Un week-end pas (trop) cher à New York

One World Trade Center, ou Freedom Tower, est la pièce maîtresse du nouveau complexe WTC.
Photo: Carolyne Parent One World Trade Center, ou Freedom Tower, est la pièce maîtresse du nouveau complexe WTC.

En cette saison où toutes nos dépenses au sud de la frontière sont automatiquement majorées d’un bon 30 %, à cause du taux de change, découvrons non pas tant l’Upper West Side ou le Lower East Side que le « Cheap Side » de la Grosse Pomme.

Non, la faiblesse du huard n’aura pas raison du « pèlerinage » annuel à Manhattan ! À nous, le nouveau Whitney de Renzo Piano, le MET Breuer, le High Line Park, le nouvel observatoire du One World Trade Center, Eataly et cie… où se presseront également cette année le nombre record de 59,7 millions de visiteurs, selon les prévisions de NYC Company, l’agence de promotion de la ville.

Mais, pour ne pas flamber en un long week-end tout le budget de nos vacances estivales et profiter au mieux de notre séjour, il faudra faire des choix judicieux… Des choix qui, précisons-le tout de suite, excluent néanmoins la radinerie (et les punaises de lit qui viennent parfois avec elle), notre « pas trop cher » étant ici synonyme de « pas ruineux » et de « bon rapport qualité-prix », le tout sur fond de confort et de chic, à tout le moins de style.

59,7 millions
C’est le nombre record de visiteurs que devrait accueillir la ville cette année, selon NYC & Company.

Et comment se rend-on dans la ville de ce cher Bill (de Blasio, le maire) ? Fin mai dernier, le meilleur billet qu’on ait pu dénicher pour le long week-end de la fête du Canada s’élevait à 345 $ chez American Airlines ; soit un aller-retour sans escale nous faisant atterrir à New York à une heure raisonnable en soirée, le jeudi 30 juin, et décoller en fin d’après-midi le dimanche 3 juillet. Pas mal du tout, mais encore trop cher pour notre budget ?

Prenons alors le bus tard dans la soirée du jeudi et rentrons à Montréal le dimanche après-midi pour 144 $, aller-retour, avec Greyhound. Tandis que le site Travelmath nous apprend que le trajet Montréal-Manhattan-Montréal en voiture coûte 105 $ d’essence, somme à laquelle il faut ajouter au bas mot 100 $ de stationnement à destination et l’ennui, du moins pour certains, de devoir conduire. À chacun de voir !

Se loger décemment et à bon compte

Se loger décemment et à bon compte est chose vite réglée à Manhattan pour peu que le fait de vivre dans l’appart d’un inconnu nous sourie. Effectivement, toujours à la fin de mai dernier, on pouvait encore trouver sur Airbnb un petit appartement dans Lower East Side pour quelque 150 $ la nuitée (dans les faits, plutôt 200 $ avec les frais de service et de ménage) pour notre long week-end.

À titre comparatif, près de Central Park, une chambre de catégorie standard à l’Hudson, un hôtel aux dehors quelconques mais dont l’intérieur porte la griffe de Philippe Starck, coûtait 215 $US la nuit, toutes taxes comprises, pour ce long week-end du 1er juillet. Chose certaine, qu’on y loge ou pas, cap sur sa jolie terrasse sur le toit avec vue sur le fleuve, la bien nommée Sky Terrace, à l’heure de l’apéro !

À la fin d’avril dernier, nous avons plutôt séjourné au Best Western Plus Hospitality House, qui jouit d’un emplacement privilégié à l’angle de la 49e Rue et de Lexington, soit en plein coeur de l’action. Cet hôtel-boutique comprend 35 suites, en réalité de véritables appartements comptant une ou deux chambres, un grand salon et une cuisine complète.

Ce week-end-là, le tarif d’une suite à une chambre s’élevait à 240 $ la nuitée, un copieux petit-déjeuner pour deux personnes compris — une vraie aubaine pour un tel emplacement, mais qui ne se reproduira sans doute pas avant la prochaine arrière-saison. C’est tout de même une adresse à retenir.

Par ici, les sorties !

S’il s’agit d’une première visite à New York, on pourrait être tenté de faire un tour en car panoramique comme le Big Bus, mais, à moins d’avoir envie de rester coincé dans un bouchon de circulation, épargnons-nous les 52 $US de ce billet et marchons, ou prenons le subway. Par contre, pour voir Manhattan habillé de lumière la nuit venue, ou encore pour sillonner Brooklyn, tous à bord !

De même, lors d’un premier séjour, on pourrait vouloir se procurer une City Pass qui donne accès, pour 159 $, à six attraits new-yorkais iconiques, dont l’Empire State Building, le Metropolitan Art Museum et la statue de la Liberté, mais ce n’est peut-être pas une bonne idée lors d’un long week-end, à moins de vouloir tout visiter au pas de course...

Par ailleurs, la statue, on la voit très bien le temps d’une croisière d’une demi-heure, gratuite en plus, vers Staten Island. Il suffit de se rendre, au terme d’une promenade dans Battery Park, à l’embarcadère du Staten Island Ferry. Départ garanti du Whitehall Terminal toutes les demi-heures, et le soir, la vue sur la ville est fantastique.

Pour ce qui est du MET, saviez-vous qu’au guichet de ce musée comme à celui du Met Breuer (l’ex-Whitney), le prix d’entrée de 25 $US par personne n’est qu’une… recommandation ? En fait, on paye ce qu’on veut, tout en étant néanmoins invité à être le plus généreux possible.

Une autre sortie estivale incontournable, notamment pour qui souhaite prendre un bain de nature, est le formidable jardin botanique de Brooklyn, dont l’entrée est gratuite le samedi entre 10 h et midi. Or, deux heures, c’est plus qu’il n’en faut pour explorer le jardin japonais et s’emplir les yeux de beauté.

Enfin, qui dit New York dit aussi Broadway, et y voir un musical est pour plusieurs un incontournable. On est prêt à voir n’importe quoi ? À Times Square, le kiosque TKTS vend des billets soldés à 40-50 % de leur valeur pour des représentations le jour ou le soir même.

Mais il vaut mieux acheter d’avance son billet sur le site de The Broadway Collection lorsqu’on veut s’assurer d’avoir de bonnes places pour une comédie musicale aussi courue qu’An American in Paris, lauréate de nombreux prix, dont celui du meilleur spectacle de 2015 décerné par l’Outer Critics Circle.

Donné au théâtre Palace, ce musical, dont les chansons sont signées Ira et George Gershwin, présente une trame somme toute bien mince, mais les numéros conjuguant danse contemporaine et ballet sont spectaculaires, et les décors en jettent.

Se restaurer : des adresses « atmosphériques »

À Manhattan, faisons comme les Manhattaniens : à l’heure du lunch, si le temps le permet, improvisons un pique-nique chic. Du côté de Central Park, on fera une halte à la boulangerie Le Pain quotidien (site d’une buvette où, fin des années 1800, on servait des eaux minérales) pour s’approvisionner en sandwichs et en salades, qu’on ira ensuite grignoter sous le soleil de Sheep’s Meadow, le pré adjacent.

Du côté du Meatpacking District, on se procurera de quoi se sustenter au Gansevoort Market qui, en juillet, devrait être installé dans ses nouveaux quartiers, situés selon toute probabilité au 353, 14e Rue Ouest. (Au moment de publier, ladite adresse semblait tenir du secret d’État…).

Ces victuailles, on les savourera à proximité, au High Line Park, confortablement installé dans l’un des nombreux transats publics jalonnant l’ancienne voie ferrée. Ensuite, on pourra enchaîner avec la visite du nouveau Whitney Museum of American Art, non loin.

On préfère s’attabler ? À Herald Square, The Pennsy est une nouvelle foire alimentaire proposant plusieurs restaurants au menu alléchant où on peut manger en terrasse. Eataly, le marché du chef Mario Batali et le « Canadian Tire » de la gastronomie italienne, est une autre option gourmande. Psitt : pour un lunch avec vue, direction La Birreria, sur le toit.

S’il tombe des cordes, on recherchera les enseignes de la chaîne Wichcraft pour leurs sandwichs du tonnerre ou on ira savourer un bol de ramen au porc au Momofuku Noodle Bar, le resto asiatique sans prétention du chef américano-coréen David Chang, dans Lower East Side.

Dans Midtown, une adresse d’initiés est La Bonne Soupe pour son menu salade, soupe, dessert et verre de vin maison à moins de 25 $US.

Au rayon des bouis-bouis pleins d’atmosphère, le mythique Carnegie Deli, où plane l’aura de Woody Allen ; Lombardi’s, la première pizzeria de Little Italy ; et Russ Daughters, le diner historique de Lower East Side immortalisé dans le documentaire Sturgeon Queens (à voir sur YouTube !) sont des valeurs sûres.

Au coucher du soleil, on ira siroter un cocktail au Loopy Doopy Rooftop Bar de l’hôtel Conrad New York, dans Lower Manhattan. Sur cette autre jolie terrasse avec vue sur le fleuve Hudson, on aura tout le loisir de réfléchir à un endroit où aller dîner. Peut-être arriverons-nous à la conclusion qu’étant donné toutes les économies réalisées, on peut même s’offrir un festin ce soir !

En vrac

Tous les prix mentionnés dans cet article sont en dollars canadiens, sauf indication contraire.

Pour plus d’idées de sorties gratuites, consulter nycgo.com/free.

Dans son livre 300 raisons d’aimer New York (éditions de l’Homme), Marie-Joëlle Parent, qui y vit depuis 2009, propose plusieurs bonnes adresses de galeries d’art (notamment dans Chelsea), de librairies et de parcs où il n’en coûte pas un penny pour passer un bon moment. Il en va de même pour ses suggestions d’activités originales, tels un safari-photo dans Greenwich Village ou encore la découverte de l’art urbain rue Bowery.

On emporte le guide Escale à New York (éditions Ulysse) ou on le télécharge en format numérique pour se référer à ses bons plans de visite.


Notre journaliste était l’invitée de NYC Company pour une partie de son séjour.