Sublimes voyages en toute saison, collectif

On se demande bien ce qu’ont de « sublime » le Stampede de Calgary, les 500 milles d’Indianapolis ou l’observation soporifique des golfeurs du Master’s Tournament d’Augusta. Mais, hormis ces mentions et quelques autres qui font froncer un sourcil dubitatif, force est d’admettre que bien des suggestions figurant dans Sublimes voyages en toute saison méritent d’y apparaître. Comme on s’en doute, cet ouvrage propose des sites et lieux à visiter suivant la période de l’année où ils sont à leur meilleur, ou parce qu’un événement spécial s’y déroule : Paris, le lac de Côme ou les cerisiers japonais en fleurs au printemps ; la danse du diable de l’Atacama ou la Coupe du monde de tango de Buenos Aires ; les Galapagos, les Shetlands ou le Bordelais à l’automne ; le Junkanoo des Bahamas, la Patagonie ou le carnaval de Québec l’hiver. Du lot, on revisite beaucoup de lieux communs, mais on découvre également de l’inédit, comme l’observation des nuées d’étourneaux dans la mer des Wadden (Danemark) ou l’illumination de la chambre funéraire de Newgrange, durant le solstice d’hiver (Irlande). Pour agrémenter le tout — et nous faire trimarder davantage —, ce beau livre est ponctué de palmarès : beaux jardins du globe, fêtes de la Saint-Patrick (dont celle de Montréal), vignobles de printemps, cocons pour amoureux… Comme ouvrage portant le sceau National Geographic, il regorge de jolis clichés. Mais ceux-ci demeurent surtout dans le registre « classique et épuré » et « carte postale » plutôt que de verser dans l’audace et l’extravagance, comme c’est souvent le cas des autres publications de cet éditeur. Ah ! On y apprend aussi que la poutine est un mets à base de « frites, de fromage et de bouillon ». Sans doute l’auteur du chapitre sur « cette capitale francophone » qu’est Montréal a-t-il dégoté une version diète de l’un de nos plats nationaux ?

Sublimes voyages en toute saison

Collectif, National Geographic France, Paris, 2014, 320 pages