Le vrai parapluie de Cherbourg: en hommage au film de Jacques Demy, un créateur offre un objet de luxe

La parapluie emblématique a vu le jour plus de 20 ans après la sortie du film «Les parapluies de Cherbourg» et se décline en une jolie palette de couleurs.
Photo: Louise Gaboury La parapluie emblématique a vu le jour plus de 20 ans après la sortie du film «Les parapluies de Cherbourg» et se décline en une jolie palette de couleurs.

Il y a Les parapluies de Cherbourg, le film mythique de Jacques Demy qui a remporté la Palme d’or au Festival de Cannes en 1964, mais aussi le parapluie de Cherbourg, un bel article de luxe fabriqué sur place. Il est ironique que, même s’il ne pleut pas tant que ça à Cherbourg, la ville soit associée à des images de parapluies.

Ce jour-là, le soleil brillait, mais il ventait suffisamment pour ne pas mettre en doute le fait que la ville soit située dans la deuxième région parmi les plus venteuses de France. Qu’à cela ne tienne, le parapluie de Cherbourg résiste non seulement à la pluie, mais également aux bourrasques.

Le parapluie de Cherbourg a vu le jour plus de 20 ans après la sortie du film. Son créateur, Jean-Pierre Yvon, a grandi dans la région, issu d’une famille de manufacturiers du cuir depuis le début du XIXe siècle. Photographe basé à Paris, il a parcouru le monde avant de revenir, plein d’usage et raison dans la ville qui l’a vu naître.

Une marque et son écrin

Rentré au pays avec des malles pleines de soieries et de bijoux, il ouvre une boutique de souvenirs exotiques avant de lancer le parapluie, clin d’oeil et hommage au film de Demy, au tournage duquel il avait assisté enfant. Après 10 ans de sous-traitance, Jean-Pierre Yvon décide de fabriquer lui-même, à Cherbourg, ce parapluie de qualité.

« J’ai vendu ma maison, embauché cinq personnes et fait venir sur place un couple d’Italiens qui, en un mois, m’ont enseigné les ficelles du métier. Je voulais un beau produit, fait avec des matériaux nobles, le plus souvent français, mais également d’Italie et d’Angleterre et même du Japon. »

Photo: Louise Gaboury Le créateur du parapluie de Cherbourg, Jean-Pierre Yvon, secondé par son fils Charles.

La manufacture a pignon sur le quai Alexandre III dans un prestigieux immeuble qui abritait auparavant la Banque de France. « La marque avait besoin de son écrin », souligne Jean-Pierre Yvon. Son fils Charles, diplômé d’une école de commerce, le seconde désormais.

L’entreprise abrite maintenant une quarantaine de machines à coudre et emploie une quinzaine de personnes. Elle fabrique 15 000 parapluies par année, mais son patron espère doubler la production d’ici trois ans. Le modèle de base se détaille autour de 120 euros. Les modèles plus luxueux peuvent être fabriqués sur mesure en choisissant chacune des composantes du parapluie.

Résolument orienté vers le haut de gamme, le véritable Cherbourg se décline en une jolie palette de couleurs et une variété de modèles. L’un peut résister à des vents de plus de 150 km/heure, un autre, protéger efficacement les élus de la pluie, mais peut-être pas des injures...

Quelques marques de luxe en font fabriquer à leur logo pour offrir de somptueux cadeaux d’entreprise. Des palaces les proposent à leurs clients. Pour des modèles exclusifs, le prix peut atteindre plus de 1000 euros. parapluiedecherbourg.com