Le pastoralisme, côte que côte

Dans les Hautes-Pyrénées: le pastoralisme y est plus présent que dans les autres massifs français.
Photo: Pierre Meyer OT Gavarnie-Gèdre Dans les Hautes-Pyrénées: le pastoralisme y est plus présent que dans les autres massifs français.

Se retrouver nez à nez avec une vache au détour d’un sentier ou voir déferler l’onde blanche de centaines de brebis sur des reliefs : rien de bien surprenant. Des troupeaux de ruminants fréquentent les prairies d’altitude des Pyrénées depuis bien plus longtemps que les randonneurs.

Le pastoralisme est d’ailleurs plus présent ici que dans les autres massifs français. Et qu’on les appelle cayolars, olha ou cuyalaa, les cabanes traditionnelles des bergers, en pierre, s’égrènent par milliers dans les replis de la montagne.

Le pastoralisme ? « Une activité d’élevage extensif qui exploite une végétation spontanée et saisonnière », précise Didier Buffière, directeur du Centre de ressources sur le pastoralisme et la gestion de l’espace des Hautes-Pyrénées.

Elle repose sur la transhumance quand les troupeaux convergent vers des estives à plus de 1500 mètres, entre fin mai et fin octobre selon l’altitude, pour se délecter d’un fourrage de qualité.

Ovins et bovins en balade

Environ 600 000 ovins et 100 000 bovins font la balade dans tout le massif. Oubliez toutefois l’image des périples au long cours de bergers accompagnant les troupeaux vers les sommets.

La plupart des transhumances s’effectuent désormais en camion, sauf pour celles « de proximité » où les éleveurs des vallées conduisent leurs bêtes vers les pâturages proches.

Les troupeaux ne sont pas toujours gardés non plus. Sauf dans les Pyrénées-Atlantiques, où domine l’élevage des brebis laitières : leur traite matin et soir exige la présence d’un berger.

Ailleurs, les éleveurs n’ont pas toujours les moyens de s’attacher les services d’un garde-troupeau qu’il faut décemment loger en altitude.

Pourtant, le berger permettrait de prévenir les attaques d’ours, réintroduits dans les Pyrénées à la fin des années 1990.

« L’ours est une menace difficile à gérer, nuance Didier Buffière. S’il ne peut pas attaquer un troupeau, il se reporte sur un autre. Il peut parcourir 50 kilomètres en une nuit. Le pastoralisme est surtout menacé par les difficultés de renouvellement des générations d’éleveurs. »

Sauf dans les Pyrénées-Atlantiques, encore, où le marché porteur de la fabrication de fromages, avec en vedette l’Ossau-Iraty, attire toujours les jeunes.

À voir

Du 20 au 22 juillet 2016, la transhumance de la Bernatoire. Près de 1000 vaches espagnoles franchissent la frontière dans la pure tradition des accords transfrontaliers régissant les estives des Pyrénées.