Une femme à la mer! Aventures de femmes naufragées, Marie-Ève Sténuit

Les femmes et les enfants d’abord ? Allons-y voir ! La consigne maritime date de 1852. Elle fut lancée pour la première fois non pas par le capitaine d’un navire en péril, mais par un passager, lieutenant-colonel de son état. Malheureusement pour lui, il périt dans le naufrage du HMS Birkenhead. Avec le capitaine. Pour Marie-Ève Sténuit, historienne de l’art passionnée par l’archéologie sous-marine, l’image du « seul maître à bord après Dieu » sombrant avec son bâtiment relève davantage du mythe que de la réalité. Pour un capitaine Smith (celui du Titanic), combien y a-t-il eu de commandants au comportement beaucoup moins héroïque (celui du Costa Concordia vient à l’esprit) ? En effet, il semble que l’instinct de survie l’emporte sur l’élan chevaleresque, car, selon une étude de l’Université d’Uppsala, rapporte l’auteure, ce sont d’abord les enfants, puis les femmes, qui ont payé le plus lourd tribut à la mer dans 18 naufrages ayant fait les manchettes entre 1852 et 2011. Dans son ouvrage, l’historienne présente huit tragédies maritimes s’échelonnant du XVIe au XIXe siècle. Il y est question des disparues de la Méduse comme de celles de l’Amphitrite, deux naufrages carrément imputables à la bêtise des hommes en poste d’autorité, comme de la bravoure d’une dame Denoyer (non, son patronyme n’annonçait pas son destin) et de plusieurs autres face à la menace des flots. Quel bel hommage !

Une femme à la mer! Aventures de femmes naufragées

★★★★★

Marie-Ève Sténuit, Éditions du Trésor, Paris, 2017, 224 pages