Le long du «camino», romance en Pologne et plaisir des Îles

Photo: Alexandre Shields Le Devoir Les îles de la Madeleine, c’est la cueillette de coquillages, les châteaux de sable et les « croxignoles »… Le rêve pour la famille !

La saison des vacances est à nos portes. Où nous mènera-t-elle ? Notre équipe de collaborateurs voyageurs chevronnés présente ses choix : en famille, en couple, en solo, c’est le temps de partir !

En solo à Saint-Jacques-de-Compostelle… Un chemin imprégné d’une spiritualité tenace qui prend toute sa signification lorsque fait en solo, à son rythme. Un tête-à-tête avec soi-même. Dans ses Confessions, Jean Jacques-Rousseau écrit : « Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, que dans les voyages que j’ai faits seul et à pied. »

Je ne peux que donner raison à ce philosophe et écrivain du XVIIIe siècle, adepte de la solitude et amoureux de la nature. Voyager en solo laisse une grande place à l’inspiration du moment, permet de se retrouver soi-même. Et le pied fait marcher la tête.

Si Paris, Londres, Amsterdam, New York, Bangkok, Berlin, Prague et quasi le monde en entier peuvent se visiter seul — toute considération économique mise à part, je pense d’emblée au chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle pour un voyage en solo. Pourvu que l’on aime marcher en moyenne 25 km par jour, la rencontre avec l’autre — car nous ne sommes jamais seuls sur ce chemin mythique — et la vie de dortoir. En France, il existe quatre voies sacrées menant à Compostelle. Je conseille, comme première expérience, de marcher la plus ancienne, la Via Podiensis, au départ de Puy-en-Velay. Cette grande randonnée traverse sur 740 km le sud de la France avant de rejoindre l’Espagne, où le Camino Francés prend le relais sur une distance de 780 km.

On peut choisir de parcourir ce chemin au complet, la démarche authentique, ou par tronçons de deux semaines, si le temps manque. Conseil d’amie : entre Puy-en-Velay et Conques, partie la plus populaire de ce spectaculaire pèlerinage, il est important de réserver les premiers gîtes si on ne veut pas se retrouver à dormir sur le parvis de l’église.

La Via Podiensis traverse des paysages spectaculaires. Plus fréquenté que les autres voies, on s’y sent en sécurité. Il dispose d’une infrastructure touristique géniale : gîtes, restaurants, toilettes, points d’eau et une organisation transbagages impeccable.

Un périple comme celui-ci ne s’improvise pas, il faut s’astreindre à de sérieux préparatifs, parmi lesquels quelques semaines d’entraînement à la marche, histoire de se mettre en jambe. ET préparer le paquetage. Attention au poids du sac à dos. Entre huit et dix kilos max !

duquebecacompostelle.org

En couple à Cracovie… Romantique jusqu’à la dernière pierre, classée l’une des douze plus belles villes du monde par l’UNESCO, on y passe des semaines, main dans la main, sans se lasser. La Pologne représente beaucoup pour moi. J’avais 19 ans lorsque j’y suis allée pour la première fois. J’étais accompagnée de mon futur mari, Polonais d’origine. J’allais découvrir le pays où mon beau-père a vécu jusqu’à ce que les nazis y débarquent un 1er septembre 1939 et occupent l’appartement où ils vivaient avec son frère et ses parents.

Puis, nous y sommes retournés quelques fois avant d’y séjourner pendant un an pour un projet d’études. Passage obligé de quelques semaines à Cracovie pour un cours de polonais. Nous avons parcouru les mêmes couloirs de la connaissance que le médecin et astronome Nicolas Copernic, et le pape Jean-Paul II, à l’Université Jagellon, l’une des plus anciennes universités d’Europe centrale, fondée en 1364 par Casimir le Grand. Nous y sommes retournés avec nos trois ados, qui à leur tour rêvent d’y retourner en couple. Comme nous, ils iront lire Cendres et diamant à l’ombre du château Wawel, ancienne résidence et lieu de sépulture des rois de Pologne, se sucreront le bec au café Jama Michalika et se régaleront de pierogis dans un bar à lait pour bourses modestes. Oui, Cracovie est romantique jusqu’à la dernière pierre. Vivante, jeune et branchée aussi. Vu le nombre infini de bars, de cours arrière, de terrasses et de caves gothiques, on peut y passer sa vie à se regarder dans les yeux et à y refaire le monde.

Et puis, elle a ceci d’exceptionnel qu’elle s’est toujours relevée de ses guerres et, chaque fois, elle a repris sa position de plus jolie ville de Pologne. Si jolie, d’ailleurs, que ses nombreux envahisseurs ont toujours préféré l’habiter plutôt que de la détruire. C’est une vraie vieille ville et non une reconstruction à la suite d’un passé marqué par la guerre.

La vieille ville est entièrement piétonne. J’adore arpenter le Rynek Glowny, la place du Marché principal, l’une des plus grandes places léguées à l’Europe par le Moyen Âge. Symbole de la tradition marchande de la Cracovie médiévale, on y poursuit toujours en son centre et sous les arcades du bâtiment style Renaissance ses activités commerciales.

En marchant vers la Vistule, on arrive dans le quartier de Kazimierz, l’un des plus branchés de la ville avec ses nombreux restaurants et ses vieux cafés où l’on jase politique à voix basse, à la lueur des bougies et au son de la musique klezmer.

La rue Josefa mène vers ce qui fut pendant six siècles le quartier juif de Cracovie. Le quartier, vidé de la plupart de ses habitants par l’Holocauste, puis abandonné aux plus démunis de la société pendant les 40 années de communisme, reprend peu à peu des couleurs, en partie grâce au tournage du film La liste de Schindler, de Steven Spielberg.

Cracovie est également la porte d’entrée d’une douzaine d’escapades, chacune avec sa propre histoire. Notons par exemple les mines de sel de Wielicka, aussi inscrites en 1978 au Patrimoine mondial de l’UNESCO, à dix kilomètres au sud-est de Cracovie : 300 kilomètres de galeries sur neuf niveaux, d’une profondeur de 327 mètres. Ou encore le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, qui ne laisse personne indifférent.

krakow.travel/fr


Photo: Hélène Clément Discuter de longues heures autour d’un café ou d’une bière... Cracovie en couple!


 

En famille, direction les îles de la Madeleine ! C’est calme, c’est beau, c’est simple. La nature sans kitsch. Les activités tournent autour de la mer, des falaises de grès rouge, du vent, du sable, de la cueillette de coquillages, bleuets et pommes des prés, et de la cuisine des Îles. Quel enfant n’aime pas ?

Et par temps pluvieux, on sort les cartes pour un jeu de paquet voleur, on se prépare une « tchaude » aux palourdes et un pot-en-pot pour se délecter, ou on met le cap sur le site historique de La Grave, à Havre-Aubert, pour visiter l’Aquarium des Îles.

Cet aquarium présente une collection vivante d’étoiles et d’anémones de mer, de pétoncles, de palourdes, de crabes, de homards. Aménagé dans un ancien entrepôt de salaison du poisson, il dispose de plusieurs bassins interactifs où les petits curieux peuvent toucher certaines des espèces. Il est aussi possible de participer à des excursions à la découverte de l’habitat naturel de ces animaux sur les plages environnantes.

À moins que vous préfériez partir à la recherche de « croxignoles », ces fameux beignets tressés et frits dans l’huile de loup marin. Exclusive aux îles de la Madeleine, cette pâtisserie traditionnelle n’est pas facile à dénicher. Lancez le défi à vos enfants !

L’archipel est composé d’une douzaine d’îles. Sept sont habitées — Grande-Entrée, Grosse-Île, île aux Loups, Havre-aux-Maisons, Cap-aux-Meules, Havre-Aubert, île d’Entrée —, mais seulement six sont reliées entre elles sur une distance de quelque 100 kilomètres.

Question plages, on a donc l’embarras du choix. Pour de longues marches, la baignade (si les courants le permettent) et l’observation de couchers de soleil, la plage de la Dune de l’ouest, connu aussi sous le nom de «plage du Corfu», à l’île du Havre-Aubert.

Pour les amateurs de vagues (côté mer) et de mollusques (côté lagune), la plage de la Dune du nord, sur l’île de la Pointe-aux-Loups. Pour la rando, il y a aussi la magnifique plage de la Grande Échouerie, à Grosse-Île, et celle de la dune du Havre-Aubert, où, pour atteindre l’extrémité, il faut marcher 12 kilomètres. C’est sur cette superbe plage que se déroule au mois d’août le concours des châteaux de sable. À voir du 11 au 13 août 2017.

Mille et une choses encore… Les falaises de la Belle Anse, à Cap-aux-Meules, pour le coucher de soleil ; l’Économusée du sable, à Havre-Aubert, pour voir les méthodes qu’utilisent les artisans pour sculpter le sable et en faire des pièces uniques ; le Site d’autrefois, un village d’antan où un pêcheur raconte la vie des Madelinots d’autrefois…

tourismeilesdelamadeleine.com

chateauxdesable.com



 

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