Filer doux, filer fou en Gaspésie

Mélanie Gagné Collaboration spéciale
Tous les prétextes sont bons pour aller en Gaspésie, ne serait-ce que pour admirer le paysage de bord de mer à Percé. 
Photo: Alexandre Shields Le Devoir et Musée de la Gaspésie Tous les prétextes sont bons pour aller en Gaspésie, ne serait-ce que pour admirer le paysage de bord de mer à Percé. 

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

En été, la péninsule est effervescente, surprenante. On ne peut rester indifférent à la grande beauté de cette région influencée par la mer et les montagnes. De là les références multiples à la Gaspésie dans les œuvres d’artistes depuis la nuit des temps.

« Y’a juste dans mon cœur un appel qui est fort / De bois de terre et d’espace pour être mieux », chantent Les sœurs Boulay dans la pièce T’es pas game. Cette chanson témoigne de leur attachement à leur Gaspésie natale. Nombreux sont les amoureux de la péninsule qui sentent cet appel.

C’est le cas d’Odrée Robichaud, agente de communication et de développement pour Culture Gaspésie. Elle vit à Bonaventure, a grandi à Caplan. Cette année, c’est en Gaspésie qu’elle passera ses vacances : « En fait, chaque été on fait le tour de la Gaspésie en famille et j’y trouve mon compte. Je n’en reviens pas de tout ce qu’il y a à faire ! Il y a un dynamisme même si nous sommes loin des grands centres. On a comme une résilience qui nous pousse à être créatifs, à vouloir sortir de l’ordinaire. Bref, je suis juste vendue ! »

La Gaspésie des artistes

Des prétextes pour faire le tour de la Gaspésie, Odrée peut vous en trouver mille et un. Elle propose aux voyageurs de mettre la main sur la brochure du Circuit des arts de la Gaspésie, conçue par Culture Gaspésie. Ce joli carnet coloré présente 40 artistes ou artisans qui ouvrent les portes de leur atelier ou de leur boutique aux visiteurs pendant la belle saison. « C’est une invitation à aller rencontrer les artistes, à vivre un moment avec eux dans leur univers de création. Les artistes sont vraiment contents de recevoir de la visite. Ils accueillent les gens comme s’ils étaient des amis. Les Gaspésiens n’ont jamais honte de dire qu’ils sont des créateurs en Gaspésie. Ça fait partie de notre ADN ! »

Cet été, Percé sera plus charmante que jamais : « Ça va bouillonner ! Ce sera intéressant de redécouvrir Percé avec les boutiques, les ateliers, la promenade, etc. Les gens de la Ville et de la MRC nous ont dit que ce serait phénoménal ! Les infrastructures qui ont été brisées par les grosses tempêtes sont en reconstruction. Ils refont la face du centre-ville. Et avec le Géoparc qui vient d’être inscrit dans les programmes de l’UNESCO, c’est vraiment intéressant ! » soutient Odrée Robichaud.

Photo: Alexandre Shields Le Devoir Les fous de Bassan de l’île Bonaventure 

« C’est pour ça que l’École internationale d’été de l’Université Laval est à Percé. Les étudiants y sont très inspirés. Il y a quelque chose dans l’air ! C’est comme une espèce de magie qui se produit », ajoute-t-elle. En juillet et en août, les étudiants de cette école pourront entre autres suivre un atelier d’art in situ en milieu maritime animé par l’architecte Pierre Thibault. Les fous de Bassan, l’île Bonaventure, les agates, les homardiers, le rocher Percé et les couchers de soleil sur le golfe serviront sans doute de matière à création.

Belle offre muséale

De nombreux musées, centres d’interprétation, jardins et sites historiques se trouvent sur notre chemin lorsqu’on effectue un road trip dans la péninsule. À Gaspé, le Musée de la Gaspésie, musée régional ouvert à l’année, se fait un devoir de conserver ainsi que diffuser l’histoire et le patrimoine gaspésien. L’établissement a pris un virage numérique important en 2016, pour raconter l’histoire de la Gaspésie en faisant vivre des expériences amusantes, surprenantes. « On a travaillé avec plusieurs firmes. Des start-ups et des entreprises bien établies dans le domaine. La réalité virtuelle nous permet d’immerger les visiteurs dans l’histoire », explique la directrice du musée, Nathalie Spooner.

Le grand large, une exposition permanente, raconte l’histoire de la Gaspésie à travers 15 bateaux. Elle est composée d’hologrammes, d’animations 3D et de vitrines interactives en réalité augmentée. Gaspésienne no 20 donne la possibilité de monter à bord d’un bateau de pêche à la morue : « Le visiteur est plongé dans la Gaspésie des années 1960, il rencontre des pêcheurs, il vit une tempête. C’est un film d’animation vraiment intéressant qui a gagné plusieurs prix, dont celui de l’Association des musées canadiens. On a aussi un bateau dans la cour ; il y a seulement 50 exemplaires de ce bateau, on en a restauré un. Les gens peuvent le visiter », raconte la directrice du musée.

Autre nouveauté cet été : Portraits vivants, une exposition originale dont chaque tableau (cinq au total) est dans un musée différent. Il s’agit d’une création des 5 M, un collectif de musées gaspésiens. « Un peu à la manière d’Harry Potter et les cadres que nous voyons dans les films, nous présentons cinq cadres vivants, des personnages qui ne se sont jamais rencontrés. Ils bougent dans les cadres et racontent leur histoire à leur manière. Ici, notre personnage est Jacques Cartier », relate Nathalie Spooner.

Le Musée de la Gaspésie propose plusieurs activités pour la famille. On y trouve aussi une galerie d’art intérieure et en plein air, une boutique de produits gaspésiens, un centre d’archives relatives à l’histoire gaspésienne et un magazine historique édité sur place. On peut y passer une heure ou une demi-journée.

Dans ce charmant bout du monde, l’été, on peut filer doux, filer fou, avoir les sens en émoi, se fabriquer des souvenirs merveilleux avec la mer et les montagnes en toile de fond… « J’aime ça nager dans l’eau frette / Pogner une vague en plein nez / Le sel, les cheveux mêlés », comme le disent Les sœurs Boulay : « T’es même pas game ! »

Exposition sur La Bolduc

Le Musée de la Gaspésie lance le 15 juin Madame Bolduc, une grande exposition immersive en deux volets qui raconte l’histoire de Mary Travers, dite La Bolduc, et sa vie en tournée. Plusieurs objets inédits, issus du Fonds Fernande Bolduc, fille de l’artiste, y seront présentés : vêtements de tournée, objets, affiches, photographies.