Paris Lumière noire, Michel Setboun

Encore un livre sur Paris ? Mais oubliez paillettes et froufrous, le Paris de Michel Setboun est d’un noir aussi nocturne que ses états d’âme. « La nostalgie n’est plus ce qu’elle était », écrivait Simone Signoret ; c’est dans cet esprit que l’auteur s’inventera une ville qui n’existe que dans son imagination, selon ses propres mots. Dans les pas distingués de photographes tels que Brassaï et Ronis, ou encore Doisneau qu’il fréquenta au temps de l’agence Rapho, Setboun pose un regard intemporel, en quête d’un Paris qui n’existe plus. Gamins espiègles, chanteurs de rue ou modestes journaliers ont tous déserté la ville. Les lieux sont restés… mais la législation moderne sur le droit à l’image en limite terriblement la reproduction. Le débat sur la privatisation de l’espace public s’ouvre d’ailleurs en fin d’ouvrage, les contraintes des photographes professionnels étant incalculables : « J’ai dû faire disparaître les Parisiens de ce livre », confesse l’auteur. Le résultat est pourtant bien là, dense, contrasté, admirablement composé. À mettre entre toutes les mains.

Paris Lumière noire

Michel Setboun, Éditions de La Martinière, 2016, 240 pages