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Face à Airbnb, la concurrence s’organise

Photo: Thomas Northcut Getty Images

Si Airbnb a révolutionné la location immobilière de courte durée en facilitant la vie des vacanciers, le groupe américain pratique des tarifs qui peuvent en refroidir certains. Le site, qui revendique plus d’un million d’annonces dans le monde, ponctionne 3 % du loyer au propriétaire du logement et reçoit du locataire une commission allant de 6 % à 12 % de ce montant.

Pour justifier ces prix, Airbnb met en avant ses services haut de gamme. Les transactions sur son site sont sans risque puisque les paiements se font à travers sa plate-forme sécurisée, et le locataire n’est débité qu’après avoir obtenu les clés et visité l’habitation, ce qui réduit considérablement les risques d’escroquerie.

Les propriétaires apprécient aussi la garantie en cas de dégradation du bien pouvant aller jusqu’à 800 000 euros [plus d’un million $CAN]. De leur côté, les locataires louent la disponibilité du service client et vantent l’efficacité de l’interface qui permet aux internautes de laisser leur avis sur les logements loués.

Imparable, cette recette a fait d’une start-up Internet créée à San Francisco en 2008 un géant mondial du tourisme. Et son succès fait boule de neige car plus le site regroupe d’annonces, plus il attire de visiteurs, ce qui augmente les chances des propriétaires de louer leur logement. « Nous comptons 30 millions d’utilisateurs dans le monde, 50 % de plus qu’en 2014 », se félicite Nicolas Ferrary, directeur d’Airbnb France.

Face au site américain, une dizaine de concurrents tentent de se développer en mettant en avant d’autres arguments. Ils se nomment Abritel, Homelidays, Housetrip, Bedycasa, Sejourning, Wimdu, Interhome, PAP Vacances, Se Loger Vacances, Nestpick, Le Bon Coin…

« Notre positionnement est différent, explique Vincent Wermus, directeur d’Abritel France. Notre offre est plus familiale et se compose essentiellement de résidences secondaires disponibles une grande partie de l’année, alors que plus de 80 % des logements sur Airbnb sont des résidences principales situées en ville, généralement à louer pour de courtes périodes. »

En cours de refonte, le site PAP Vacances revendique un positionnement similaire, avec des tarifs encore plus bas. Quant au site Bedycasa, challenger direct d’Airbnb, son point faible est qu’il ne rassemble que 30 000 annonces.

Autre élément ne jouant pas en faveur des concurrents du groupe américain : leurs formules d’assurance, toujours payantes, sont loin d’être aussi sécurisantes que celle d’Airbnb. Fondé en 2009, Housetrip ne propose aucune garantie. Le site ne fait rien payer au locataire, mais prélève une commission élevée (entre 20 % et 30 %) sur le loyer perçu par le propriétaire.

Pour éviter que des locataires soient déçus par des annonces un peu trop « embellies », voire arnaqués par des escrocs, le groupe mise sur son dispositif de paiement sécurisé, semblable à celui d’Airbnb, et sur ses dizaines d’employés chargés de vérifier les 300 000 annonces du site à partir de Lisbonne.

Sur ce plan, les acteurs qui ont créé de véritables équipes spécifiques, comme Abritel, Homelidays, PAP Vacances ou Housetrip, présentent de meilleures garanties que ceux, comme Le Bon Coin, sur lesquels les annonces sont contrôlées par un logiciel. Mais la sécurité a un coût et ces sites sont systématiquement payants.