La comédie humaine, oeuvre scientifique

La Maison de Balzac, rue Raynouard, dans le XVIe arrondissement. Caché sous le pseudonyme de M. Breugnol, il séjourna pendant sept ans dans l’ancienne «folie» d’un hôtel particulier.
Photo: Hélène Clément La Maison de Balzac, rue Raynouard, dans le XVIe arrondissement. Caché sous le pseudonyme de M. Breugnol, il séjourna pendant sept ans dans l’ancienne «folie» d’un hôtel particulier.

La comédie humaine veut être « l’histoire oubliée par tant d’écrivains », celle des moeurs. Pour Balzac, le système de la société est comparable à celui de la nature et peut être analysé selon une démarche scientifique qui se réfère aux classifications zoologiques.

La comédie humaine est structurée en trois sections : les Études analytiques développent les principes théoriques qui gèrent la vie sociale ; les Études philosophiques cherchent à identifier les causes des aléas de la vie sociale ; les Études de moeurs offrent des cas concrets divisés en six ensembles de romans, qualifiés de « scènes ».

Balzac s’astreint d’abord à une distinction des espèces sociales comparable à celle des espèces animales. La classification et les typologies suscitent un engouement général au début du XIXe siècle, mais il se garde d’intégrer dans La comédie humaine ce qu’elles comportent de caricatural et s’efforce de rendre unique chacun de ses personnages.

Par ailleurs, Balzac dépasse les systèmes de classification biologique. « L’animal a peu de mobilier, il n’a ni arts, ni sciences ; tandis que l’homme, par une loi qui est à rechercher, tend à représenter ses moeurs, sa pensée et sa vie dans tout ce qu’Il approprie à ses besoins. »

Aussi, le logement, l’habillement ou le mobilier déterminent-ils socialement les êtres humains, ce qui explique l’importance des descriptions.

L’identification de l’origine ou du milieu d’une personne par sa manière de se vêtir, de se mouvoir ou de se meubler n’a rien perdu de son actualité. Propos recueillis à la Maison de Balzac, rue Raynouard, XVIe arrondissement parisien.

La comédie humaine comprend 91 romans et plus de 2200 personnages, dont un millier ont des liens familiaux. Leur arbre généalogique est représenté de façon monumentale à la Maison de Balzac.

Certains de ces personnages sont si vivants qu’ils sont devenus des modèles, tel le père Goriot, icône de la paternité…