La Villa Medici, une fenêtre française sur Rome

La Villa Medici côté jardin
Photo: Louise Gaboury La Villa Medici côté jardin

La présence de la France à Rome est presque aussi éternelle que la ville elle-même. L’Académie de Rome, installée dans la très belle et presque secrète Villa Medici, célèbre cette année son 350e anniversaire.

La façade austère de la Villa Medici, un des plus beaux exemples de villa Renaissance à Rome, domine la ville du haut du Pincio, entre la piazza di Spagna et la piazza del Popolo. Le prestigieux édifice abrite depuis 1803 l’Académie de France à Rome, fondée par Louis XIV pour accueillir des artistes français venus s’inspirer des merveilles de la Ville éternelle, ou copier des antiquités.

Parmi ses pensionnaires célèbres : Fragonard, Bouguereau, Carpeaux, Charles Garnier, Gounod, Bizet, Berlioz, Debussy et la compositrice Lili Boulanger, première femme à être admise dans ce cercle sélect.

Le lieu, superbement restauré sous l’impulsion du peintre Balthus qui l’a dirigé pendant plus de 15 ans à partir de 1960, a gardé sa vocation culturelle. Il accueille chaque année artistes, chercheurs, musiciens, écrivains, cinéastes, etc., venant maintenant de toute la francophonie.

Une quinzaine de projets sont acceptés chaque année. La Villa Medici présente également des concerts et des expositions temporaires tout au long de l’année.

Ce magnifique endroit doté de splendides jardins est ouvert au public. C’est un véritable enchantement de visiter cette oasis de paix à quelques marches au-dessus de la foule de touristes qui jouent des coudes sur la piazza di Spagna. Grand collectionneur d’art, le cardinal Ferdinand de Medici a laissé son empreinte dans cette villa toscane originellement construite par le cardinal Ricci.

L’appartement du cardinal, richement décoré, est l’oeuvre de l’atelier du peintre maniériste Jacopo Zucchi, comme les deux pièces ornementées du pavillon Ferdinand-de-Medici, la stanza degli ucelli (la chambre des oiseaux), inspirée de la faune ailée vivant dans le parc, et la stanza dell’aurora (la chambre de l’aurore).

Côté jardin, la façade exubérante affiche une intéressante intégration d’éléments antiques originaux datant des premiers siècles apr. J.-C. La théâtrale loggia offre une vue imprenable sur le jardin divisé en seize carrés, six parterres et un bosco de chênes verts planté sur les ruines de temples antiques. Le jardin figure au palmarès des plus beaux parcs d’Italie.

Grâce à Balthus, notamment, il a gardé pratiquement le même aspect qu’au XVIe siècle, sauf pour les pins parasols plantés sous le directorat d’Ingres entre 1835 et 1840. Une des curiosités du jardin, le groupe des Niobides, met en scène Niobé, punie pour s’être vantée de sa fécondité, qui assiste aux meurtres de ses six enfants tués par Apollon et Artemis…

350 ans de création

Il y a sur place un charmant bistro, Le Colbert, clin d’oeil à celui qui avait soufflé à l’oreille du Roi-Soleil l’idée d’une Académie de France à Rome.

Cafés et petite restauration sont servis dans un décor moderne et une atmosphère feutrée avec une vue magnifique.

Une exposition spéciale, 350 ans de création. Les artistes de l’Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours, sera présentée du 14 octobre 2016 au 15 janvier 2017. Visites guidées de la villa tous les jours, sauf le lundi.