Alberto, et plus encore

André Lavoie Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les touristes et les citoyens de la Vieille Capitale ont compris le message : le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) a choisi de se rapprocher du public en érigeant le magnifique pavillon Lassonde, nouvelle porte d’entrée de l’établissement qui domine les plaines d’Abraham. C’est pourquoi ils ne se font pas prier pour découvrir une programmation diversifiée, le tout dans un lieu qui n’a jamais été aussi lumineux.

Avec l’expansion de ses espaces d’expositions, un hall d’entrée majestueux et de grands escaliers qui invitent à la curiosité, le MNBAQ représente une adresse incontournable, et pas seulement pour les amateurs d’art. Comme d’autres établissements de la ville, le musée est devenu un carrefour culturel où il est possible d’assister à des conférences, mais aussi à des concerts ou à des projections de films.

Jusqu’au 13 mai, les lieux seront dominés par le génie d’Alberto Giacometti, un artiste majeur du XXe siècle dont les sculptures, les peintures et les dessins furent influencés autant par l’art égyptien que par le surréalisme. La grande rétrospective, comprenant 230 objets, dont quelques chefs-d’oeuvre comme L’homme qui marche, va ainsi donner le ton à l’ensemble de la programmation printanière.

En plus des visites guidées pour mieux saisir les nuances de son oeuvre, quelques conférences viendront éclairer des aspects particuliers de sa démarche. Celle-ci sera d’ailleurs mise en parallèle avec d’autres figures illustres du XXe siècle, comme Modigliani et Louise Bourgeois, un regard posé par Françoise Lucbert, historienne de l’art à l’Université Laval (le 28 mars à 19 h 30). Fasciné jusqu’à l’obsession par la figure humaine, Giacometti a cherché l’atteinte de la ressemblance, et c’est cette quête que va décrire André Gilbert, conservateur au MNBAQ (le 11 avril à 19 h 30). Et l’une de ces figures était celle de l’écrivain et dramaturge Jean Genet, que Giacometti va reproduire de diverses manières : de cette expérience de modèle, l’auteur des Bonnes tirera un texte, L’atelier, lu par les comédiens Christian Michaud et Emmanuel Bédard (le 4 avril à 19 h 30).

Pour tous les cinéphiles de passage à Québec, le détour en vaudra la peine, et pas juste pour les passionnés de l’oeuvre de Giacometti : la présentation du dernier film du réalisateur et acteur Stanley Tucci, Final Portrait, avec l’Australien Geoffrey Rush dans le rôle du créateur exigeant, parfois exécrable, et à ses côtés Sylvie Testud, Tony Shalhoub et Armie Hammer, encore auréolé du succès de Call Me by Your Name. À voir à partir du 30 mars jusqu’au 13 mai, à l’auditorium Sandra et Alain Bouchard.

Au-delà d’Alberto

Cette nouvelle salle, située dans le pavillon Lassonde, permet aux visiteurs du MNBAQ de renouer avec le plaisir du cinéma, surtout les dimanches après-midi, où plusieurs films québécois des dernières décennies (on remonte aussi loin qu’à La petite Aurore, l’enfant martyre !) sont projetés.

Autre plaisir cinématographique à l’horizon, la tenue de la version Vieille Capitale du Festival international du film sur l’art, du 14 au 18 mars. Cette manifestation tient toujours ses promesses en offrant des productions exceptionnelles sur toutes les disciplines artistiques.

Se relâcher au musée

Du 5 au 9 mars, les enfants sont conviés au MNBAQ, bien sûr sous le sceau Alberto Giacometti. Une série d’activités sont prévues en marge de l’expo consacrée au maître suisse de la sculpture et de la peinture, et les enfants pourront s’inspirer de sa démarche. Ateliers de modelage et d’assemblage sont offerts au pavillon central et au Charles-Ballairgé, endroits privilégiés pour apprendre à fabriquer des mobiles ou des silhouettes semblables à ceux de l’artiste. Pour ceux qui auraient envie d’autres frissons artistiques, des artistes du cirque prendront d’assaut le grand hall du pavillon Lassonde, sans compter la possibilité pour les enfants de 6 à 12 ans de participer à un camp d’une journée. D’autres seront sûrement tentés par une projection de film à l’ambiance particulière : le cinéma-pyjama ! Le 6 mars à 19 h, les enfants auront l’impression d’aller au lit, mais pas avant d’avoir vu, ou revu, le film d’animation Ballerina, d’Eric Summer et Eric Warin.