Escapade à Berlin: vois, dîne, fête!

La piscine publique du nouvel hôtel Oderberger
Photo: Carolyne Parent La piscine publique du nouvel hôtel Oderberger

Hiver comme été, la belle Allemande rallie les fêtards. Et les amateurs d’art. Et les adeptes d’expériences qui sortent de l’ordinaire. Nimbée de la magie de Noël, la capitale est plus aguichante que jamais ! Nos bons plans de visite.

De par le vaste monde, rares sont les villes aussi électrisantes que Berlin. Cela tient au fait qu’après la réunification du pays, des créateurs du monde entier se sont installés dans les quartiers de l’ancienne Berlin-Est pour trois fois rien.

Ils en ont fait la ville aux 800 happenings quotidiens, un carrefour artistique international majeur, « pauvre, mais sexy », disait son maire, Klaus Wowereit, en 2003. Treize ans plus tard, Berlin est peut-être un peu moins la bonne affaire qu’elle était, mais elle compte toujours parmi les capitales les plus abordables d’Europe. Et, plus important encore, les artistes continuent de la dynamiser.

Dans l’un de ces secteurs de l’Est, justement, Prenzlauer Berg, un bain public datant de 1902, abandonné dans les années 1980 et adopté par la faune alterno dans la décennie suivante, a trouvé une nouvelle vocation : celle d’hôtel. Inauguré en janvier dernier après quatre ans de travaux, l’Oderberger compte 72 chambres et suites-appartements où luminaires d’époque, portes des anciennes salles de bain individuelles, tuiles d’hier et photos d’archives font revivre l’esprit de l’ex-Stadtbad. Grandiose, la piscine, elle, a rouvert en octobre dernier. Avis, donc, à ceux qui aiment loger dans des établissements atypiques.

Photo: © Wolfgang Scholvien visitBerlin Le marché de Noël du Gendarmenmarkt

S’inscrire à une visite guidée personnalisée est toujours une bonne idée. Avec GoArt ! Berlin et Julius Weiland, un maître-verrier sympa, nous avons fait une virée dans Schöneberg, du côté de galeries d’art contemporain pointu comme Blain Southern et de magasins concepts, tel Andreas Murkudis. Installé dans l’ancien siège du quotidien Der Tagesspiegel, ce dernier avait tout l’air d’une galerie lui aussi.

Du côté des grands musées, à voir : une rétrospective des oeuvres d’Alice Springs, alias June Browne Newton, au Museum für fotografie jusqu’au 14 mai 2017 ; Otto Dix et la Nouvelle Objectivité au Sammlung Scharf-Gerstenberg jusqu’au 23 avril 2017 ; et plein d’autres expos sur le site smb.museum.

Dans la catégorie « nouveau musée interactif fascinant pour toute la famille », il y a Le Spionagemuseum. Bien sûr, on y découvre un tas de gadgets, telle Enigma, la fameuse machine allemande de chiffrage et de déchiffrage de l’information utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, et dont il est question dans le film The Imitation Game. On y voit aussi un soutien-gorge dissimulant un appareil photo appelé F-21 et censé être porté sous une légère robe d’été. (Pauvre espionne !)

On peut même tenter de déjouer des rayons laser, façon film d’action hollywoodien. Mais le coup de maître de l’établissement est d’avoir retracé d’anciens agents de la CIA, du KGB et de la Stasi, et d’avoir obtenu d’eux qu’ils se racontent devant une caméra.

Résultat ? Une collection de témoignages captivants mis en contexte par des analystes politiques. On rencontre ainsi un certain Wolfhard Thiel, qui relate tout bonnement, et ça donne froid dans le dos, sa vie d’infiltré du KGB en sol américain, pendant la guerre froide et jusqu’en 1990, et on se dit que son histoire aurait très bien pu inspirer les scénaristes de la télésérie The Americans !

Fêtes de strasse

Pour profiter au mieux de l’esprit des Fêtes à la berlinoise, on ira siroter un verre de vin chaud dans l’un des nombreux marchés de Noël de la ville, comme celui qui est installé à côté de l’église du Souvenir (Kaiser Wilhelm, sur la Kurfürstendamm). Celui du Gendarmenmarkt organisera notamment une fête le 31 décembre prochain. À la porte de Brandebourg, on célébrera en grand le passage à 2017 avec les traditionnels feux d’artifice.

Un million de fêtards sont attendus le long de la célèbre Strasse des 17. Juni et de ses deux kilomètres jalonnés de kiosques alimentaires et d’estrades, où se produiront des DJ. Aussi, jusqu’au 1er janvier 2017, le jardin botanique présentera ses illuminations du temps des Fêtes, assorties d’une patinoire et d’étals de spécialités culinaires. Ça s’annonce charmant.

Photo: Hôtel Oderberger Une des chambres de l’Oderberger, dans l’édifice qui abritait autrefois le bain public du quartier Prenzlauer Berg

Enfin, dans une ville réputée pour ses bonnes tables, il n’est pas sorcier de trouver un resto où festoyer. Parmi les étoilés au Michelin, il y a Nobelhart Schmutzig, qui fait beaucoup jaser avec sa philosophie de cuisine strictement locale… On n’y demande donc pas de poivre ! Il y a aussi Weinbar Rutz (2 étoiles), dont nous gardons un excellent souvenir.

Cette fois-ci, nous sommes allés chez Eins Unter Null, « un sous zéro » faisant référence au fait qu’on dîne au cellier et qu’on lunche au rez-de-chaussée de cette bonne adresse de Mitte (fermé les 24-25 décembre et les 1er-2 janvier).

Alors qu’à Montréal une tendance de restauration actuelle est le repas constitué de plusieurs petits plats à partager, ce qui fait qu’on se dispute généralement le troisième bout de chorizo, ici, le chef Andreas Rieger propose plutôt un menu comptant dix miniplats, en majorité végétariens.

On en choisit six ou on les prend tous, mariés ou non à des vins de plusieurs terroirs allemands, et que le spectacle commence ! Car chaque assiette est une oeuvre d’art en soi, qui n’est pas sans rappeler le repas kaiseki japonais. Une cuisine next gen qu’on a tout le loisir de savourer sans distraction puisque l’usage du téléphone cellulaire est interdit. Pour un dîner de fête en tête-à-tête très « vieille gen », c’est wunderbar !


En vrac

Consulter. Le guide Lonely Planet Berlin signé Andrea Schulte-Peevers et Berlin Itinéraires, chez la même maison d’édition, devraient vous inspirer d’autres belles visites. Les auteures du second livre, Isabel Kreitz et Cécile Calla, présentent les quartiers de la ville selon leur esprit, par exemple « Un parfum d’avant-guerre » pour Schöneberg et « Berlin créateur » pour Mitte et ses cours industrielles. lonelyplanet.fr.

Renseignements : visitberlin.de.