Clin d'oeil - Roppongi Hills: tout nouveau, tout beau, à Tokyo!

Dans les six mois qui ont suivi son inauguration, en avril 2003, Roppongi Hills, le nouveau coeur culturel de Tokyo, a attiré 26 millions de curieux, soit plus de trois fois la population de la capitale! C'est que l'ensemble, qui a coûté la mirobolante somme de quatre milliards $US, suscite l'admiration tant sur le plan urbanistique que sur celui de sa vocation.

Situé dans Minato-ku, le quartier des ambassades, Roppongi Hills est une ville dans la ville, où l'on peut vivre, travailler et se divertir. Le développement du géant japonais de l'immobilier, Minoru Mori, comprend une pièce maîtresse - la Tour Mori, haute de 54 étages -, ainsi que l'hôtel Grand Hyatt Tokyo, des édifices commerciaux, des immeubles résidentiels, des espaces verts, de grandes places et un mobilier de rue étonnant, le tout sur 11,6 hectares. La Tour Mori, l'hôtel et l'un des édifices commerciaux ont été réalisés par le bureau d'architectes Kohn Pedersen Fox Associates à qui l'on doit, à Montréal, la Tour IBM-Marathon, sur le boulevard René-Lévesque Ouest.

Défis de taille

Remplacer une densité horizontale par une densité verticale: tel était le défi numéro un du projet, lancé en 1986. Pour ce faire, il a fallu convaincre les 500 propriétaires des terrains sur lesquels Roppongi Hills s'élève aujourd'hui d'accepter de les céder en échange du droit d'occuper l'un des appartements des nouvelles constructions.

«Nous avons discuté avec les propriétaires pendant 14 ans et, finalement, 400 d'entre eux ont accepté notre offre», explique Toru Nagamori, directeur des relations publiques internationales pour Mori Building.

«Notre objectif était de revitaliser Roppongi, un secteur qui avait perdu de son attrait pour les familles, et de créer une véritable communauté, poursuit-il. Le jour, Tokyo a environ la même population que Manhattan, 13 millions, mais le soir, comme Manhattan, elle se dépeuple. Les gens mettent 70 minutes en moyenne pour gagner leur lieu de travail. Nous avons voulu contribuer à renverser ce phénomène. Aujourd'hui, 20 000 personnes travaillent à Roppongi Hills et 2000 personnes y vivent.»

On voit grand, chez Mori Building, promoteur, soit dit en passant, du World Financial Center de Shanghai. Le défi numéro deux que Roppongi Hills doit maintenant relever est de devenir un carrefour culturel qui assurera la viabilité internationale de Tokyo, rien de moins. «Car il y a dix ans, Tokyo occupait le cinquième ou sixième rang des meilleures villes du monde. Aujourd'hui, elle occupe la 26e position», note M. Nagamori.

Aussi, la Tour Mori abrite le Roppongi Academy Hills, un centre voué aux échanges culturels pouvant accueillir 500 personnes, et, depuis octobre dernier, le Mori Art Museum, qui occupe les 52e et 53e étages. Une première au pays, ce musée d'art contemporain, en lien avec le MOMA, la Tate Gallery et le Centre Georges-Pompidou, est dirigé par un étranger, l'Anglais David Elliott.

Loin d'être confiné dans sa tour, l'art rejoint aussi la rue avec un mobilier comprenant de nombreuses sculptures, dont l'araignée surdimensionnée de Louise Bourgeois, et des bancs publics aux formes surprenantes.

Un hôtel de rêve

Au cinéma Virgin, aux 200 boutiques, bars et restaurants - dont L'Atelier Robuchon - du complexe, s'ajoutent les 390 chambres et suites du Grand Hyatt Tokyo, un vrai palace.

«L'image de la bannière Grand Hyatt n'est pas la même en Amérique qu'en Asie, souligne Mark K. Kobayashi, chef du service des relations publiques internationales de l'hôtel. Ici, c'est le glamour qui la définit. Tom Cruise était chez nous récemment, pour la promotion du Dernier Samouraï, et Jaguar, pour dévoiler ses derniers modèles.»

Glamour ou pas, le client a droit, moyennant 600 $ à 6000 $ la nuitée, à une chambre spacieuse et lumineuse, où le bois est pâle comme il se doit, la literie italienne, l'eau minérale norvégienne, la baignoire énorme — et elle se remplit en cinq minutes —, la connexion Internet archi-rapide et les écrans de télé (car il y en a aussi un dans la salle de bains) ultra-plats. Et au cas où la programmation télévisuelle le serait tout autant, une sélection de films numériques est à la disposition du client.

Le spa Nagomi est bien sûr à la hauteur avec sa piscine de granit rouge, son bain à remous évoquant vaguement une barboteuse futuriste, son gym sophistiqué et ses cabines de soins tout luxe.

Côté restos, il y en a dix pour satisfaire tous les palais et tous les appétits de glamour. À cet égard, mentionnons The French Kitchen, où les tables sont disposées de part et d'autre d'une longue passerelle, que les clients doivent emprunter, tels des mannequins lors d'un défilé, et le restaurant nord-européen Juniper, où des caméras captent sur le vif des images des convives qu'elles retransmettent sur des écrans à l'entrée de l'établissement.

«Le bar Maduro est l'endroit le plus in de tout Roppongi», assure M. Kobayashi. Au menu: whiskys, cigares et bossa-nova pour clientèle Chanel. Glamour, qu'il a dit, le monsieur? Chose certaine, Grand Hyatt Tokyo ne détonne pas dans cet ensemble touristique de première qu'est Roppongi Hills.

- Bon à savoir: Roppongi Hills ne dort jamais, ou presque. La plupart des boutiques sont ouvertes jusqu'à 23h et le cinéma projette ses films jusqu'à 5h du matin les week-ends. Le musée ouvre à 10h tous les jours et ferme ses portes à minuit le vendredi et le samedi (22h les autres jours sauf le mardi, 17h). Une belle exposition, intitulée Happiness, y est présentée jusqu'au 18 janvier 2004. Enfin, au 52e étage de la Tour Mori, on peut jouir d'une vue panoramique de 360° sur Tokyo, tous les jours, de 9h à

1 heure du matin.

- Pour plus d'infos: www.roppongihills.com, www.grandhyatttokyo.com et la Japan National Tourist Organization, % (416) 366-7140, www.jnto.go.jp.

Carolyne Parent remercie Air France, qui a assuré gracieusement son transport jusqu'à Tokyo, ainsi que la Japan National Tourist Organization.