Havres de rêve

À l’heure bleue, un yacht presque à soi !
Photo: Windstar À l’heure bleue, un yacht presque à soi !
Il était un petit navire à l’ambiance de yacht privé. Des ports d’escale inédits. Des excursions bien pensées. Une rare tranquillité à bâbord comme à tribord. La croisière se raffine!


Amateurs de bateaux de croisières intimes, prenez note… L’an dernier, les lecteurs du Condé Nast Traveler ont élu Windstar Cruises « Meilleure compagnie de croisières au monde dans la catégorie des petits navires », et ils ne s’y sont pas trompés.

Connue jusqu’à récemment pour ses trois grands voiliers, dont le Wind Surf (l’ex-Club Med I, un superbe cinq-mâts), Windstar Cruises a fait l’acquisition, au printemps dernier, de trois yachts de la Seabourn Cruise Line. Rebaptisés Star Pride, Star Breeze et Star Legend, ils ont tous été réaménagés de la proue à la poupe.

La cure de jouvence du Star Legend, sur lequel nous avons navigué en décembre à l’occasion de sa croisière inaugurale dans les Antilles, aura coûté 8,5 millions $US. Tout comme sa parentèle immédiate, il est long de 134 mètres et peut accommoder 212 passagers.

Aussi, toutes ses cabines sont en fait des suites ultraspacieuses comprenant un salon et dotées d’un hublot de format panoramique à défaut d’un balcon.

Avec six restaurants et bars, une salle de spectacles, un gym, un spa, une jolie bibliothèque et une petite salle de cinéma, les aires publiques sont particulièrement nombreuses pour un navire ne comptant que six ponts passagers.

Le mois dernier, à plus d’une reprise avons-nous eu l’impression d’être seuls à bord, bien que nous étions en réalité 175 croisiéristes !

D’autres bonnes surprises nous ont ravis. De un, notre capitaine ne nous assommait pas quotidiennement de 13 messages à la douzaine au micro.

De deux, on ne tenait pas non plus à nous vendre chaîne en or au mètre ou trois massages et demi pour le prix de deux !

De trois, des excursions étaient proposées, comme il se doit, mais compte tenu du service de navette offert entre le yacht et les différents ports en centre-ville et des longues escales, il était aisé d’organiser soi-même ses sorties à terre.

Pour Bianca Snyman, responsable du service à la clientèle à bord du Star Legend, Windstar Cruises se distingue des autres compagnies de croisières par son ambiance relaxe et ses ports d’escale.

« Décontracté est le maître mot de l’expérience Windstar, dit-elle. Nous avons peut-être acheté ces yachts de Seabourn, mais ils n’ont plus rien du caractère formel de cette compagnie. Ici, on s’habille selon notre bon jugement et personne n’est forcé de dîner avec d’autres passagers.

« Et puis, nos ports d’escale sont souvent différents de ceux de la concurrence. Par exemple, en Italie, nous nous arrêtons à Portofino et ici, nous ferons escale à Montserrat plutôt qu’à Saint-Thomas, et à Marigot plutôt qu’à Philipsburg, où tout le monde va. »

Ce nouvel itinéraire d’une semaine de Windstar débute et se termine à Porto Rico, plus précisément à San Juan, une petite capitale au centre historique particulièrement éblouissant. Puis, cap sur Dewey, à Isla Culebra, une municipalité insulaire portoricaine ; sur Gustavia, à Saint-Barthélemy ; Little Bay, à Montserrat ; Marigot, à Saint-Martin ; ainsi que sur deux îles vierges britanniques, soit Jost Van Dyke et Virgin Gorda.

À Dewey, un bus nous a déposés sur la formidable playa Flamenco. Nous y avons lézardé, dégusté quelques alcapurrias (beignets au crabe), la bouffe de plage portoricaine par excellence, et admiré des… chars d’assaut abandonnés sur le rivage par la marine américaine. Celle-ci y a en effet mené des entraînements militaires de 1939 à 1975. Comme les tortues de mer affectionnent particulièrement les plages de l’île, nous aurions pu aussi aller nager avec elles accompagnés d’un écoguide.

À Saint-Barth, le Dubaï des Antilles pour le yacht spotting, nous avons passé une partie de la journée sur un catamaran à plonger de-ci, de-là. À Jost Van Dyke, le croissant de « farine » blanche de White Bay nous a littéralement coupé le souffle. Mais, de toutes nos escales, c’est Montserrat, où seule Windstar s’arrête pour l’instant, qui nous a le plus chavirés.

La « Pompéi des Caraïbes »

« Trust no cloud », conseillait un autocollant apposé sur le pare-brise d’une camionnette, à Little Bay. En effet, se méfier de tous les nuages est ici un sage conseil… À l’été 1995, un volcan à dômes multiples, Soufrière Hills, dévasta grosso modo la moitié sud de Montserrat. Couverte de cendres, Plymouth, la capitale, où était concentrée 90 % de l’activité économique de l’île, fut définitivement abandonnée deux ans plus tard. Aujourd’hui, la destination renaît peu à peu au tourisme en faisant visiter sa ville fantôme.

« En 1995, c’était tellement beau, la fumée qui s’échappait de la montagne ! dit notre guide Arthur Meade. Comme les terres les plus fertiles sont situées du côté de Plymouth, les gens ne voulaient pas partir. Il y a eu 19 morts. »

C’est une île très verte aux habitations pimpantes (car pour la plupart neuves) que nous traverserons jusqu’à la tristement célèbre Plymouth. Sur ce site à accès interdit sans autorisation, le volcan étant bien actif, nous avons rencontré Roderick Stewart, directeur du Montserrat Volcano Observatory. Celui-ci rêve de redévelopper la ville en un géoparc avec le soutien de l’UNESCO. « Mais ce projet est tributaire des droits de propriété [même ensevelis, propriétés et terrains appartiennent encore à quelqu’un] et de grosses discussions sont à prévoir… », dit-il.

D’ici là, il est possible de se promener dans la ville dans le cadre d’une excursion supervisée, et c’est une visite pour le moins particulière. Sur l’ancienne jetée portuaire, le regard embrasse la montagne menaçante, ses flancs et toute une plaine où des habitations sont ensevelies à des degrés divers sous les scories volcaniques. Nimbé qu’il est de la vapeur et des gaz qu’émet Soufrière Hills, le paysage est ahurissant.

Pour M. Stewart, les visites guidées pourraient, à long terme, servir à financer la création éventuelle du géoparc. « Mais si l’activité du volcan s’intensifiait, cela mettrait un stop à tout cela… »

À Little Bay, un petit port a été construit pour accueillir les premiers croisiéristes depuis la tragédie. Un village se développe dans ses parages.

M. Jaxxonz tire un revenu de la vente de son excellent vin de gingembre aux touristes. M. Meade et d’autres insulaires font de cette excursion leur gagne-pain. Quant à nous, nous avons regagné le Star Legend avec le sentiment d’avoir participé à une activité touristique qui avait du sens pour tout le monde.

Notre journaliste était l’invitée de Windstar Cruises.

En vrac

La clientèle de Windstar. Des professionnels et des gens d’affaires en couple, âgés entre 40 et 70 ans.

 

Des nouveautés. En février prochain, la compagnie inaugurera son deuxième nouvel itinéraire dans les Antilles. Baptisé Hidden Caribbean, il comprend lui aussi des ports d’escale moins courus, dont Bequia, dans l’archipel de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Des croisières à teneur gastronomique sont également proposées dès ce printemps. Elles composent la James Beard Foundation Collection, cette fondation honorant le travail de chefs américains.

 

Une bonne adresse. En 1989, l’ouragan Hugo a mis un terme à une industrie musicale florissante à Montserrat. Le producteur des Beatles, sir George Martin, y possédait en effet une « filiale » d’AIR, ses studios d’enregistrement londoniens. Duran Duran, Sting, Eric Clapton, Elton John et Paul McCartney, entre autres, y ont endisqué. Si les studios n’ont pas survécu au cataclysme, l’Olveston House, la résidence de sir Martin, a été reconvertie en une charmante auberge où l’on peut s’arrêter pour luncher. Y sont notamment exposées de très belles photos des Beatles signées Linda McCartney.

 

Une vue d’enfer. Toujours à Montserrat, il vaut la peine de s’arrêter au Volcano Observatory.

 

Un bon achat. Les Caraïbes, le nouveau guide de poche de la collection « Explorez », chez Ulysse. C’est un précieux outil pour tout croisiériste dans les Antilles car il répertorie ce qu’il y a à faire et à voir dans 27 îles ; aussi disponible en format numérique.

À contre-courant

À l’heure où plusieurs compagnies de croisières considèrent que leurs paquebots constituent des destinations en soi, d’autres, comme Windstar ou Ponant, misent au contraire sur des itinéraires qui sortent de l’ordinaire. Entretien avec Michele Hanson, chef de produit chez Windstar.

 

En vertu de quels critères choisissez-vous les ports d’escale ?

 

Ils doivent autant que possible être petits et sortir des sentiers battus, et en plus, être en mesure d’offrir une variété d’activités d’intensités différentes à nos passagers. Et ça, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît dans les Antilles, alors que la plupart des excursions tournent autour des sports nautiques !

 

Quelles sont les exigences des destinations envers Windstar ?

 

Le respect de leur population, le respect de leur environnement et que tous profitent au mieux de l’activité touristique. Je leur dis d’être patients quant au dernier point mais qu’à terme, il y aura un effet d’entraînement [dû à notre présence] dans l’économie locale.

 

Quelles sont les destinations dont vous êtes la plus heureuse de contribuer à faire connaître ?

 

Certainement Montserrat et la ville engloutie [par les cendres de l’éruption volcanique de Soufrière Hills], où nous sommes les seuls à aller ; Isla Culebra, une île superbe où aucune autre compagnie de croisières ne se rend ; le cours de cuisine avec un chef français dans un restaurant gastronomique de Grand-Case, à Saint-Martin ; et les Saintes, dans l’archipel de la Guadeloupe.

4 commentaires
  • Jeannine Laporte - Abonnée 17 janvier 2016 14 h 52

    Publi-reportage?

    «Notre journaliste était l’invitée de Windstar Cruises».

    Quel en est le prix, raisonnable qualité/prix? Il y aurait six restaurants. Quelle est la qualité de la nourriture, le type de menus; le personnel s'adresse-il aux clients en français, le parle-t-il, le comprend-il?

    Jeannine Laporte

  • Colette Pagé - Inscrite 17 janvier 2016 17 h 11

    Bémol !

    Il faut visiter le site de l'entreprise pour constater qu'un nombre élevé de clients se déclarent insatisfaits. Pourtant la chroniqueuse voyage a fait une description dythérenbique de son voyage. Pas la moindre critique !

    • Jeannine Laporte - Abonnée 17 janvier 2016 17 h 33

      C'est ce que j'ai aussi essayé de souligner dans mon commentaire. Description dithyrambique en effet. Sans avoir lu les critiques sur le site, je me posais des questions sur un article d'une journaliste qui, selon moi, relève plutôt du publi-reportage. Je ne sais pas ce qu'en disent ceux qui ont fait ce voyage mais j'aurais aimé trouver dans cet article plus de renseignements et non seulement des louanges.

  • Carolyne Parent - Abonnée 18 janvier 2016 08 h 59

    Ainsi, il aurait suffit de deux, trois commentaires négatifs pour que mon "publi-reportage" le soit moins?! J'ai raconté ici ce qui fait la force de cette compagnie de croisières. J'aurais pu écrire combien cette dame de l'Illinois avait été stupéfaire de constater que le capitaine du navire avait retardé notre départ pour l'attendre, son avion ayant décollé en retard, du rarement vu dans l'industrie. J'aurais pu dire que plusieurs des passagers à bord étaient des habitués de Windstar -- ce qui témoigne sûrement de la qualité de ses prestations. Et puis, mes louanges, il me semble bien qu'elles concernent surtout les ports d'escale. Quant aux prix, ils varient éminemment selon les types de cabine, les ponts et les dates de départ. Ils figurent sur le site Web, que vous avez d'ailleurs déjà trouvé. Là-dessus, merci de me lire!