Le meilleur de Cuba, par la mer

Bienvenue à Punta Frances, sur l’île de la Jeunesse.
Photo: Isabelle Chagnon Bienvenue à Punta Frances, sur l’île de la Jeunesse.
Le secteur du voyage nous fait visiter Cuba depuis près de 40 ans, et pourtant, on ne l’avait jamais parcouru en croisière. Un nouveau produit a vu le jour l’an dernier : une circumnavigation de l’île. Nom du joueur : Cuba Cruise.
 

Cuba Cruise devait amorcer sa carrière en 2011, mais son lancement fut reporté : on ne marie pas communisme et logistique dans la facilité, du moins quand il s’agit d’une première. Mais ça y est, la deuxième saison est commencée.

Par un hasard incroyable, les dimensions insulaires et la répartition des lieux cubains de haut intérêt, d’est en ouest et du nord au sud, se sont avérées parfaites pour qu’une croisière puisse en faire le tour en sept nuits/huit jours, soit une durée classique, et pour qu’une escale quotidienne (sauf un jour) soit possible. Un produit parfait pour qui veut résumer le best of de Cuba durant un bref voyage.

Le jour 1, on embarque à La Havane, la capitale, d’où le Louis Cristal amorce cette croisière dans le sens des aiguilles d’une montre. Le jour 2, le navire reste en mer et longe la côte nord, laquelle divulgue, à gauche et à droite de Varadero, la virginité tropicale de Cuba.

Le jour 3, les passagers sont déposés en zodiac à Antilla (inscrite Holguin sur la carte). Ici, bienvenue dans le Cuba d’avant les touristes ! Cette petite communauté rurale propose le bonheur des Caraïbes tranquilles : un cochon tourne au-dessus de la braise au coin d’une rue ; on attrape le transport en commun (un tracteur qui tire une carriole !) pour se balader ; on assiste aux répétitions du spectacle de fin d’année des écoliers, qui se passent dans la rue…

Le jour 4, nous faisons escale à Santiago de Cuba pour un bain de foule et le quotidien qui grouille, tout à fait contrastant par rapport à la veille. Puis, le lendemain, nous nous réveillons à… Montego Bay. On a greffé à l’itinéraire cette ville jamaïcaine pour un détail crucial : le fioul !

Comme les Russes ont coupé les livraisons de fioul à Cuba, que la qualité du produit cubain a laissé Cuba Cruise perplexe et qu’il était impensable d’accoster en Floride, qui plus est près de Cuba, pour y faire le plein (il doit s’écouler 60 jours pour qu’un navire ayant séjourné à Cuba puisse accoster aux États-Unis), c’est la Jamaïque qui a été élue pompiste attitrée.

Après une journée complète de découverte à Montego Bay (qui s’avère aussi le deuxième port d’embarquement pour débuter la croisière), les passagers sont transportés à nouveau vers Cuba durant la nuit. Le jour 6, Cienfuegos, son architecture, sa griffe UNESCO, ses rues résidentielles et ses calèches rustiques de service nous attendent. Le lendemain, Punta Frances, sur l’île de la Jeunesse, apporte sa touche balnéaire limpide et cristalline, où la plongée en apnée et le bain de soleil sont les urgences du jour.

La vie à bord

Avec sa carrure de grand yacht, le Louis Cristal propose 480 cabines, un équipage international, casino, gym, spa, bars, salle de spectacles, restaurants, modestes salles de conférence, terrasses sous le soleil, petite piscine pour faire trempette et minibain à remous… juste pour dire qu’il y a un bain à remous ! Mais pas de gêne ici : on ne tient pas à faire croire qu’on passera nos journées sur le bateau à faire méga splish splash. Ce qu’on veut surtout, c’est de nous voir mettre le nez dehors, à Cuba !

Le Louis Cristal présente également un détail important : une capacité modeste de 25 000 tonnes (contrairement aux 100 000 et plus des mégapaquebots). La taille permet au navire de s’approcher des côtes, là où il n’y a aucun terminal de croisière, c’est-à-dire partout à Cuba sauf à La Havane. Outre la capitale cubaine, le débarquement des passagers se fait en zodiac ou directement à quai de bois.

Pour le volet gastronomie, le grand manitou de Cuba Cruise, le Torontois Dugald Wells, a décidé que les aliments comestibles périssables allaient provenir d’endroits jouissant d’une meilleure réputation que Cuba à ce chapitre : poissons du Canada atlantique, viande de boeuf de l’Alberta, eau d’Évian, bières canadiennes, champignons d’Ontario, asperges du Yukon… Le tout livré par conteneurs depuis Halifax. Le truc simple, quoi !

Quant au côté divertissements et spectacles, c’est la Montréalaise Marie-Josée Lévesque qui a hérité des clés. Issue du Cirque du Soleil, elle tient la barre de Cirque Fantastic Concept, son entreprise basée dans la métropole. Sa brillante idée : parcourir Cuba pour dénicher des talents locaux. Les jours d’escale, les passagers ont ainsi droit à différents numéros d’artistes cubains : jonglerie, équilibrisme, cerceaux, chants, danses, musique…

Faires des affaires

Le fondateur de Cuba Cruise, Dugald Wells, a vécu son lot de péripéties durant les quatre années qu’ont duré les pourparlers avec Cuba pour lancer son produit.

Issu du secteur des expéditions de découverte sur les mers d’Arctique, il était convaincu qu’un navire devait être entièrement dédié à Cuba pour permettre de découvrir la chaleur de la population locale, l’architecture unique des villes, les idéologies du peuple, l’histoire particulière du pays, ses paysages et ses plages.

De rendez-vous en rendez-vous avec les dirigeants cubains, Dugald Wells a découvert un interlocuteur qu’il n’avait jamais rencontré avant, qui allait lui donner du fil à retordre et envers lequel aucune expérience professionnelle vécue à ce jour ne l’avait préparé : le communisme : « Les Cubains étaient emballés par mon projet, mais ce sont les politiques du régime qui ont compliqué les affaires ! »

Le grand défi fut de convaincre les autorités que ces politiques allaient être respectées. Parmi celles-ci : interdiction absolue de faire monter à bord des touristes cubains et avertissement ferme aux passagers de ne pas débarquer de la nourriture aux escales (détecteurs de rayons X à l’appui à La Havane et à Santiago de Cuba). Qu’on se le tienne pour dit !

En vrac

Partir de la Jamaïque présente l’avantage d’en profiter pour combiner la destination avec Cuba durant un même voyage.
 
Bilinguisme à bord: français et anglais.
 
Des forfaits boissons sont offerts. Le plus complet, appelé Bar ouvert, est vendu pour 294$ par personne. Il ne sera rentable que si vous faites partie de la catégorie des très grands buveurs.
 
Cuba Cruise offre un forfait Vol et Croisière, mais au départ de Toronto seulement.
 
La saison de Cuba Cruise s’étire jusqu’à la fin de mars.
 
Renseignements: yourcubacruise.com
7 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 3 janvier 2015 09 h 51

    Et Cayo Piedra ?

    Quand les touristes pourront-ils visiter l'ile de rêve personnelle de Castro, contempler son luxe et la beauté du cite ? Une île digne des rois et des grands millionnaires.

  • Roger Gauthier - Inscrit 3 janvier 2015 13 h 41

    Réflexion pendant votre visite

    J'invite ceux qui iront visiter Cuba à réfléchir au point suivant: Cuba est composé à 10% de noirs, à 25% de mulatres.

    Pourtant, le gouvernement Cubain est presque entièrement composé de personnes à la peau blanche. On y voit de rares mûlatres, mais aucun noir.

    Pourquoi une telle ségrégation? Pourquoi est-ce que les médecins Cubains, si reconnus, ne sont jamais noirs?

    J'ai bien hâte qu'on commence à réfléchir sérieusement à ce qui se passe à Cuba.

  • bruno pelletier - Inscrit 3 janvier 2015 17 h 57

    La réflextion antérieur n'est pas juste

    Juste comme exemple: Le vice président du conseil du gouvernement Juan Esteban Lazo Hernández (est un noir) Et les médecins noir il y en à beaucoup!

    • Roger Gauthier - Inscrit 4 janvier 2015 03 h 54

      Vous avez effectivement trouvé une exception.

      Mais si Cuba était une société réellement égalitaire, les noirs seraient en proportion de leur poids démographique. 10% des politiciens, 10% des médecins.

      Mon point reste bien réel: Il suffit de taper "racism Cuba" sur un moteur de recherche, pour découvrir que les noirs y sont victimes de discrimination.

  • Normand Bianchi - Inscrit 4 janvier 2015 20 h 02

    Merci

    Merci M Tremblay de rétablir les faits. Y a des gens qui ne se complaisent que dans la polémique ...
    Par ailleurs, j'avoue que cette croisière, hors du commun, telle que décrite dans cet article, m'intéresse beaucoup!

    • Pierre Raymond - Abonné 5 janvier 2015 10 h 45

      Moi aussi et c'est là que j'irai l'an prochain.

  • Jacques Baril - Inscrit 5 janvier 2015 23 h 52

    Le tour de l'île(!)

    Parlez-moi de Cuba! encore et encore. Misère.