Si Hundertwasser m’était conté

Le musée Hundertwasserhaus, à Vienne, abrite une partie des œuvres de l’artiste Friedrich Hundertwasserhaus.
Photo: Alexander Klein Agence France-Presse Le musée Hundertwasserhaus, à Vienne, abrite une partie des œuvres de l’artiste Friedrich Hundertwasserhaus.

Vienne. À gauche, Mozart, à droite, Sissi. Entre les deux, des cafés, des boutiques et une ville résolument traditionnelle, dans son architecture et ses statues. Tout est assez rectiligne, classique. Les cafés préparent toujours les mêmes cafés-crème. Le temps est pluvieux.

Un étudiant à la perruque poudrée essaie de vendre de l’Amadeus pour la soirée. Schönbrunn se régale d’une nouvelle exposition.

On arrive à la 3e Avenue, un peu en-dehors du Ring, un peu en dehors du centre. Une foule est amassée devant un pâté de maisons façonné d’une centaine de couleurs. C’est la Hundertwasser Haus. La maison aux 100 eaux.

Friedrich Hundertwasser en est le créateur. Un artiste un peu déjanté, écolo, amoureux des eaux et créatif au possible.

Sur son immeuble, il y a près de 300 arbustes et plantes qui émergent des murs. En bas, une fontaine envoie de l’eau à l’envers. Que des collines, des montées et des descentes, rendant le parcours invraisemblable. Il s’attaqua aussi aux timbres-poste et aux plaques minéralogiques.

La façade est fabriquée de bouts de verre, de métal, de plastique et de silicone. Certains disent qu’il s’est inspiré de Gaudi. Certes, pour les couleurs, pas pour la structure. Des restos et boutiques ferment l’ensemble.

Il ferma les yeux lors d’un voyage de la Nouvelle-Zélande à l’Europe, en 2000. Sur le Reine-Elizabeth. Arrêt cardiaque. Dernière demande de sa part : l’enterrer nu enveloppé d’un drapeau néo-zélandais qu’il avait conçu.