Bons coups, mauvais coups

Le Bhoutan, une destination pour écovoyageurs avertis
Photo: Carolyne Parent Le Bhoutan, une destination pour écovoyageurs avertis
Ici et ailleurs, quelles sont les initiatives et les tendances touristiques pro-environnementales que nous estimons particulièrement inspirantes ? Quelles sont aussi ces mauvaises pratiques qui nous mettent en beau joual vert ? Tour d’horizon de mesures concrètes, parfois inusitées, pour préserver la planète, assorties de quelques sources de mécontentement.


Côté feu vert, mentionnons le courant du microtourisme et, dans le même esprit, celui du slow travel, l’un et l’autre consistant à se poser dans une destination pour l’explorer à fond, à pied ou à vélo.

La valorisation des cours d’eau. À Montréal, cela a donné naissance à la plage urbaine du Vieux-Port, qui se dotera d’un bassin de baignade d’ici 2017 ; à Paris, au formidable aménagement piétonnier des berges de la Seine.

Les modes de transport non polluants tels que le Cyclopolitain, le vélo-taxi français. Dans la Ville lumière, les touristes l’utilisent pour faire des tours de ville.

Des billets de tramway gratuits avec un séjour hôtelier. C’est la bonne idée qu’a eue, entre autres, l’hôtel Victoria à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, un établissement vert bouteille qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme.

La stratégie antiplastique du Henry Morgan Resort. Cet hôtel de l’île de Roatan, au Honduras, fournit à ses hôtes une seule bouteille d’eau pour toute la durée de leur séjour.

Ceux-ci la rempliront ensuite à partir de distributrices mises à leur disposition sur le site. Voilà qui règle le problème à sa source…

Le recyclage des restes de savon, un projet de Clean the World en collaboration avec le secteur hôtelier. Donner une deuxième vie à de vieux savons, faire don de ces nouveaux pains aux pays qui en ont besoin et y réduire l’incidence de mortalité infantile : il fallait y penser.

Les toits verts des hôtels Le Fairmont. Des jardins potagers et des ruchers d’altitude combattent l’effet « îlot de chaleur » et alimentent en partie les cuisines. Tout bon.

Les efforts de conservation du patrimoine à la Laiterie Charlevoix de Baie-Saint-Paul. L’entreprise est impliquée dans un projet de sauvegarde de la vache de race canadienne et raconte, dans son économusée, l’histoire de l’industrie laitière au Québec.

Par méthanisation du lactosérum, elle produit aussi l’énergie dont sa fromagerie a besoin et traite ses eaux blanches. Chapeau !

L’activité de « désherbage » du village de Brantes, en Provence, suivi de l’atelier de cuisine sauvage des Aventurières du goût. Plaisirs du terroir et entretien du territoire : le beau concept !

La transplantation de corail aux Fidji. Ce travail de Sisyphe vise à régénérer les récifs abîmés par le réchauffement du Pacifique et les fournisseurs de matériel d’aquarium. Dans l’île de Viti Levu, certains hôtels invitent les touristes à participer aux travaux, une chouette activité de sensibilisation à la protection des fonds marins.

Feu rouge
Côté feu rouge, signalons ces hôtels qui nous invitent à économiser l’eau et à épargner à la Terre des zillions de lessive, mais dont le personnel procède au remplacement inutile de serviettes qui reposaient comme il se doit sur leur support afin d’être réutilisées. Argh…

Les activités récréotouristiques qui perturbent la vie animale. Les raies, pas plus que les requins de récif, n’ont nul besoin de nous pour se nourrir. Et tant qu’à y être, sus aux safaris-photos chez les humains, du genre trois selfies chez les Massaïs et puis s’en vont.)

Tout ce bazar avec lequel nous voyageons, alors que la plupart des compagnies aériennes tentent de réduire leurs émissions de CO2 (et leurs factures de kérosène) en allégeant le poids des avions. Un exemple ?

Les sièges de la classe Affaires des Airbus A330-300 de la compagnie Swiss sont dotés de coussins pneumatiques, plus légers d’environ quatre kilos chacun que les sièges garnis de mousse.

À elle seule, cette petite innovation permet d’économiser 650 tonnes de carburant, soit l’équivalent de 15,4 vols Montréal-Zurich, et d’obtenir une réduction des émissions de CO2 de l’ordre de 2000 tonnes par an. Allégeons-nous, nous aussi !

Des villes modèles

Créé par la Commission européenne et décerné pour la première fois en 2010, le titre de Capitale verte de l’Europe récompense les villes qui se distinguent en matière de développement durable dans un contexte où la population du Vieux Continent est de plus en plus citadine. Il sert aussi à inspirer les centres urbains à devenir de meilleurs lieux de vie.

Cette année, c’est Bristol, une ville du sud-ouest de l’Angleterre, qui en a été honorée en raison de ses investissements dans les secteurs de l’énergie renouvelable et du transport efficace.

Stockholm, Hambourg, Vitoria-Gasteiz (Espagne), Nantes et Copenhague, toutes villes où il fait bon vivre assurément, l’ont été avant elle. L’an prochain, Ljubljana, la capitale de la Slovénie, recevra à son tour le titre convoité.