Trouver le Nord et autres secrets d’orientation des voyageurs d’autrefois, Olivier Le Carrer

Les premiers marins et grands voyageurs, on le sait, utilisaient autant les étoiles que le soleil pour se repérer et trouver leur voie. Mais sait-on qu’il est possible d’envisager la présence d’une île, au beau milieu de l’océan, simplement en apercevant un nuage ? Qu’en mer, certains oiseaux donnent des indices de la présence de la terre ferme ? Que progresser en file indienne permet à une caravane de chameaux de ne pas s’écarter de son chemin ? Mieux : avant que d’illustres cartographes n’établissent les tenants et aboutissants du monde, qui pouvait se douter qu’on peut partir de Terre-Neuve et naviguer jusqu’à Vancouver sans jamais changer de cap ni rencontrer de terres ? Autant de choses qu’on apprend dans ce livre aussi instructif qu’agréable à parcourir. D’une part, on y explore les techniques utilisées par les auteurs de certains des plus célèbres écrits et récits de voyage, de l’astronome Pythéas à Christophe Colomb, en passant par Paul de Tarse et Marco Polo ; de l’autre, on passe en revue des outils simples mais efficaces pour se diriger à la surface du globe, comme le compas hawaïen, les stick charts des îles Marshall et la règle des marins, avant d’aborder l’utilité des sextant, astrolabe et autres bâtons de Jacob. Agrémenté de fabuleuses cartes d’époque (comme celle de « Taiti » en 1769, par James Cook, ou celle de Calicut — Calcutta —, réalisée en 1572), sillonné d’itinéraires mythiques (les voies romaines, les routes de l’étain, de la soie, de l’encens, de l’ambre…), Trouver le nord permet aussi d’entrer dans la tête des aventuriers-aviateurs que sont Mermoz, Lindbergh et Saint-Exupéry, et de trouver son chemin en compagnie de Lewis et Clark, à pied et en canot sur plus de 10 000 kilomètres aux États-Unis. Voilà un fascinant livre de chevet qui donne envie de partir sur les traces des plus grands… sans GPS.

Trouver le Nord

★★★★ 1/2

Olivier Le Carrer, Delachaux et Niestlé, Paris, 2016, 193 pages