cantonais) prend vie, avec ses 130 000 habitants au kilomètre carré, ce qui en fait le lieu le plus densément peuplé de la planète.

Dans ce quartier résidentiel où les jeunes se retrouvent pour sortir le soir, les édifices y sont relativement bas, les trottoirs débordent de passants et les marchés abondent. Les nombreux néons en cantonais y colorent les minois et les restaurateurs préparent leurs meilleurs plats pour les affamés qui déambulent par milliers. On se croirait dans un film de Wong Kar-wai, le génie de la cité, qui a si bien su capter la mélancolie nocturne de sa ville. Aucun repère occidental, ici. Bienvenue en Asie.

 
Photo: Gabriel Anctil L’un des nombreux marchés de Mong Kok

Mong Kok est le paradis des marchés spécialisés. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Le marché des femmes, le marché des poissons rouges, le marché électronique, le marché des fleurs… Mais le plus spectaculaire reste le marché de nuit de Temple Street, où les centaines de stands tissés serrés sont illuminés par une armée d’ampoules comme autant de petits soleils qui défient les mystères de l’obscurité.

Ce secteur est tout à fait désigné pour y découvrir la richesse de la nourriture de rue de l’une des villes où l’on mange le mieux, tous continents confondus. Vous pourrez vous aventurer dans le dédale des allées et vous fiez à votre nez, ou participer à une tournée guidée des meilleures adresses de Mong Kok.

Les Hong Kong Foodie Tasting Tours vous feront alors vivre une véritable aventure sensorielle, qui vous permettra de goûter aux plats les plus authentiques de la région. Boule de poisson, poulet croustillant, fruits de mer, dim sums, dessert à la mangue, gaufre aux oeufs… Vos papilles seront largement contentées pendant que le guide stimulera votre esprit en vous racontant l’histoire et l’origine de chacun de ces délicieux plats. De quoi concilier culture et gastronomie, dans cette grande cité qui n’a pas fini de surprendre ses invités.