Des toits verts au service du développement durable

Alice Mariette Collaboration spéciale
Il devrait bientôt être possible d’aller faire de l’autocueillette sur le toit vert du Palais des congrès de Montréal.
Photo: Palais des congrès de Montréal Il devrait bientôt être possible d’aller faire de l’autocueillette sur le toit vert du Palais des congrès de Montréal.

Ce texte fait partie du cahier spécial Tourisme - Destinations d'affaires

Fidèle à sa mission de générer des retombées intellectuelles et économiques pour le Québec, le Palais des congrès de Montréal a encore innové en 2016. Avec un projet inédit de verdissement de ses toits et un nouveau partenariat avec les Fonds de recherche du Québec, le Palais continue de participer au rayonnement international de la métropole.

Sur l’immense toit du Palais des congrès se côtoient aujourd’hui les abeilles des trois ruches de Miel Montréal, les potagers en bacs Culti-Vert et les nouveaux murs végétaux du projet VERTical.

Le dernier-né du Laboratoire d’agriculture urbaine, inauguré à la fin de l’été, est un potager nouveau genre. Il est composé d’une série d’échafaudages où des toiles tendues accueillent fraises, fleurs comestibles, légumes et fines herbes. « Nous nous sommes inspirés des plantations verticales installées depuis l’année dernière sur les toits des Galeries Lafayette, à Paris », indique Jean-Philippe Vermette, cofondateur de AU/LAB, Laboratoire de recherche, d’innovation et d’intervention en agriculture urbaine associé à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM. Après quelques allers et retours entre les deux villes pour faire de l’échange de connaissances, l’équipe montréalaise a imaginé son propre projet.

Cet espace vert vise tout d’abord la réduction des îlots de chaleur et l’amélioration de la qualité de l’air du centre-ville. « La plantation à la verticale a un autre avantage, celui de la densification de la production », précise Chrystine Loriaux, directrice, communications et marketing au Palais des congrès de Montréal. Sur 1 pi2 au sol, ce système permet près de 3 pi2 d’espace cultivable. Une récolte dense, dont une partie est destinée à Capital Traiteur, fournisseur officiel du Palais, et à qui la vente de la culture en bacs était déjà exclusivement réservée depuis 2011. « On peut difficilement faire plus frais,note-t-elle. Au-delà de la fraîcheur, pouvoir profiter de cette récolte et l’offrir dans les assiettes des congressistes nous permet de sensibiliser les gens à ce beau projet. »

Une autre portion devrait être vendue aux restaurateurs, traiteurs et hôtels dans un rayon d’un kilomètre. « Nous allons aussi faire don de denrées à l’organisme la Maison du Père, qui aide les personnes en situation d’itinérance », ajoute Mme Loriaux.

Il sera aussi bientôt possible d’aller faire de l’autocueillette sur le toit du Palais, selon M. Vermette. « On aimerait développer un volet événementiel et organiser différentes activités agrotouristiques dans un endroit ludique et inusité, pour les entreprises par exemple », explique-t-il. D’ici l’année prochaine, l’équipe espère pouvoir accueillir ses premiers événements.

« Un projet de réinsertion sociale en partenariat avec la Maison du Père est aussi en instance de développement », présente Mme Loriaux. Les modalités restent à définir, mais l’équipe souhaite permettre à des gens en situation d’itinérance de travailler dans le cadre du projet, notamment au moment de la plantation et de la récolte.

Montrer l’exemple

« Comme on a la chance de pouvoir profiter d’une immense superficie de toit ici au centre-ville, on a voulu l’utiliser dans une optique de développement durable et se positionner en chef de file en encourageant les gestionnaires immobiliers à faire la même chose que nous. On veut qu’ils nous copient », commente Mme Loriaux. L’hôtel Intercontinental a, par exemple, son propre jardin sur toit depuis 2014. « C’est à la fois le développement du Palais, mais surtout la promotion de Montréal comme ville engagée », ajoute-t-elle.

Si ces différents projets d’agriculture urbaine n’ont pas pour vocation première d’attirer plus de clients, Mme Loriaux pense tout de même que cela peut peser dans la balance. « Par exemple, lorsque nous avons travaillé à la candidature pour obtenir le congrès de la Fédération internationale des associations d’apiculteurs, Apimondia 2019, le fait d’avoir les abeilles sur le toit a impressionné ceux qui devaient prendre la décision », illustre-t-elle. Aucun autre projet de développement durable n’est en cours, mais Mme Loriaux confirme que le Palais souhaite continuer à faire progresser l’agriculture urbaine.

Générer des retombées intellectuelles

Autre nouveauté, le Palais des congrès a développé un partenariat avec les Fonds de recherche du Québec (FRQ) et le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, pour mettre en valeur les chercheurs québécois à travers la tenue de congrès internationaux.

« C’est un partenariat gagnant-gagnant,précise Mme Loriaux. Cela encourage les chercheurs à s’impliquer dans l’organisation d’événements internationaux, tout en générant des retombées intellectuelles, ce qui consiste en l’une de nos missions, et cela peut nous aider lorsque l’on présente notre candidature pour des congrès internationaux. »

Le Palais et le Fonds souhaitent que ce partenariat profite à la communauté scientifique et participe à positionner Montréal comme ville d’accueil pour la science.

L’entente prévoit notamment un prix Relève, qui vise à récompenser des chercheurs qui ont travaillé activement à la confirmation d’un événement à Montréal. « Les chercheurs vont donc promouvoir la tenue d’événements », pense Mme Loriaux. Cette nouvelle reconnaissance s’ajoute au concours Étudiants-chercheurs étoiles des FRQ, qui existe depuis 2012, dont la remise de prix se fait lors du Gala Reconnaissance du Palais des congrès.

Pour la cinquième année consécutive, Montréal a par ailleurs été sacrée première ville des Amériques pour l’accueil d’événements internationaux, selon l’International Meetings Statistics Report de 2015, publié par l’Union des associations internationales (UAI). « Si Montréal est la première, ce n’est pas le fruit du hasard, estime Mme Loriaux. C’est grâce à ses valeurs ajoutées. »

Elle mentionne notamment les différentes infrastructures de la ville, son côté agréable et animé, mais aussi les innovations technologiques, économiques et scientifiques très développées de Montréal.

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